Accueil » Art » (#6 La grande libération) Un papa parfait
AIMELES Antiféminisme

(#6 La grande libération) Un papa parfait

Publié le 28 octobre 2021 par Léonidas Durandal à 15 h 36 min

Après deux années de mariage, le corps de Donald avait commencé sa mue. Caroline l’avait bien nourri. Et puis, elle le câlinait en se serrant contre lui, lui passant la main dans les cheveux, ce qui le détendait plus que tout. Donald se blottissait contre elle et se laissait aller à la rêverie, une rêverie toute enfantine, pleine de sucre et de miel. La fécondation était régulière et leurs hormones les rappelaient à la tâche. Mécaniquement ils se mettaient en branle, variant les positions au gré de leurs envies. Caroline veillait toutefois à maintenir l’interdit. La ruche lui avait appris qu’elle ne devrait jamais tout donner à Donald pour qu’il conserve un niveau d’excitation optimum. Et Donald, toujours moins imaginatif, se donnait toujours plus à sa belle. Elle le vidait avec minutie après qu’il eût atteint le niveau d’érection optimal.

Une fois sur deux, elle l’arrêtait alors qu’il partait pour le sport : « Mon amour, il faudrait vérifier le circuit de refroidissement » ou « installe moi la nouvelle tringle hologrammique s’il te plaît ». Donald acquiesçait. Il fallait reporter l’effort à plus tard, pour sa belle et unique femme, sa petite chérie. Alors il renonçait pour le bien commun. Mollement, il se dirigeait qui vers une tringle, qui vers un circuit de refroidissement, qui vers le canapé, puis partait de moins en moins loin dans ses courses, ralentissait, parce que son nouveau corps.

Convaincu de son importance, de devoir assumer de nouvelles responsabilités, il se donnait du courage en se disant : « mon rôle d’homme me l’impose ». Cette devise lui avait fait oublier chaque millimètre de gras gagné autour du ventre, et lorsqu’au bout de 2 ans, il s’était arrêté devant une glace, presque surpris de ne pas se reconnaître, son nouvel embonpoint se confondit avec son ancien sens de l’honneur et il se félicita d’être devenu quelqu’un de respectable.

Et puis le quotidien, et puis les pauses, et puis l’envie de s’arrêter, de profiter, avaient mis un terme à ces petits travaux qu’ils accomplissaient dans les débuts. La ruche les rémunérait suffisamment pour qu’ils se laissent aller un peu, surtout depuis qu’ils étaient maris et femmes avec projet d’enfant, la noble institution considérant qu’il fallait offrir à ce type de profil, les meilleures chances de réussite. Ils étaient donc partis loin en vacances, très loin, à l’autre bout de la ruche, sur des îles plus paradisiaques les unes que les autres. Ca favoriserait la fécondation paraît-il. Sur les réseaux sociaux, ils avaient posté les photos. Leurs doigts de pieds en éventail devant une grande plage comme une injure faite au monde. Et le monde regardait ces excroissances avec envie, la même envie d’y être, d’en faire partie, de bénéficier des avantages de la ruche parce qu’intégrés. Sur le réseau, devant ces images, les yeux des plus jeunes brillaient. Les plus vieux envisageaient une surenchère pour leur prochain départ. Tous finissant par poster les mêmes photos de cocktails, de sable fin et beige, de soleil en bout de course, sous la bienveillante surveillance de la grande intelligence.

Donald avait beau se tenir droit et minimiser l’étendue de ses nouvelles rondeurs, le changement crevait les yeux, et Caroline jubilait. Elle passait sa fine main sur sa chair dodue et tripotait le gras qu’elle s’interdisait d’ingurgiter, avec une délectation de fin gourmet. Au passage en profitait-elle pour le culpabiliser un peu, elle, qui avait fait des pieds et des mains pour en arriver là : « Mon chéri, tu n’aurais pas un peu grossi ces derniers temps ? » « Mon chéri, tu as pris un peu de ventre, il va falloir faire des efforts ! ». Poussant encore le jeu plus loin, elle s’amusait à lui faire faire de l’exercice, à remodeler son corps, espérant surtout qu’il échoue et qu’elle puisse étendre encore son emprise sur lui. Et invariablement, Donald échouait, comme s’il connaissait le désir profond de sa femme. Il s’était fait à ses remarques, goûtant le plaisir indépassable d’être aimé pour lui-même et non parce qu’il avait franchi tous les obstacles que la ruche avait semé sur son chemin. Caroline devenait cette mère qu’il avait dû abandonner trop tôt, son unique repère maternel dans la vie.

