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Appel à la libération d’Esteban, des Hommens, et à la fin des arrestations politiques.

Publié le 12 juin 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

Va-t-il falloir aller les libérer nous-mêmes de nos prisons pour obtenir justice ?

Il y a quelques années de ça, étudiant sur le qui vive, je m’étais retrouvé par hasard au milieu d’une manifestation agitée. Plus que la cause que je trouvais un peu futile (la construction plus rapide d’une bibliothèque universitaire), c’est l’attitude des forces de l’ordre qui m’avait fait m’arrêter pour soutenir mes camarades. Je m’étais donc joint volontiers à un groupe de révoltés, étudiants effectivement, mais aussi casseurs de banlieue, anarchistes, badauds, tous ayant des profils divers et variés.

 

Les uns pillaient, les autres manifestaient, certains étaient là par curiosité, les derniers fantasmaient le renversement du pouvoir, et chacun hésitait un peu entre toutes ces attitudes.

 

Après moult tentations pour un jeune esprit comme le mien pris dans la fureur de l’action, j’avais renoncé à piller et me contentais de manifester le plus pacifiquement possible.

 

Le groupe des manifestants avançait et reculait au gré des charges des forces de l’ordre et de leurs lancés de lacrymogène. Ceux qui vivent en ce moment les manifs contre la loi Taubira sur Paris se font la main comme j’ai commencé à me la faire il y a de cela une vingtaine d’années dans des manifs étudiantes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles-là. On apprend beaucoup de la loi, de l’Etat, et de soi-même dans ces moments là. Comme j’ai toujours eu horreur d’être à l’arrière, je menais le cortège avec quelques collègues. Ces 2-3 amis de fortune, bien plus excités que moi, avaient renversé des poubelles, y avaient mis le feu et insultaient copieusement les forces de l’ordre. Je trouvais tout ce raffut bien inutile voire contre-productif, mais si nous étions « ensemble », je jugeais surtout chacun responsable de ses propres actes. Quant à moi, je me contentais d’opposer une présence ferme et tranquille aux CRS.

 

A un moment donné, au milieu de la rue, je me souviens même leur avoir offert une danse du ventre des plus joviales. Et je crois même que c’est à ce moment précis, quand je leur tournais le dos pour leur montrer mon postérieur (habillé, je précise), que je vis le regard apeuré d’une fille en face de moi, au milieu d’un groupe, à une 20aine de mètres dans une rue adjacente, et que je fus saisi par deux types assez costauds. Pris par surprise, je tentais de me débattre de toutes mes forces. Je ne savais même pas ce qui m’arrivait. Avant de me retourner j’avais seulement aperçu deux civils courir dans ma direction. Je n’avais pas compris qu’ils étaient officiers et qu’ils s’étaient précipités sur moi pour procéder à mon arrestation. Désormais, je voyais ce groupe qui avait assisté impuissant à ma capture, changer de visage. Outrés, les visages tendus, ils étaient prêts à foncer sur les deux flics en civils pour me venir en aide. Ils firent 5m dans ma direction puis les CRS chargèrent pour soutenir leurs collègues, le cordon avança et d’autres vinrent les aider. Je fus maîtrisé. Au sol, un genou sur la tête, un autre flic m’écrasait le dos, tandis qu’un troisième me tenait les mains. Une explication plausible m’étant arrivée jusqu’au sommet du crâne, je me détendais enfin. Je fus menotté et emmené dans le panier à salades. Les flics en civil m’avaient trouvé dur à saisir et me demandèrent si je faisais du rugby. La conversation fut chaleureuse. Je me retrouvai dans le fourgon et fut vite rejoint par des personnes qui avaient été embarquées au hasard, un jeune couple pris sur le pas de sa porte, et d’autres dont je ne me souviens pas bien la situation. Mais je me rappelle que les arrestations avaient été pour le moins arbitraires.

 

Au poste on prit nos cartes d’identité, et on nous mit tous dans une cellule pourrie et pleine qui sentait la pisse. Je ne savais pas trop ce qui m’attendait et j’étais à moitié rassuré. Je fus laissé peu de temps à mes réflexions. Le talky du policier donna de la voix. C’était important. Je compris que les manifestants se dirigeaient vers le poste de police. Dans un mouvement de folie collective comme il y en a quelquefois dans l’histoire et face à mon arrestation injuste, ainsi qu’à cause de plusieurs autres, les manifestants avaient pris la décision, collective, et par centaines, de venir nous libérer. Les forces de l’ordre n’avaient pas anticipé cette réaction. Autant dire que ça faisait de l’huile dans le commissariat. Ce n’était pas “>

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4 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Libéré après plus d’un an d’emprisonnement !

    “Affaire Méric : le principal suspect libéré sous contrôle judiciaire” Figaro du 02/09/2014.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Dessin très marrant d’Eloi :

     

    Ndf du 01/07/2013

  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Le gazier l’a attaqué dans le dos :

     

    RTL du 25/06/2013

  4. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Eh voilà, deux mois fermes sans motif sérieux :

     

    Directmatin du 20/06/2013

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