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(Autopsie) Daech nous a révélé notre médiocrité

Publié le 9 janvier 2015 par Léonidas Durandal à 17 h 04 min

Beaucoup se demandent quel pourrait être le sens de ces assassinats. Le Français moyen s’imagine naturellement que tuer apportera une mauvaise image à l’organisation terroriste et que celle-ci ne pourra profiter d’un tel crime. Cependant en s’attaquant au symbole de notre médiocrité, Daech a joué beaucoup plus finement que nous ne l’imaginons. Cette organisation terroriste nous a mis face à notre bêtise. Et nous sommes tombés dans le panneau, à un point qu’il m’aurait été difficile d’imaginer avant. Nous avons repris à notre compte ce que notre société de la liberté d’expression avait de plus médiocre, Charlie Hebdo, et nous en avons sanctifié l’image. Comprenez-moi bien, il s’agit ici de symboles. Le nombre dérisoire de morts ne compte pas. Il s’agit d’une guerre de l’imaginaire qui se mène, une de ces guerres de croyance qui précède toutes les autres guerres, d’où son importance.

La France n’est pas en crise, elle implose.

Les meurtres des terroristes qui ont sévi régulièrement sur notre territoire leur appartiennent. Mais la réaction individuelle et collective qui ont été les nôtres ne peuvent leur être imputé. Or celles-là nous montrent l’ampleur d’un désastre social sans précédent. La France est bien en faillite complète aussi bien sur le plan moral, que sur le plan sentimental et rationnel.

Sur le plan moral, la France s’est endeuillée pour des scribouillards de bas étage incapables d’avancer un argument pour défendre leur cause, mais toujours prompts à détruire la croyance des autres. Charlie Hebdo faisait partie de ce genre de publication persuadée que la conscience professionnelle se limite à la destruction de ses ennemis. Un bel exemple pacificateur pour notre société ! Mais pire encore, sous couvert de défendre la liberté d’expression, Charlie Hebdo défendait surtout le droit de pouvoir s’en prendre à des individus comme de boucs émissaires. Imaginez bien que si le Pape Benoit XVI avait attaqué Charlie Hebdo devant un tribunal, il aurait gagné. On ne traîne pas sur la place publique des individus innocents en les accusant de pédophilie sans qu’ils ne puissent exiger réparation, à juste titre. Le Vatican ne voulait pas s’abaisser à poursuivre un journal ordurier, il se croyait au-dessus de la mêlée et croyait même de la sorte faire preuve de compassion. On voit plutôt à quel point l’Eglise a manqué de charité en laissant ces athées se laisser aller à leurs pulsions, manque de charité qui a participé à exacerber les tensions confessionnelles en laissant un chèque en blanc à des individus dérangés psychologiquement.

 

La lâcheté de ce journal.

Car Charlie Hebdo tirait sur tout ce qui était mort, tel était son courage. Mohammed était mort, il ne pouvait répondre aux attaques. Charlie Hebdo en profitait. Christiane Taubira ne pouvait se faire attaquer par la gauche. Charlie hebdo la caricaturait alors en singe. Diedonné M’Balla M’Balla se débattait pour pouvoir faire valoir son droit à la liberté d’expression. Charlie Hebdo le sodomisait en images. L’Eglise de France faisait le ménage des pédophiles en son sein. Charlie Hebdo caricaturait tous ses dirigeants en pédophiles.

Cette lâcheté, il faut la mettre en corrélation avec celle d’un peuple qui a décidé de faire la promotion de tels médiocres sans l’ombre d’un retrait. Même l’Église de France a demandé que le glas soit sonné pour répondre à la peine des populations. Mais fallait-il vraiment encourager un tel sentimentalisme ?

 

Faillite affective.

Voir mes concitoyens se rassembler en masse ou crier tous d’une même voix « Je suis Charlie » parce qu’ils auraient été blessés par la mort de quelques abrutis qui doivent désormais être proches des portes de l’enfer, me fait dire que cette grande masse ne doit pas tellement avoir une bonne image d’elle-même. Les failles narcissiques concourent aussi aux faillites morales. Il faut en faire le clair constat : mes chers compatriotes qui ont pleuré leur Charlie sans les avoir connus personnellement se vivent comme de misérables incompétents qui dessinent à la va-vite sur la feuille de leur existence des caricatures nauséabondes, pressés de mettre sur le papier des pulsions qu’ils retiennent mal dans leur vie sociale, offusqués qu’un homme puisse mourir de manière violente alors qu’il n’y a rien de plus honorable pour celui-là quand il tombe au nom de sa cause. La caricature qu’ils se sont donnés d’eux-mêmes a été pour le moins saisissante. Au moment où ces mêmes Français sont prêts à voter l’autorisation des sédations terminales en fin de vie pour des vieux décrépis qu’ils ne sont plus capables d’aimer, ça laisse carrément songeur.

