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(Décryptage) Image de femme malade / séductrice 2019 par Boba Jovanovic

Publié le 15 mars 2019 par Léonidas Durandal à 11 h 10 min

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Là encore, la blancheur de la peau contraste très fortement avec le rouge à lèvre. Il est dit que le rouge et le noir ne s’épousent pas. Pourtant ici, ils sont bien dans la thématique presque gothique du personnage. Il n’y a pas vraiment d’attirance affichée pour la mort, mais un jeu dangereux. La bouche qui voudrait aimer, est femme, telle que les hommes la fantasment, telle que les petites filles le fantasment. En forme de coeur mais aussi de sexe, elle reste malheureusement fermée, engoncée dans son malheur, ce qui la rend d’autant plus attirante pour un conquistador.

 

Le bracelet

Ce n’est pas un bracelet, mais des chaînes auxquelles cette fille est attachée et qui appellent autant à la libération qu’à l’enferment par le conquérant.

 

L’intérieur de la cuisse rouge

L’intérieur de la cuisse rouge suggérerait presque la mise en scène d’un viol. Bon elle a toujours ses habits. Il faudra en conclure que le viol est passé ou qu’elle aime à s’adonner à de violents ébats. Du coup, là encore, l’ambiguïté règne.

 

La montre argentée

La montre nous rappelle le temps qui passe, que la mort est inévitable, et donc qu’il faut profiter de la vie. A 10h40, elle en est encore à ses débuts, mais déjà midi va sonner et lui rappeler qu’il est bien tard. Elle est en milieu de matinée, et autant anorexique qu’elle peut l’être, la faim commence à se faire sentir. Une faim de reproduction, sexuelle pour l’auteur, mais certainement aussi pour elle, inavouée, toujours réduite qu’elle est à l’état de consommable dans la construction de l’image et dans ce qu’elle transpire.

 

Evidemment la couleur argentée et la forme font penser à la lune, symbole de mère pré oedipienne en ce qui me concerne, c’est à dire de mère incestueuse qu’elle deviendra probablement en devenant grosse puis en déconsidérant son partenaire.

 

 

L’environnement caverneux

La terre est sale, l’environnement maternel l’est donc aussi. Elle n’est pas prête à accueillir la vie. Pour l’homme, cette pseudo stérilité, car elle est réellement féconde, représente la chance de pouvoir continuer dans les relations sexuelles uniquement tournées vers le plaisir. D’être à la fois maître et enfant.

Pour la femme, elle est le signe d’un laisser aller qui s’absout de toute contrainte, de toute morale, une forme de toute puissance, qui se concrétisera dans une maternité imposée à son partenaire, sans engagement, faite au hasard, mais répondant à des aspirations profondes et cachées.

Elle pense être lavée de son passé par la rencontre d’un homme. S’il est attiré par elle, il pense soit à pouvoir continuer à la salir, soit à en être le rédempteur.

La cave est l’endroit du fantasme sexuel par excellence, pour l’habitant de HLM, et parfois des premiers ébats autorisés tacitement, par des filles un peu paumées.

Le graffiti indique bien que nous sommes dans un tel lieu. L’environnement sombre également. La luminosité indirecte projetée sur le ciment, refroidit la pièce.

Petite erreur du photographe, il aurait certainement fallu pousser l’idée jusqu’à éclairer toute la scène avec un néon. Mais c’était risquer sortir de la caricature. Et tout l’intérêt de l’image se situe là.

De même, une femme cassée, de nos jours, est forcément tatouée. Cependant, ce détail aurait porté atteinte à la pureté quasi virginale qui se dégage de ce saccage organisé. 

 

La tarentule et l’ambiguïté

Cette femme anorexique, en manque, rêvée comme étant en manque, se prête à la manipulation du photographe qui peut plaquer tous « >

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