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AIMELES Antiféminisme

Bertrand Cantat, l’interview fiction

Publié le 27 juin 2018 par Léonidas Durandal à 17 h 10 min

de votre violence, mais vous êtes seul responsable de vos actes ?

Je suis responsable de ma part. Oui. Mais je ne veux pas qu’on se serve de moi pour épancher sa haine. Ceux et celles qui ne connaissent pas ce genre de situation, ne savent rien. Vous rencontrez une femme. Elle vous plaît. Mais vous n’êtes pas faits pour vivre ensemble. Vous restez collés l’un à l’autre tels des papillons de nuit à une lumière artificielle. Et vous vous détestez pour ce que vous êtes devenus, autant que vous aimez votre partenaire. Jusqu’au drame. Marie a voulu mon amour. J’avais une femme. J’ai cédé. Puis elle a tout voulu. J’ai fini par lui imposer un refus, brutal. Il était déjà trop tard. 

Elle vous a provoqué ? C’est un peu facile. Tous les hommes violents tiennent votre discours…

Ces féministes qui m’accusent, que savent-elles de l’humiliation ?  Il est si facile de jouer avec l’attachement d’un autre pour le détruire. Et puis après parler de meurtre politique comme je l’ai lu. Qu’est-ce qu’un meurtre politique quand deux êtres sont dépassés par leurs sentiments ? Ou quand celui qui cède à son agressivité est le lâche et le faible ? Ou encore quand une femme vous envoie les premiers coups ? La personne battue n’est pas toujours celle qu’on croit. J’étais adulé. Des salles remplies de monde. De l’amour à profusion. Pourtant, nous ne sommes pas si différents du reste de l’humanité. Quand je retournais à la vie, Marie appuyait là où ça faisait mal, là où ça faisait du bien, selon les circonstances. Et contrairement aux autres caniches que j’ai côtoyé dans son milieu, je réagissais parfois en montrant les dents. Un soir, sous l’emprise de drogue, je me suis défendu à l’excès, sans même savoir ce que je faisais vraiment. Me voilà étiqueté homme violent pour le restant de ma vie, et elle, femme battue. Aujourd’hui, je me rends compte que je n’aurais jamais pu m’épanouir avec elle. Elle a été mon miroir aux alouettes. Je regrette mon geste. Mais j’ai mis fin à la torture.

Il y avait bien d’autres moyens d’agir…. Vous avez conscience que vous allez choquer ses amis, sa famille en parlant ainsi.

Personne ne peut revenir sur ce qu’il a été et sur ce qu’il a fait. J’étais faible. Je le suis toujours.  Par contre, je n’ai plus envie de cautionner le mensonge. Et si j’ai tort, je sais quand même une chose : ces non-dits, ça nous enfonce. Les gens doivent savoir. Ils ne doivent plus avoir une vision tout blanc ou tout noir de cette histoire. Ces caricatures, c’est l’envers de la poésie à laquelle je travaille depuis toujours. De toutes les manières, et pour vous parler franchement, j’y ai bien réfléchi : que voulez-vous espérer d’une mère qui a perdu son enfant ? Rien. Elle ne comprendra jamais. Quant à son père, ça remue trop de choses en lui. Les gens veulent continuer à éduquer leurs mômes dans l’insouciance. Ses amis ? Ils savent quel a été son comportement par le passé. Ce climat de fausse légèreté, ça ne pouvait pas durer. J’ai commis une erreur. Mais un autre aurait fini par la commettre à ma place. Je n’étais qu’un jouet entre ses mains. Sans moi, elle aurait fini par trouver un autre objet à détruire, qui ne se serait pas laissé faire. Voilà ma vérité. 

Comment voyez-vous l’avenir désormais ?

Je vais continuer à écrire des chansons. Je vais essayer de faire face à cette nouvelle mise en cause. Et puis, j’écrirai peut-être un livre en forme d’exutoire.

Et concernant Krisztina Rády, auriez-vous un mot à rajouter ?

Aujourd’hui, je suis accusé du suicide de Krisztina, comme si cet acte ne relevait pas d’un choix personnel. Je ne suis pas une oie blanche. Je ne me suis pas toujours bien comporté avec elle. Mais un peu de pudeur n’enlèverait rien à cette affaire. J’ai l’impression que tout le monde cherche à repousser sa culpabilité sur moi. Elle n’a pas pu porter un fardeau que bien d’autres que moi se sont chargés d’alourdir. Elle est et restera toujours la mère de mes enfants et ceci, quelles que soient les décisions qu’elle a prises, ou les caricatures que l’on colporte à mon encontre, et à son sujet. Quelles que soient la haine que les féministes me portent aussi. Je lui dois tout et elle me manque. Voilà tout ce que j’avais à vous dire.