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(Décryptage) Image de femme malade / séductrice 2019 par Boba Jovanovic

Publié le 15 mars 2019 par Léonidas Durandal à 11 h 10 min

cheveux est un signal de volonté de séduire chez une femme. Ici la main passe mais s’appesantit sur la tête et l’écrase. Le destin, la fatalité, l’a broyée. Elle est perdue quant à son avenir qu’elle fixe au loin sans savoir, dépitée.

Autre incohérence voulue, le vernis rouge marque la disponibilité d’une femme rejetée, cette teinte en particulier, surtout en ce qui concerne les ongles. Elle suggère à l’homme qui la regarde qu’elle est ouverte à des propositions dans son malheur, justement à cause de sa vulnérabilité.

Le malheur ne fait pas obstacle à la rencontre, et la faiblesse comme bien souvent, donne à l’homme et à la femme une opportunité de se retrouver, quand bien même ce serait sur de mauvaises bases.

 

Les larmes

Les traces de maquillage évoquent des larmes qui ont coulé sans qu’elles n’aient été essuyées.

Elle s’est laissée aller à sa tristesse qui ont fait place à des sortes de scarifications. Elle souffre tant, qu’elle est prête à se détruire. Elle assume aussi sa douleur dans un élan prompt à susciter l’admiration.

 

Une cicatrice sur la peau

La scarification mise en évidence au premier plan du bras gauche renforce encore l’impression doloriste, d’un corps marqué par une histoire passée perturbée. La cicatrisation du vaccin a laissé des traces et symboliquement, la souffrance passée a pesé sur son existence et n’a pas été oubliée.

 

Tachée

Les vêtements sont tachés, avec des coulures qui évoquent le sang dans la forme et l’enfance à cause de la couleur (rose). Ni l’innocence du blanc, ni la rougeur de la femme accomplie, comme d’un entre-deux adolescent, une femme enfant.

 

Les cheveux bicolores

Comme les chevaux, les filles de nos jours ont le crin de plus en plus bicolore. Par contre, leur teint naturel alterne avec une couleur fluo, comme une enseigne luminescente qui vous indiquerait en clignotant : « je suis mal dans ma peau, je suis mal dans ma peau ». La subtilité des reflets colorés d’hier, ou le champêtre des fleurs dans les cheveux, a laissé place à la revendication d’un mal être jeté à la face des hommes : « Je vous préviens, je suis originale, avec moi, ça va valser. J’ai une part décalée en moi. Je suis quelqu’un » (ceci voulant plutôt dire « je ne me sens personne ») Ici aussi, l’affirmation se veut ambivalente, d’une part sombre de la psyché qui rehausserait le caractère et le rendrait attirant, parce que fou.

 

Les vêtements noués

Comme prise dans des langes, notre séductrice est « mal fagotée » dirait ma grand-mère. Mais cet accoutrement est volontairement malséant. Il suggère une pauvreté habillée de draps anciens qu’il faudrait entrelacer pour cacher, sommairement, une nudité exhibée partout. Les noeuds, symboliquement les problèmes existentiels, enserrent le corps et ne le contiennent pas. Voilà un des nombreux éléments qui indiquent que cette femme est offerte, tout au moins que son corps est offert à tous, tandis que cette évidence nous suggère en relief qu’elle n’appartiendra jamais à personne.

Chez l’homme qui la regarde se mêle le désir d’obtenir son consentement pour la vie, de la libérer, et/ou d’en abuser. Maltraitée et prenant son plaisir dans la maltraitance, elle fait écho à des hommes qui ont été maltraités par leur mère ou qui ont souffert de sa folie. Le stade de l’exotisme et de l’impertinence ont été dépassés voilà longtemps chez elle. Nous sommes ici dans le choix d’une souffrance obstinée et donc, de la maladie.

L’entre jambe accessible

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