La névrose sociale est complète quand ceux qui disent défendre la liberté d’expression, s’en prennent à ceux qui veulent ne serait-ce qu’échapper à l’envoûtement collectif :

forum

 

Ils ont été nombreux à ne souffrir aucune contestation des minutes de silence et autres journées de deuil… C’est le même stade de maladie mentale que lorsque des associations anti-racistes s’en prennent à Dieudonné M’Balla M’Balla. La France est bien malade. Mais pas de ses boucs-émissaires.

 

En poursuivant sur un des aspects triviaux de cette faillite sentimentale, il y a toute cette guimauve d’une génération qui se rappelle le Cabu de son enfance qui passait à Dorothée, une génération qui semble-t-il a eu du mal à grandir :

 

dorothee-Cabu

Tous ensemble, ils voudraient bien que leurs valeurs leur servent de chemin, et y croire plus que jamais puisque certains des leurs ont été tués :

Mais ce faisant ils oublient à quel point ils défendent du vent qui ne veut rien dire, que la liberté d’expression n’est belle que de ce qu’elle sert, et que Charlie Hebdo était plutôt du côté des terroristes que nos citoyens au coeur de patchouli disent aujourd’hui combattre :

violencea

 

violenceb

 

A noter que ce dessin du dernier numéro de Charlie Hebdo pourrait être considéré comme une « apologie du terrorisme » et donner lieu à des poursuites judiciaires puisque la loi française s’enorgueillit d’un dispositif renforcé en la matière depuis quelques semaines, justement pour lutter contre « les dérives de la liberté d’expression ». Quand notre président se déplace au journal de Charlie Hebdo pour soutenir le journal dans cette épreuve, c’est à se demander si certains n’attendent pas avec impatience que la cocotte minute explose.

Enfin, en matière de populations immatures, il y a eu tous ceux qui se sont dit qu’ils allaient pouvoir se délester de leur haine, en particulier sur l’Islam. Ceux-là ont publié de nouveau les caricatures de Mohammed (Libération, Le Monde, Les Inrocks…). D’autres encore plus débiles s’en sont pris à des mosquées. Et enfin, pompon du pompon, un dernier groupe s’est même permis de rouer de coups un Mohamétan qui voulait participer aux cérémonies de commémoration de Charlie Hebdo (1). D’un autre côté, c’est le même raisonnement que pour notre Eglise dans sa relation avec Charlie Hebdo : quand on cautionne de tels abrutis, ce n’est pas étonnant quand ça vous retombe dessus.

 

Faillite intellectuelle.

Il ne suffit pas d’aligner des mots comme liberté, égalité, fraternité, conscience pour pouvoir les vivre. En l’occurrence, j’ai l’impression que mes concitoyens les agitent un peu sans en posséder un échantillon dans leur vie. Cette agitation ne semble avoir pour but que de les rassurer face au vide intersidéral de leurs existences dénuées de sens (comme vu un peu plus haut). Car en termes de liberté d’expression, combien de minutes de silence imposées à des gens qui n’en avaient rien à foutre ? Combien se sont servis de ces minutes de silence pour se mettre à la tête du politiquement correct ? Combien ne comprennent absolument rien au débat politique qui nous tient et font alterner dans leurs propos les Mohamétans entre le diable et le bon indigène sur qui ils peuvent se payer une bonne conscience ? Combien confondent égalité et indifférenciation en suivant Charlie Hebdo sans bien comprendre ? Quant à la fraternité, laissez-moi rire quand on voit que les Français sont les plus malheureux d’Europe au travail… Non, nous sommes dans une société pour qui le sens ne compte pas, qui voit des morts à la télévision et qui s’émeut de sa propre mort qui aura, elle, tous les aspects d’un sordide abandon organisé avec l’assentiment joyeux de tous. Ces derniers ont l’impression de vivre enfin leur vie à travers les dessinateurs de Charlie Hebdo. C’est bien peu. Ils ont l’impression que leur édifice de liberté égalité fraternité n’a jamais été aussi vivant et plein de sens depuis les assassinats, tandis qu’ils ne vivent pas ensemble et qu’ils mentent, qu’ils n’arrêtent pas de se mentir et qu’ils continueront dès que tout cela aura été oublié. Tiens sans parler de l’Église qui a fait sonner le glas pour ces chiens d’infidèles (de l’humour !), regardez comment ce catho cachalot se débat entre son sentimentalisme niait et ses convictions : « Etre ou ne pas être », Koztoujours du 08/01/2015. Coincé entre : il faut que je commémore, il faut que je sois intégré, il faut que je montre que je suis un gentil catho proche des gens et l’horreur que lui inspire le travail de Charlie Hebdo.