Et enfin, ce qu’ils attendaient le plus au monde arriva. La grossesse de Caroline les avait surpris alors qu’ils ne s’y attendaient plus. Dès lors l’attention de Donald pour sa femme ne connut plus de limites. Il se mit à précéder tous ses désirs, et à la « >

Lire la suite

4 Commentaires

  1. Ping de Cyrus de sexe male:

    M. Durandal,

    Voici un long reportage de la RTS sur notre ancien roi d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, un vrai père de la nation (avant d'être renversé en 1979 par la Révolution islamique) : Le Shah d'Iran – L'héritier de Cyrus (1978) – YouTube

    Un homme et un monarque, absolu de droit divin par ailleurs, pour lequel j'ai la plus grande affection et le plus grand respect. Il est une de mes plus grandes inspirations politiques.

    Voyez, M. Durandal, de quoi à quoi nous les Iraniens et l'Iran sommes passés.

    Ç'aurait été le plus grand honneur de ma vie que de diriger l'Iran en tant que roi. Être parmi les miens. Dans mon pays.

    Cordialement,

    Cyrus

    • Ping de Léonidas Durandal:

      M Cyrus,

      Quelle langue française précise dans sa bouche, sans aucun accent. Il est clair qu’il a une vision juste pour son pays. Dommage que dans le reportage, il ne soit pas possible de déceler ce qui allait arriver par la suite. Comme s’il manquait quelque chose.

      Comme « reproche », je note toutefois qu’il n’a pas voulu apprendre à son fils la politique avant qu’il soit assez grand. Il n’est jamais trop tôt pour former un esprit. Et puis il s’était laissé happé par cette vision marxisante des rapports internationaux : les pays occidentaux auraient vendu trop cher leurs produits et exploité ainsi les pays du tiers monde. L’histoire a montré que cela n’a pas empêché nombre de pays du tiers monde de se développer. Au contraire, si les prix sont élevés, cela favorise la production nationale. A vouloir être trop proche du peuple… Sur ce dernier point, se couronner soi-même, me rappelle l’horrible Napoléon. En France, le roi était couronné par l’Eglise, ce qui relativisait son pouvoir. Ici, il se couronne lui-même car il veut se confondre avec le peuple. C’est quelque chose que je ne comprends pas.
      Comme chez nous en 1968, il a été balayé par une jeunesse houleuse qui formait la majorité de la population. Cette jeunesse a pris le pouvoir pour notre malheur chez nous, mais comment aurait-il pu en être autrement, puisque la jeunesse est l’avenir d’un pays ? Au moment où il a réussi, il a été éjecté du pouvoir. Cela arrive souvent dans l’histoire pour plein de raisons. Il n’y a jamais tant de revendications que lorsque les gens ont la bouche pleine. Couplé à cela une génération montante qui connaît sa force… L’histoire politique mondiale est très bizarre. La jalousie et le mimétisme gouverne les rapports humains, plus que les intérêts. A quelques années près, nous suivons des mouvements politiques identiques. Certains sont à l’avant du mouvement, d’autres un peu en retard. Mais rien n’y fait, nous semblons seulement capables d’accompagner ces mouvements, pas de les empêcher. Le Shah d’Iran a été pris par l’un de ceux-là j’imagine.

      Cordialement.

      M.D

  2. Ping de Cyrus de sexe male:

    Bonjour M. Durandal,

    Ce que vous dîtes est cruellement, sinistrement, vrai. J'imagine que le dernier chapitre portera sur le suicide de Donald et possiblement soit le départ pour le djihad de la petite ou le fait qu'elle perpétue la ruche. Je me doute bien que le fait de devenir une soeur religieuse ne lui effleurera même pas l'esprit.

    C'est le destin, triste et médiocre, de la plupart des hommes en France. Je ne suis guère étonné que la France ne fasse plus envie et que les minorités à problèmes veuillent casser '' du Français ''. Ils n'inspirent ni le respect ni la crainte ni l'admiration. 

    Je ne vois pour l'instant aucune volonté de sortie de ce marasme qui soit organisée.

    Cordialement,

    Cyrus

    • Ping de Léonidas Durandal:

      Bonsoir M Cyrus,

      Vous m’offrez des perspectives inattendue ! Cela me fait penser aux scénarios élaborés par le public, fin des années 80 début des années 90 à la télé. Sachez seulement que j’écris en suivant mon inspiration. Donald, sa fille et sa femme, la ruche même ont leur autonomie. Je ne peux pas en faire ce que je veux. C’est un exercice très différent par rapport aux articles, exercice romanesque que je maîtrise peut-être moins bien. Mais j’ai de l’espoir pour Donald. Je ne vais pas le lâcher comme cela. Tous ceux qui baissent les bras m’horripilent en ce moment. Je ne crois pas en l’inévitable chute mais au relèvement. Je ne veux pas suivre 1984 de Georges Orwell. Je suis catholique.

      M.D

    Laisser un commentaire

    Premier commentaire ou VPN ? Le commentaire sera mis en attente de validation

    -

    Votre sexe SVP :

    -

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.