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Antiféminisme Aimeles

Du fantasmé au fabriqué : émission Cam Clash

Publié le 14 décembre 2015 par Léonidas Durandal à 16 h 03 min

procèdent de la même logique : l’égoïsme. En apparence, notre population pacifiée a acquis un haut degré de civilisation, dans les faits, ce ne sont qu’apparences.

La multiplication d’émissions de téléréalité moralisantes comme Cam Clash, tentant de se réapproprier les codes des jeunes, ne risque pas de faire avancer le problème. Certes, elles permettent au système de croyance en place de poursuivre son travail de rééducation dans le sens qui l’arrange. Par contre, il n’est pas certain que ces jeunes sachent s’affronter à de vraies situations de violence le cas échéant, quand il ira de leur intérêt ou quand ces violences leur seront imposées. Au contraire, le mensonge et le côté factice de telles démarches risque bien de les laisser impuissants dans leur vie de tous les jours quand ils auront à faire face à la triste mais dure réalité.

 

Le constructivisme

Si ces émissions ont une utilité c’est donc de pointer du doigt des comportements définis comme inacceptables en invitant les téléspectateurs à ne plus réfléchir mais à s’offusquer. Cam clash et des productions de la sorte qui pourraient suivre, impriment dans les imaginaires des gens des situations pacifiques transformées en conflit. De simples altercations deviennent système d’oppression tel que le définissent les constructivistes. La drague lourde c’est de l’agression sexuelle. La discussion sur le communautarisme c’est du racisme. L’acte maladroit, inadapté, non contenu, l’opinion politique hors de la bien-pensance, sont dénoncés comme des incivilités voire des infractions à la loi. Le public est invité à trouver cela inacceptable et à intervenir comme à la télé, puisque l’injonction publique artificielle ne suffit pas toujours.

 

L’incitation à la haine.

Certains dénoncent l’émission comme incitative à la haine (5). Ce discours anti-raciste, anti-sexiste tendrait à faire croire au racisme et au sexisme généralisé en France. Pour peu qu’on stigmatise tous les comportements, toutes les pensées “déviantes”, l’invitation à la culpabilité est effectivement générale et donne l’impression d’être partout, surtout en nos fors intérieurs. Sans lui donner d’espérance de pardon, elle plonge tout à chacun un sentiment de remords éternels dont il ne peut se sortir. Difficile d’imaginer plus grande violence.

Plus encore, la nature de la mise en scène appelle à un auto-contrôle généralisé. Psychologiquement la scénarisation d’un bourreau, d’une victime, d’un sauveur est assimilable à un mode immature de gestion des conflits humains (6) qui perpétue la violence.camclash2bis camclash1bis Le désir de gommer toute dysfonctionnalité dans l’espace collectif est inatteignable. Le conflit fait partie de la vie. L’intervention de personnages caricaturaux dans l’espace public propage l’idée simplificatrice de solutions toutes prêtes pour les problèmes que nous connaissons. Cela ne sera jamais le cas. Les adultes responsables arrivent à se parler sans la médiatisation d’un tiers représentant de l’Etat, en tout cas, ils doivent pouvoir y arriver. La judiciarisation de notre société est corrélative d’une immaturité grandissante dans nos rapports sociaux dont la partie émergée de l’iceberg se voit dans des émissions comme Cam Clash.

 

La mise en scène fait catharsis auprès d’un public avide de voir la violence tant fantasmée. Elle alimente l’imaginaire d’un conflit malsain. Elle donne autant de repères à un probable sauveur qu’à un agresseur en germe. Elle généralise l’idée d’agression présente et fait du cadre social un lieu vécu comme potentiellement dangereux. Elle est le propre d’une vision du monde infantile et régressive. Elle gène un esprit sain sans qu’il ne sache dire pourquoi.

 

 

 

1 « Du constaté au fantasmé : cadre théorique », Aimeles du 07/07/2013.

2 « Du constaté au fantasmé : exemple pratique, les résultats truqués des violences faites aux femmes», Aimeles du 04/07/2013.

3 Vidéo : que se passe-t-il quand on parle de “race blanche” dans le métro parisien ?, Sud Ouest du 12/12/2015.

4 “L’espèce protégée Charliemouton”, Aimeles du 12/12/2015.

5 “Quand la propagande pollue les caméras cachées”, ER du 13/12/2015.

6 “Le trio infernal bourreau victime sauveur”, Psycho textes.

Un commentaire

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “HandsAway, l’appli citoyenne contre les agressions sexistes”, Figaro du 07/12/2016.

    Notions de harcèlement et d’agression sont joyeusement mélangées. Mise en place d’une milice qui heureusement sera inefficace. Evacuation des vraies raisons des phénomènes de violence dans notre société. Une mesure uniquement de propagande.

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