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Dark Vador, l’image d’un père encore puissant à la fin des années 70

Publié le 16 novembre 2016 par Léonidas Durandal à 20 h 04 min

Je m’intéresserai aux épisodes 4-5-6 de la trilogie Star wars, les épisodes précédents étant à vue plus politique que psychologique, et les épisodes suivants produits par Disney prenant le chemin d’une faillite divertissante.

Un père vu par le fils

George Lucas a mis en image Star Wars pour raconter une belle histoire aux enfants. Ses emprunts à Joseph Campbell et à d’autres analystes de contes, ne peuvent masquer son histoire personnelle qui est d’ailleurs la partie la plus intéressante de sa production. Star Wars, le vrai, c’est l’histoire d’un père vu par son fils, et plus encore, d’un père emblématique de cette époque. campbellA l’inverse d’Angel, Dark Vador, le père de Luke Skywalker n’est pas encore tout à fait déchu.

Nous sommes à la fin des années 70, la paternité a du plomb dans l’aile, mais les mères abusives ont encore un peu de respect pour le géniteur de leurs enfants, et à travers leur regard, ces derniers restent impressionnés par la figure paternelle. Le nom même de « Skywalker », littéralement « le marcheur du ciel » évoque un lien entre ciel et terre, ou la volonté d’un enfant qui voudrait grandir et s’affranchir des contraintes naturelles pour s’élever spirituellement.

 

Avant ou après l’oedipe.

Il est étonnant de constater comme le combat de ce « marcheur du ciel » tourne autour d’une image lunaire. J’ai déjà abordé dans un autre article combien la lune est un symbole pré-oedipien. Mais le « marcheur du ciel » évoque plutôt un personnage qui aurait dépassé ce stade. Quand Luke Skywalker cherche à détruire l’étoile noire puis l’étoile de la mort de son père, il s’attaque d’ailleurs à un astre qui ne lui appartient pas. Il est donc un enfant qui affronte le monde, non pas pour grandir, mais pour sauver son père, et se sauver à travers lui. En filigrane, le père de George Lucas qui n’a pas fait son oedipe, doit être sauvé par son fils qui est sensé le faire à travers lui. Le vrai drame est là. «Luke » c’est « Lucas », littéralement en Anglais « comme Luke », « as Luke ».

empereur

L’empereur ou l’empereuse qui fait peur tant ses traits sont devenus ceux d’une vieille sorcière

Le père de cette époque a déjà été corrompu par sa propre mère. Il s’attache à construire son étoile noire, absorbé par le travail et incapable de s’ouvrir au monde sans vouloir le tyranniser. Il est un enfant avide et soumis à l’empereur, au système dirait les autres, ou encore peut-être à un père corrompu lui même par quelque emprise toute féminine. Car si les enfants et les plus grands se sont reconnus dans cette intrigue, il faut bien comprendre la vraie raison. Non pas ses effets spéciaux, sa musique, ou son exotisme, même s’ils y ont contribué. Mais parce qu’elle était le marqueur d’une généalogie dans laquelle tous se reconnaissaient, celle des trente glorieuses où les pères avaient tout investi dans le travail, promus par des mères vénales qui voulaient s’enrichir tout en conservant le contrôle sentimental sur leur enfant. En réaction, à la deuxième génération, les fils perdus tel George Lucas, se sont essayés à remonter le temps. Ils sont alors allés à la découverte de cet inconnu encore reconnu socialement à cette époque, nommé « père ». Ils ont produit des films en conséquence. 

 

Progression du père dans le regard du fils

 

Dans Star Wars, éduqué par son oncle et sa tante, Luke Skywalker voit son père de manière lointaine et vague. Il serait mort. En somme, il n’existe pas, comme à cette époque de la vie où l’enfant est en fusion avec sa propre mère. Ce jeune agriculteur rêve d’aventure guerrière au milieu de son désert. Il n’est pas fait pour les travaux de ferme et les événements vont le précipiter vers « l’alliance », un groupe de rebelles à l’empereur et qui luttent pour la liberté dans l’univers. L’affreux dictateur de la série est secondé par Dark Vador, Anakin Skywalker de son vrai nom, qui gère les unités opérationnelles de l’armée. Notre jeune aventurier part donc en guerre contre son père sans le savoir.

Une bonne grosse tête de phallus, Dark Vador incarne bien l'autorité paternelle

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Connu pour être puissant et sans « >

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6 Commentaires

  1. Commentaire de Messaoud:

    La prophétie se réalise, mais de manière indirecte. L’empereur a bien été tué par Luke Skywalker, mais parce que son père voulait le protéger.

