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Aristophane : 2400 ans d’éternel féminin et de fausse libération sexuelle

Publié le 11 août 2015 par Léonidas Durandal à 19 h 02 min

intimes et se les parfumer pour se rendre plus attirantes. Certaines scènes sont si impudiques qu’il serait difficile de les faire jouer sauf dans un théâtre d’art dit contemporain. Il serait d’ailleurs amusant de mettre « L’Assemblée des femmes » au goût du jour avec des noms d’hommes politiques actuels et un point de vue respectueux de l’antiféminisme d’Aristophane.

Dans ces pièces où Aristophane traite des rapports entre sexe, les femmes exercent un rapport de force sur la société pour faire advenir ce qu’elles jugent être un mieux. Or ces considérations égocentriques si elles mènent parfois à la paix, dénaturent à ce point le sens du monde qu’il en devient ridicule et lui enlève toute crédibilité. Les femmes ne voyant que par elles construiraient vite une société féminisée qui ne saurait ni garder un équilibre, ni conserver un sens des priorités plus large que la défense des personnes. Pourtant ces femmes orgueilleuses ne cessent d’avancer leurs compétences supérieures, notamment en matière de budget familial puisqu’elles ont en charge l’Eiko Nomia, la bonne gestion de la maison, et qu’elles pensent pouvoir transférer leurs compétences dans le domaine public. Praxagora dans « L’Assemblée des femmes » :

Je dis qu’il nous faut remettre le gouvernement aux mains des femmes. C’est à elles, en effet, que nous confions, dans nos maisons, la gestion et la dépense.»

De la présidentielle de Ségolène Royal à l’antiquité d’Aristophane, rien ne semble avoir évolué. Cette farce de 2400 ans, nous est régulièrement resservie à intervalles réguliers au cours de notre histoire (1,) et dénoncée comme tel par les historiens ou les artistes pour ses méfaits (2, 3, 4).

Et pourtant, nous reproduisons immanquablement nos erreurs : à chaque génération nous semblons vouloir ignorer l’éternelle part d’absurde au féminin, sa revendication régressive de pouvoir devenir un homme comme un autre, sa constance à se plaindre, sa volonté d’en découdre au lieu de vouloir vivre dans la complémentarité entre sexes, sa mauvaise foi en termes de pouvoir familial, son aveuglement égocentrique et parfois même hystérique, son incapacité à vouloir s’affronter dans le respect d’un code d’honneur, son sentimentalisme dictatorial et déplacé dans le cadre des affaires publiques.

Dans notre monde moderne où paraît-il, les femmes n’auraient ni qualités, ni défauts spécifiques, nous rejouons le jeu de l’indifférenciation tel que certaines femmes se plaisent à le rêver depuis des millénaires. Et nous appelons cela progrès féministe ! En vérité, ce féminisme devient aiguë juste avant les périodes de catastrophe. Il est le signe avant coureur de la chute. Au préalable, il aura fallu que les femmes s’approprient des pans entiers de décisions qui ne les concernaient pas et qu’elles géreront uniquement en rapport à des questions de pouvoir ou de jalousie envers les hommes, poussées en cela par des pères avides d’étendre leur influence familiale au-delà de leurs fils. Dans ces périodes de retour au tribal, la légitimité des hommes est interrogée, et il n’est pas exclu qu’ils en portent également une part de responsabilité.

Aristophane comme bien d’autres auteurs, se plaît à faire des constats que nous jugeons aujourd’hui comme réactionnaires. Pourtant ceux-là nous décrivent, non pas une société machiste telle que nos féministes aiment à la dénoncer, mais une tendance féministe de toujours chez les femmes, tendance qui ne manque pas d’échouer ou d’apparaître pour ce qu’elle est une fois démasquée : une prétention ridicule mais totalitaire à l’indifférenciation.

Parties particulièrement intéressantes dans « Les femmes aux fêtes de Déméter ».

Ici Mnésilokhos tente de défendre Euripide devant l’assemblée des femmes en faisant le récit de toutes les situations où ces dames abusent de leurs maris et dont le poète mis en cause, n’a pas parlé :

J’avais un amant qui m’avait séduite à l’âge de sept ans. Celui-ci, pris d’un vif désir de m’avoir, vient gratter à la porte. Je comprends aussitôt, et je me glisse hors du lit, en cachette. Mon mari me demande:

_ «Où vas-tu?–

_ Où? j’ai la colique, mon ami, j’ai mal au ventre; je vais aux lieux d’aisances.

_Va,» me dit-il.

Puis il se met à broyer des fruits de cèdre, de l’aneth, de la sauge. Moi, je verse de l’eau sur les gonds et je m’échappe auprès de mon amant. Je me livre à lui, à demi couchée sur l’autel du Dieu des Rues, et me tenant attachée au laurier. Et voyez, Euripidès n’a jamais soufflé un mot de cela, pas plus que de nos complaisances pour des esclaves et des muletiers, à défaut d’autres. Il n’en dit rien, ni du soin que nous prenons, « >

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6 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    "Coronavirus : la créativité sans bornes des Chinois confinés pour tromper l'ennui" Les Echos du 27/02/2020.

    Alors même que les autorités ont imposé le port du masque chirurgical à l'extérieur, les ventes de rouges à lèvres ont été multipliées par sept pour certaines marques.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo)

    Les femmes dial 2016 ptdr

    Les femmes dial 2016 ptdrAime Mamad Paris pour plus de vidéos dingues

    Posté par Mamad Paris sur lundi 7 mars 2016

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « La Lysistrata moderne », Fragans feminae du 26/10/2015.

    Guy de Maupassant…

  4. Ping de kasimar:

    « Il est clair qu’hier comme aujourd’hui, ces vérités ne plaisent point à ces dames qui les récusent brutalement pour ne pas avoir à assumer leurs responsabilités-meurtres-vols-adultère- dans leur vie intime.  »

    Parfois, c’est encore pire elles excusent carrément ce comportement. Impensable.

  5. Ping de alline:

    Merci Léonidas. Excellent article.

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