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Comment les puissants tentent de nous maintenir dans l’enfance et comment nous y souscrivons

Publié le 11 janvier 2022 par Léonidas Durandal à 10 h 16 min

La naïveté d’une majorité de nos contemporains est un des traits les plus saisissants de notre époque. Le port d’un masque inutile dans la rue contre une maladie bénigne, parce que notre gouvernement en a décidé ainsi, de la part de personnes parfois très instruites, illustre assez bien le processus de servitude volontaire à l’oeuvre dans notre société. Mais en a-t-il jamais été autrement ? Les époques de courage et de lucidité ne sont-elles pas dues à de grands peuples, et ces époques ne sont-elles pas rares par définition ? Enfin, ne vivions-nous pas ans l’illusion d’un progrès humain qui était basé sur des promesses scientifiques mensongères et ne sommes-nous pas en train de prendre conscience de notre erreur abyssale ?

A ceux qui croient que tout était mieux avant, il faudra faire cette concession aux progressistes : l’effondrement est toujours précédé d’une période où la vie, où la société, semblent prospèrent, mais sont, en réalité, vermoulues. Nous étions naïfs bien avant cette crise. Nous étions prêts à croire n’importe quelle personnalité politique menteuse, bien avant la révélation qui se fait jour, et à la laisser faire. Nous étions en attente du mensonge, nous l’avons suscité et le diable ne s’est pas fait prier pour encourager chez nous cette illusion.

Nous croyons au mensonge lorsque instinctivement, nous avons besoin de nous référer à une entité supérieure pour décider dans nos vies. Ce réflexe nous vient de l’enfance. Plus nos parents se sont bien comportés, plus nous avons tendance à valider l’idée que l’adulte, est une personne fiable en qui une personne peut investir sa confiance. Ces enfants particulièrement choyés dans leur famille vont se retrouver naturellement plus insérées socialement, et souscrire plus facilement à l’idée que l’autorité est légitime. Mais les personnes traumatisées ne sont pas en reste. Pour eux l’éducation aura été faite de culpabilisation ou d’un laisser-aller total qui va les laisser dépourvues face à la société. Culpabilisées à fond, sans espoir d’être pardonnées, elles vont avoir plus de mal à sortir de leurs peurs. Sans repères, elles oscilleront entre rejet violent de la société, sans raison, ou bien, adhésion magique.

Pour des raisons très différentes nous partons donc tous avec une sorte de handicap face au collectif, évidemment puissant, une sorte de complexe devant toute représentation sociale. Le groupe a tendance à nous en imposer, et par habitude, ou par manque de repères, nous allons souscrire à sa loi. Or la vérité se joue d’une intelligence collective dont Coluche résumait assez bien la réalité : un seul cerveau pour toute une équipe. Le groupe et la représentation sociale, s’ils sont puissants, seront toujours plus idiots que nombre d’individus, en particulier les plus éclairés dudit groupe.

 

Quand l’autre est considéré comme un idiot

A force d’exercer le pouvoir, les gouvernants prennent bien conscience de ce fait. Les Français sont des veaux affirmait le général de Gaulle. En vérité, tout peuple dirigé par un homme, juste au-dessus de la moyenne, semble un peuple servile pour celui qui le dirige, voire un peuple idiot. L’homme un tant soit peu éclairé, voit bien plus loin que la masse, qui elle, se contraint, se limite, à ce que d’autres vont bien pouvoir penser.

Cependant, les individus de ce groupe ne sont pas si naïfs que ces dirigeants se l’imaginent, ou que ces individus se l’imaginent d’eux-mêmes. Individuellement, chaque personne est en lutte. Dans sa vie personnelle, elle a constaté la puissance du groupe, mais elle sait aussi d’instinct que ce groupe est bête, qu’il est mensonge, et qu’il conduit le groupe au marasme. Ce genre de personne le verbalisera sous une formule paradoxale du type : « il faut bien un chef pour diriger » (sous-entendu « cette masse de crétins ») ou encore « on ne peut pas laisser faire les gens » (sous entendu « tous les autres sont des cons, sauf moi qui serait capable de décision éclairée » ou encore « tous les autres sont aussi cons que moi sauf le chef »). Ainsi y-a-t-il une tension en chaque être, entre la nécessité de faire des choix indépendants de la doxa, choix jugés efficaces pour l’individu qui les met en oeuvre, et délétères si d’autres entendent se comporter ainsi, et le désir d’alimenter une représentation institutionnelle plus ou moins légitime, mais coupant court aux jalousies, et aux supposés abus individuels. Ce choix est d’autant plus cornélien que la représentation collective, l’institution, est capable de s’extraire d’un réflexe grégaire et profiter à l’individu. Car lorsque le groupe réussit à adhérer à une vérité/croyance forte, il nourrit des institutions légitimes en son sein, qui elles-mêmes vont bénéficier à l’individu (il n’y a qu’à songer à une école qui instruirait les élèves au lieu de les endoctriner).

