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Captain Fantastic : le père fantasmé de 2016

Publié le 5 décembre 2016 par Léonidas Durandal à 11 h 46 min

et ses enfants, vont retrouver leur chemin. Tout en revenant à plus de raison, ils vont adhérer de nouveau à l’idéal de leur père.

Le retour à la civilisation malgré la civilisation qui ne veut pas d'eux pour l'enterrement

Le retour à la civilisation malgré la civilisation qui ne veut pas d’eux pour l’enterrement

Le père n’est plus celui qui ouvre au monde, mais qui en extrait les enfants. Autant dire, que ce choix assumé valide un retrait civilisationnel. Ayant échoué à construire en société une vie qui lui apparaîtrait positive, il en revient à l’état de chef de clan au milieu de sa tribu. Car le monde est vu comme un cloaque pour cet homme et la mère de ses enfants. La libération sexuelle, le consumérisme, la modernité, la démocratie, l’indépendance des femmes, tout cela a échoué. Seule reste la volonté d’un retour à un paradis perdu animiste. Captain fantastic c’est « l’Emile ou de l’éducation » de JJ Rousseau, l’idée de Dieu en moins. L’éducateur doit accomplir sa mission en confrontant les enfants à la cruauté de la nature. Le père est celui qui leur apprend à se nourrir, et à échapper aux prédateurs. Cette médiation avec les éléments naturels est censée élever les petits humains, et leur redonner des bases saines de vie en collectivité. A mon avis, cette démarche qui ignore le pouvoir et la spécificité de l’âme humaine tente d’échapper au cynisme en sombrant dans la naïveté.

 

Où est la civilisation ?

confrontation

Autisme à gauche des enfants modernes, et à droite, enfants civilisés vivant dans la nature

Le moment qui est peut-être le plus intéressant du film survient lors de la confrontation avec la famille de la sœur de Captain fantastic. Ces citoyens modèles de la classe moyenne vivant dans une maison phoenix avec deux enfants va mettre en relief les différences de choix éducatif entre une famille lambda de notre civilisation et une autre qui a choisi de retourner à la nature. Ce faisant, les scénaristes choisissent de décrire l’intégré moyen comme un dégénéré cynique prompt à donner des leçons aux autres qui ne vivent pas comme lui, ceux-là le dépassant pourtant de loin. Cette réalité n’est pas inventée. Le réalisateur illustre crûment certaines de nos connaissances qui ont perdu pieds dans la modernité, dont les enfants n’ont aucune éducation, et agissent par intérêt. Mais voilà aussi où le film pèche. Il était facile de se comparer à un monde de gauche qui a échoué tout en se revendiquant soi-même de gauche. La confrontation avec un milieu religieux catholique n’aurait pas montré un tel décalage. Et la famille de Captain fantastic aurait peut-être même apparu à la remorque de certaines d’entre elles, au moins humainement. Or les scénaristes voulaient promouvoir leur conception du monde sans se préoccuper de vérité. Dans leur film, ils ont donc choisi de défendre l’idée que l’humanité c’était la vérité de la science, conception matérialiste et étrange des rapports humains, surtout quand on prône un retour à un communisme primitif.

Du vécu : des enfants devenus cyniques à cause de leurs parents idiots

Vécu : au moment du départ, enfants cyniques et parents charliemoutons

Pour les auteurs, la religion idéale, est celle que l’on se construit. Celle de la mère, c’est le Bouddhisme auquel le père ne souscrit même pas. Lui, il veut que les choses soient dites, sans tabou, car le tabou, ça fait mal aux enfants. A mon avis, cela se discute. Quand il s’agit de complexes, je veux bien accorder à Captain fantastic que ceux-là soient des gènes à l’épanouissement comme cela est montré dans les séquences avec sa soeur. Cependant, nous n’avons pas réponse à tout. Les explications matérialistes suffisent dans le film. Elles ne suffisent pas toujours dans la vraie vie, les enfants ayant l’art de poser des questions aux adultes capables de les déstabiliser. Si la science ne peut répondre à tout les questionnements, les enfants ont aussi de la pudeur. En cela, les exposer à des paroles ou à des corps d’adultes relève d’une forme de maltraitance défendue par le film. Les leçons des années 70 n’ont pas été intégrées par les auteurs qui en reviennent donc toujours aux mêmes erreurs. La gauche qui a désenchanté le monde, voire qui a traumatisé des générations d’enfants, persiste encore dans ses efforts « >

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2 Commentaires

  1. Ping de jbc:

    Mais ! ?

    C’est un documentaire sur la mère de ma fille !

     

     

    Tout y est : la direction du casting avec les Services Sociaux dans le rôle des SS, les femmes anorexiques s’employant à rendre la justice dans les tribunaux en séparant les pères de leurs enfants, le milieu associatif sachant défendre sa peau quand l’heure est venue de placer l’intérêt supérieur de l’enfant là où il n’a plus rien.

    Et oui, je retrouve bien les figurants « spécialisés » dans « L’humain » ; face à la file d’attente habituelle des candidats poussés au suicide chaque année que sont les papas protégeant leur cœur sous la tombe. Rarement moins de 1500 selon l’INSEE.

    La réalité étant sordide, puis cruelle et enfin criminelle, on comprend le directeur de casting dans son choix de ne pas faire fuir le public et le critique.

    Heureusement, vous ajoutez beaucoup d’eau dans votre vin pour ne pas écœurer le lecteur, à l’instant où il comprend le bonheur effacé de quelques amis, si peu émus de Bambi et sa famille.

    On peut douter de Dieu tant qu’on y croit, mais personne ne douterait de l’enfer qui sépare la vie de la mort. Il existe, tout simplement. C’est cet « abyme » qui sent si fort le soufre. Même de loin.

    Rendre beau au cinéma une histoire qui ferait chialer sans issue, est une affaire qui tourne mal.

    Souffrir, c’est mieux quand on en rit.

     

     

     

     

     

  2. Ping de sauvestre:

    Jésus n’est pas une fiotte.

    Merci Captain Durandal

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