Bon d’accord, entre « être » ou « ne pas être », il choisit de laisser ses idéaux à la maison et il va commémorer. Nul n’est parfait ! Seulement cette bipolarité n’est pas un phénomène anecdotique. On le voit, son article a bien été relayé et commenté favorablement par un grand nombre de personnes qui ont cru se sacrifier à la Nation et à leurs concitoyens pour l’occasion. Entre nous, flatter des individus dans leurs vices ne devrait jamais être une prérogative catholique, même pour un bourgeois qui veut prêter allégeance sociale. Les Textes ne disent-ils pas, « Laissez les morts enterrer leurs morts » ?

Si on a pu faire commémorer à Charlie Hebdo des personnes qui trouvent de la plus grande vulgarité un bras d’honneur, imaginez maintenant pour ceux qui ne sont pas catholiques et qui n’ont même pas ce doute en eux : « Allons tous comme un même homme saluer nos frères morts au combat ». On se croirait revenus juste avant 14-18. Heureusement des catholiques un peu plus expérimentés ont bien conscience de la complexité du problème et même s’ils semblent encore en minorité, ils ne sont rien de moins que le sel de toujours de notre France :

« Non je ne suis pas Charlie », Gabrielle Cluzelle du 08/01/2015.

 

La 3ème voie.

Intellectuellement Charlie Hebdo a vécu par la haine et est mort par la haine. C’était logique qu’il en fût ainsi. En ce sens l’action de Daech s’inscrit comme un retour au principe de réalité pour nous. Il est inquiétant qu’en réponse, nous nous enfoncions toujours plus loin dans ce déni qui nous permet depuis des décennies d’accréditer nos erreurs en matière de choix sociaux immigra(sionistes), familiaux ou de haine des religions sans avoir à en subir les conséquences.

Personnellement, si j’avais eu quelque responsabilité journalistique ou politique que ce fût, je n’aurais jamais accepté de défendre un tel symbole (Charlie Hebdo) et surtout de le reprendre à mon compte. Je me serais même senti sali que Daech puisse imaginer pouvoir me pousser dans les bras de Charlie Hebdo. Pourtant, il semble que nous ayons été bien peu nombreux à rejeter et le crime de Daech et les provocations puériles de Charlie Hebdo. Daech nous a obligé à choisir notre camp et nous sommes rentrés dans son jeu. Nous avons donc relevé ce combat symbolique en nous mettant sous l’étendard de la médiocrité et en écartant de nous, tout ce que ce pays compte d’esprit cohérent, soucieux du prochain, constructeur, certes en minorité mais sans qui la collectivité s’effondre. Ce faisant, nous avons mis Daech en position forcément gagnante. Soit Daech réussit à convaincre ces esprits là à les rejoindre, et nous perdrons la guerre civile. Soit ces esprits acceptent tout de même de se mettre sous la bannière de la médiocrité et ils favoriseront un système qui ne manquera pas de s’effondrer. Bien entendu, à part dans les banlieues, Daech ne compte pas récupérer la mise tout de suite. L’organisation terroriste lorgne plutôt du côté de notre effondrement civilisationnel pour récupérer ses petits juste après. Elle le fera sans mal étant donné la réaction collective médiocre qui a été la nôtre. Malheureusement après des années de laisser-aller de notre société, de notre Eglise, de nos gouvernants, nous ne pouvions nous attendre à mieux. La loi naturelle revient à toute vitesse marquer le front imbu des êtres humains.

1 « Agression raciste en marge d’une minute de silence en Isère », Le Parisien du 08/01/2015.

65 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    "La sœur des frères Clain condamnée à neuf ans de prison" Figaro du 20/11/2019.

    9 ans de prison pour avoir voulu rejoindre une organisation terroriste qui était soutenue par notre régime politique. Où est le sens d'une telle décision ? Nulle part, ce que le petit peuple des banlieues ne comprend que trop. 

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    « Pédophilie : un ancien évêque condamné à la prison pour son silence », Le Point du 23/11/2018.

    Notre société croit peut-être qu’en vidant la confession de sa substance, elle empêchera les crimes pédékirastes ? C’est tout le contraire qui se produira.

    Il doit y avoir des endroits dans la société, où des malades/pervers/déviants peuvent être remis en question sous le sceau de la confiance. Sinon, c’est laisser le loup à ses propres turpitudes. Et le loup ne va pas s’amender, ni avouer. Il n’ira plus en confession. Voilà ce que nous aurons gagné. Et il sera d’autant plus violent qu’une voix alterne ne lui aura pas été opposé. Voilà ce à quoi mène la haine envers l’Eglise.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « La Norvège ne veut pas de ses ressortissants djihadistes », NDF du 07/06/2018.

    Même la Norvège n’en veut pas. Quel est le sens chez nous de vouloir faire revenir chez nous ces racailles ?

  4. Ping de Léonidas Durandal:

    « Le Conseil Constitutionnel autorise à nouveau la constitution de sites djihadistes », Breizh du 10/02/2017.

    La bureaucratie française n’est pas encore entièrement devenue totalitaire. C’est une bonne nouvelle.

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