Le groupe possède par là un fonctionnement paradoxal. Il abêtit mais il peut aussi élever, à mesure qu’il est capable de favoriser les individus d’exception (donc d’accepter les personnes avec leurs différences), et de se réformer selon les problèmes qu’il rencontre. A l’inverse, lorsqu’il n’est que freins opposés aux jalousies individuelles, et volonté de nivellement, reste-t-il médiocre. Voilà encore pourquoi nous devons tant de progrès à l’idée catholique qui a permis de s’extraire de ce mimétisme dévastateur et insignifiant (grâce à la confession, l’identification à l’opprimé ou au pauvre, la recherche de Vérité etc…). 

Du côté du dirigeant, celui-ci est souvent, j’ose l’espérer, plus intelligent que la moyenne. Mais cette qualité ne va pas forcément suffire à favoriser les destinées d’un peuple. Si le groupe est médiocre par nature, sa direction nécessite une intelligence peu commune, un sens pratique aiguë et des qualités morales hors du commun. Car le groupe, aussi médiocre soit-il, est composé de sous-groupes, et d’une myriade d’individus complexes. Il est même souvent animé d’une sorte d’esprit (sorte d’âme) qu’il faut pouvoir saisir.

Tout comme le simple citoyen, le dirigeant est donc pris entre deux feux. D’abord constate-t-il une forme de supériorité personnelle par rapport à cette masse pesante nommée société. Cette conviction est renforcée par l’attitude du quidam à son égard qui l’a investi de ce pouvoir, même quand ce quidam a subi son élection. Mais ce dirigeant, est aussi dépassé par la réalité, une réalité qui échappe au plus intelligent des personnages, au pragmatisme le plus accompli, ou à la personne aux vertus morales les plus élevées. Touché dans son orgueil face à ce constat, souvent issu lui-même d’élites déconnectées des conditions de vie matérielles, un dirigeant peut suivre intérieurement deux voies : soit culpabiliser, soit s’aveugler.

Positivement, s’il choisit de culpabiliser, de se remettre en question personnellement, alors suivra-t-il un chemin de vérité, ponctué de doutes, d’erreurs, et de victoires partielles. Autant dire que sans foi en Jésus, cet homme sera bien démuni. Il sombrera plus facilement dans le déni, ou la culpabilisation à outrance, aveugle et stérilisante. Généralement, peu croyant dans notre monde à la dérive, appliquant des mesures plus intelligentes que celles qu’auraient pu mettre en œuvre ce groupe, il sera renforcé dans sa conviction d’avoir agi au plus juste, et de dominer la masse. Assis sur sa certitude, il cherchera à imposer ses idées à tous, et sans tenir compte des avis plus perspicaces. Nécessairement, il ne contentera pas tout le monde. Mais plus il sera médiocre, ou plus il s’enfermera dans des croyances erronées, plus la masse de ses opposants sera grande, plus son pouvoir sera remis en question, et plus risquera-t-il d’être démis de ses fonctions. Seulement, animé par l’évidence de son intelligence, il ne pourra souffrir cette idée. Lui viendra alors la conviction de la nécessité de soumettre le peuple. Puisqu’il a plutôt raison, il se croira légitime dans cette volonté. Et à partir de cet instant, aucun moyen ne sera de trop pour imposer ses idées.

Par expérience, les régimes politiques ont appris que la force devait intervenir en dernier recours, et qu’il y avait des moyens bien plus efficaces pour contrôler les masses, notamment par la maîtrise de l’information. Au lieu de troubler les pauvres esprits qui se laisseraient aller à penser de travers face à la complexité du monde, ou pire, à paniquer, le décideur corrompu va alors donner à son peuple du prêt à mâcher. Et exposés à un tel fonctionnement des médias, bon nombre de citoyens mal informés, vont développer une vision pauvre de la réalité, qui sera partiellement contredite par leur vécu. Conséquemment, ils oscilleront entre adhésion magique aux mesures gouvernementales, et défiance. Les théories du complot plus ou moins assises sur des faits réels, sont particulièrement nourries par l’attitude suffisante de ce genre de gouvernants. Leurs explications toutes faites, ont un potentiel à s’imposer en société, en proportion du simplisme affiché par les dirigeants de cette société.