    La prophétie concerne Anakin, pas Luke. Il a tué l’empereur et lui-même et ainsi rétabli l’équilibre dans la Force. Les films de Star Wars racontent l’histoire d’Anakin, enfant au début, jusqu’à sa mort à la fin de l’épisode 6. C’est une déclaration d’amour de Lucas à son père. L’épisode 7 représente le passage de Lucas du côté obscur (renseignez-vous sur Walt Disney et ses rituels occultes). Lucas avait prévu ceci dans une fin alternative, où Luke prend le masque de son père et dit : « maintenant, je suis Vador ».

    Je pense que tout enfant rêve d’avoir un père puissant, et qu’il le préfère fort et injuste, à faible.

    L’amour maternel, c’est la protection. L’amour paternel, c’est pousser l’enfant à se dépasser, le rendre capable de se protéger lui-même, passer le relais.

    Pendant la grossesse, la mère entoure le bébé qui est en-elle, le père ne joue guère de rôle. Plus l’enfant grandit, plus le rôle du père devient (ou devrait devenir) important.

    Ce que je raconte est d’une banalité affligeante, mais beaucoup de nos contemporains confondent être dur et être mauvais, et pensent qu’un père dur aime moins. En vérité, un père qui n’est pas dur n’est pas un père.

     

    Vador est le père absolu, à 100%, pour qui chaque occasion d’éprouver ses enfants est bonne à prendre, et où il n’interviendra que quand son fils sera en danger de mort.

     

    Très cordialement.

     

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Attention M Messaoud, je ne crois pas que beaucoup de monde réussira à me piéger sur Star Wars. Dark Vador répète plusieurs fois que l’empereur a prévu que Luke prendrait sa place, dans l’épisode 5 notamment dans l’extrait que j’ai mis en lien. La prophétie concernant Anakin est révélée dans les épisodes 1, 2 et 3 qui n’avaient pas encore été écrits à l’époque et qui sont venus en rajout du 4,5 et 6. Cette prophétie a été écrite pour rendre la suite plus cohérente. Mais à l’époque, du 4,5,6, elle n’existait tout simplement pas. Il faut se remettre dans l’écriture des scénarios de l’époque et la seule prophétie dont parle les personnages dans le 4,5 6, c’est celle de Luke.

      • Commentaire de Messaoud:

        C’est marrant, on dirait un débat sur l’interprétation de textes religieux.

        Je suis loin d’être un expert de Star Wars. Le 6eme film se titre tout de même « le retour du Jedi », étrange pour l’époque; c’est un Jedi qu’on n’a jamais dans les trois films qui est « de retour ». De même, la trilogie 4 5 6 laisse (à mon avis volontairement) des questions en suspens par rapport à Vador, comment et pourquoi a t il dévié.

         

         

         

         

        • Commentaire de Léonidas Durandal:

          Les épisodes 1,2 et 3 sont moyens pour tout dire. Georges Lucas a voulu traiter de question politiques. C’est moins intéressant. Il explique la venue d’un dictateur par le désir de sécurité. Il ne met pas en relief l’aspiration spécifique des femmes à ce désir d’être protégées. Au contraire, l’empereur s’oppose à une femme. Quand on voit combien nombre de ces dames sont attirées par des Fidel Castro ou des Hitler, je pense qu’il est tombé complètement à côté de la plaque. Son histoire personnelle ne pouvait l’amener à traiter de questions politiques par la suite, ou mal. Il fallait faire du raccommodage. Ainsi les épisodes 1,2 3 n’ont jamais pu traiter bien des questions spécifiques qu’ils voulaient aborder, tout en n’apparaissant jamais entièrement comme une histoire qui précédait les épisodes 4,5 et 6. Et puis la technique… bon, j’aurais pleins d’autres choses à dire, mais je vais m’arrêter de parler avec moi-même.

    • Commentaire de kasimar:

      Vous me faites penser à ces profs/instits dont nous en connaissions tous au moins un dans notre existence, qui était incroyablement sévère, tant sévère qu’on le haïssait profondément, mais que par la suite en grandissant on s’aperçoit que cette personne sévère que l’on a catalogué allégrement de « méchante » de par notre manque d’expérience, s’est avéré agir pour notre propre bien.

      Mais attention également à ceux/celles qui ne savent pas bien utiliser le bâton ou l’utilisent abusivement.

  2. Commentaire de kasimar:

    Oui moi aussi les épisodes 4 à 6 sont mes préférés. Quand aux nouveaux épisodes, je les ai pas regardé et je n’ai pas un instant à perdre avec de telles navets

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