Ainsi, dans le cas d’une censure publique de l’information, va-t-il se mettre en place une relation de type père-enfant entre dirigeants et dirigés, infantilisante pour les deux. Car si les dirigés n’auront pas les moyens de décider, voire de penser par eux-mêmes, ce genre de dirigeants seront confortés dans des certitudes médiocres arrêtées. Voilà comment la médiocrité s’étend à toute une société. Les dirigeants, les médias, prompts à se dire qu’ils protègent leur population d’idées nauséabondes, les confineront à l’enfance. Les dirigés autant qu’ils se laisseront dirigés en ce sens, régresseront à l’état d’enfants citoyens.

Les bénéfices secondaires d’un tel comportement ne sont pas anecdotiques pour l’individu et expliquent aussi sa possible adhésion à un tel système régressif. L’enfant renonçant à décider pour lui, n’aura plus à prendre des risques, et il confiera la responsabilité de son existence à un autre. Plus de culpabilité pour lui. Papa dirigera l’affaire, et il pourra retourner dans les bras de maman comme le souligne for justement cette psychologue :

L’état totalitaire est père et mère. Il n’est pas rare non plus d’avoir vu de bons citoyens enfermés par un régime communiste, ressortir de prison en justifiant de leur emprisonnement.

Du côté des dirigeants, une tendance au sadisme va se développer. Si ce peuple obéit à la force, sans se révolter, sans même vouloir se poser de questions, autant exercer cette force jusqu’à l’abus personnel, et se vider de toutes ses tensions internes sur ce peuple (J Staline exécutait les gens par paranoïa). La recherche régulière d’un « sauveur » dans l’histoire de France est à rapprocher d’une relation bourreau/victime/sauveur, où l’enfant citoyen, abusé jusqu’à l’extrême, cherche un héros parmi ceux qui l’ont abusé, ou qu’il a d’ailleurs abusés (par exemple durant la terreur). Autant dire, qu’au vu des développements actuels du pouvoir, nous n’en sommes pas sortis.

Petit rappel à la postérité : nos dirigeants actuels, une grande partie de la population et la quasi totalité du système médiatique, légitiment la vaccination forcée des occidentaux avec des produits expérimentaux alors qu’il est désormais reconnu depuis plusieurs mois, que ces vaccins sont inefficaces à stopper la propagation de la maladie. Les effets secondaires visibles par tous, de ces vaccins, sont tus. La vaccination s’étend à des tranches de la population pour qui le bénéfice risque est négatif (des enfants), ce système infantilisant étant donc prêt à sacrifier les générations futures sur l’autel de leur bonne conscience. Et cerise sur le gâteau, tout cela se faisant au nom du bien collectif, hypocrisie s’il en est, puisque les obéissants sont surtout jaloux de ceux qui ne répondent pas aux injonctions délirantes du chef, chef parfaitement au courant de ce mécanisme et qui l’encourage même.

Ainsi, le totalitaire qui infantilise la société, et les citoyens qui encouragent cette infantilisation (il eut suffi que les Français désobéissent individuellement au port du masque pour que le gouvernement fût obligé de reculer), font sombrer la société. Non pas que le dirigeant en question ne soit pas intelligent, non pas qu’il n’y ait pas d’individus encore plus intelligents dans la population, mais que les uns et les autres refusent de remettre en question la nouvelle croyance, avec un dieu rassurant en lieu et place du chef d’état. Il est à se demander combien de fois dans l’histoire, des dirigeants ont suscité de fausses guerres, et combien de fois des populations ont appelé de leur vœux la guerre, pour pouvoir éviter d’avoir à réfléchir et à se remettre en question.

 

Dans ce jeu, la peur de l’autre, ou de l’avenir, exercent une force d’attraction démentielle. Il n’est pas étonnant que les populations plus âgées dans un monde vieillissant, aient cautionné de telles absurdités. La personne en situation de fragilité, entre dans une insécurité de fait, et cherche à se rassurer par autant de maximes rigides, et auto-justifiantes. A l’heure de la retraite, malgré les sommes économisées, le vieux doit déléguer une partie de son bien-être à son environnement. Ayant conscience de ce qu’il doit à la société, ne pouvant plus vivre de manière indépendante, et ayant accepté là-aussi que l’état remplace ses enfants comme garant de sa sécurité, il lui faut souscrire à toute mesure totalitaire dudit état le cas échéant, en particulier dans ce genre de société où jeune, il a été servile.

Ceci explique pour partie, la faillite actuelle des pays dits développés face à l’épidémie. Les personnes âgées ne veulent pas voir une corruption d’état qui menacerait leurs positions. Car la révolte contre un tel système serait synonyme de faillite personnelle pour eux. D’où l’aveuglement forcené jusqu’à l’apparence de la démence. Le vieux ne devient pas forcément dément à cause de l’âge, mais parce qu’il le doit, parce qu’à force de compromis, il ne lui reste plus aucune autonomie de pensée. Dans le registre « réservons le droit de vote à ceux qui peuvent l’exercer », seules les personnes en charge de famille devraient pouvoir voter. Les personnes âgées ont toujours été entrevues comme de bon conseil dans les société traditionnelles, mais inaptes à mener une guerre, et pour cause. Sur ce point, rien a changé de nos jours.

Intelligence du coeur, pragmatisme et intelligence sont indissociables de la prise de bonne décision. Nos dirigeants actuels très intelligents sont des ânes parce qu’il leur manque un ancrage dans le réel et une expérience de coeur profonde en humanité, christique. Ils sont issus d’un peuple qui a renoncé à la vraie croyance et qui confie son avenir en des idoles.

S’il faut remonter aux origines de ce marasme, le niveau déplorable atteint par les pères dans nos sociétés n’est pas pour peu cause de la médiocrité ambiante. Vous n’avez qu’à songer à la différence entre nos anciens et ceux des Evangiles. Dans les textes du jour par exemple, Jacques et Jean suivent Jésus. Leur père Zébédée, patriarche en chef, dirigeant de sa société de pêche, loin de les retenir, les laisse l’abandonner sans rien dire, parce qu’il a plus foi en Dieu qu’en son petit commerce (Marc 1 14-20). Hier, Joseph ne s’étonne pas de retrouver Jésus au temple après 3 jours de recherches (Luc 2 41-52). Seule sa mère Marie essaie de l’inquiéter, en parlant d’ailleurs au nom de son mari. Car Joseph, loin de jouer de la grosse voix, a déjà senti que le plus important n’était pas ses propres sentiments mais l’avenir de son Fils, qu’il entrevoit radieux auprès du Père. Les uns et les autres préfèrent Dieu à leur propre personne. La génération actuelle préfère sa boutique à la sainte Foi. Génération mauvaise, elle mourra dans la honte et l’opprobre généralisée, si nous réussissons à la sauver de l’euthanasie.

Quand je cherche une image de père bienfaisante pour notre époque, je repense à Charles Ingalls. Celui-ci n’est pas qu’un personnage de fiction incarné par Michael Landon, mais le vrai père de Laura Wilder qui a raconté leur vie dans ses chroniques à la fin du 19ème siècle. Ce père là ne cherchait pas à maintenir ses enfants sous son emprise, et ses enfants étaient capables de surmonter leurs peurs pour avancer. Il n’a pas élevé ses enfants pour lui, ni pour l’état, mais pour qu’ils grandissent dans la foi chrétienne, au service de Dieu.

De tels exemples nous manquent énormément dans notre société actuelle. Les adultes déchristianisés « modernes », loin d’être devenus libres en abandonnant la sainte religion, sont devenus plus serviles que jamais. Engoncés dans leurs peurs, ils obéissent à des idoles faites de pierres et d’argent, et qui nous conduisent collectivement à l’abîme. Comme toujours. Il n’y a pas à chercher de solutions dans ce groupe qui n’a qu’un cerveau pour toute une équipe et qui appelle cela « esprit collectif ». Le groupe n’est pas la solution, il est le problème. Les pantins déchristianisés qui nous dirigent n’y changeront rien.

Face à cette puissance collective, il n’y a qu’une puissance antinomique capable de la vaincre : celle de Dieu. Et, quels que soient les progrès accomplis en matière scientifique, il en sera toujours ainsi.

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Pour aller plus loin : une société capitaliste d’enfants mal sevrés / Pourquoi le socialiste vous prend pour un enfant / L’enfant tyrannique

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