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Féminisme et ultra-libéralisme AVANT 1968 (1/2): les publicités du Reader’s Digest

Publié le 15 avril 2014 par Léonidas Durandal à 11 h 25 min

découverte de nouveaux aspects de leur personnalité, doit servir à guider ces femmes dans leur orientation sociale :

Institut féminin de Paris dec56

 

 

« Etes-vous ambitieux ? Pour vous monsieur, pour vous madame ? », Ecole polytechnique de vente, 1964;

Commentaire : Hommes et femmes sont traités sur le même plan bien que le guide soit différemment fait pour les hommes et pour les femmes. Le but affiché est de « réussir dans un métier » et d’obtenir à coup sûr, « une place » et donc faire le plus d’argent possible. La féminisation du nom de ces métiers « négociateur, négociatrice, gérant, gérante… » ne laisse pas de place au doute. Elle indique bien aux femmes qu’elles sont également ciblée comme élèves potentiels par l’école, à égalité avec les hommes dans un mouvement déjà indifférencié.

Ecole polytechnique de vente aout64

 

 

« Gagnez plus, c’est à votre portée », Langues et affaires (apprentissage d’une langue étrangère), 1961;

Commentaire : Maintenant les jeunes apprennent le Chinois. Hier c’était l’Anglais ou l’Italien. Cette fois, la publicité s’adresse aux femmes en principal. On notera l’impératif qui donne un côté sentimental et personnel au message en lieu et place d’un infinitif distanciateur et raisonnable qui ferait appel à l’intelligence logique et à la conscience morale de la lectrice.

ambition dec 61

 

« Pour les familles qui veulent mieux vivre », Remington (machine à écrire), 1960;

Commentaire : les jeunes qui l’utilisent seront « mieux armés » pour affronter l’avenir. Ici, en matière de jeunes, c’est plutôt la jeune fille de bonne famille qu’on veut mettre en avant. Le garçon, penaud, prend une leçon. Et les parents rassurés sont émerveillés par les prouesses de la petite qui les introduit dans le monde moderne :

la jeune fille de bonne famille Rémington dec 60

 

« A quoi tient la réussite », CIDEC, 1965;

Commentaire : Ici, la documentation concernée ne fait pas mention d’une forme de discrimination sociale envers les femmes. Au contraire, l’image suggère que l’accès à certains métiers serait plutôt une question de classe sociale et donc d’argent.  La femme donne de l’argent et va donc pouvoir ainsi accéder à des postes jusque là réservés à ceux bénéficiant de réseaux et de connaissances spéciales (riches). L’image ne semble pas dire « A quel sexe appartient la réussite ? » mais plutôt « les personnes au courant des bonnes opportunités sont les seules à pouvoir réussir ». Et pour cela il ne faut pas être un homme ou une femme mais avoir de l’argent, bien que l’image d’une femme donnant de l’argent à un homme pût suggérer que la femme désirât un poste précédemment occupé par un homme. Dans tous les cas, l’homme ne semble pas être un frein à son ambition personnelle de femme, et dans tous les cas, elle ne le conçoit pas comme tel :

 

réussir au féminin nov65

 

« Qui sait si vous n’avez pas le don d’écrire ? », Ecole ABC de Paris (cours de rédaction), 1965;

 

le don d'écrire nov65

« Le plus utile cadeau de fin d’année », Ecole Pigier (secrétariat, comptabilité, cours par correspondance), 1965;

Commentaire : là encore une fille souriante, image de la réussite, et un garçon qui semble interroger sa sœur, le benêt. Les parents sont sommés d’offrir la réussite à leurs enfants, des enfants qui ne savent déjà pas ce qu’ils veulent faire de leur vie, et des parents tout autant incapables de les orienter (pauvres mais ambitieux). Le monde offre de vastes perspectives, il suffit de les saisir, d’avoir la bonne formation et tout ira pour le mieux, pour les filles et même pour les garçons !

Pigiet nov65

 

« Toujours en pleine forme », Quintonine (boisson énergisante), 1956;

Commentaire : Aujourd’hui, les boissons énergisantes s’adressent plutôt aux étudiants qu’aux working-girls. Cependant, ces mêmes working-girls ont aujourd’hui leurs vitamines, leurs boissons, leurs régimes… autres temps, mais mœurs similaires. A noter, l’habit déjà très classique du tailleur au-dessus du genou et du chemisier blanc indémodable. Image de modernité dans le travail, elle pourrait être reprise telle qu’elle, et elle l’a été par des publicitaires contemporains. Seulement nous sommes en 1956…

working girl aout56

De l’ambition à l’avidité, il n’y a qu’un pas, largement franchi par ces dames au quotidien.

 

L’avidité des femmes.

 

Cocotte minute SEB : « Moi je veux l’utile », 1961, « Moi, je sais compter », 1959, « Elle vous mijote cent régals à peu de frais », 1962, « C’est ma fille de 12 ans qui « >

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18 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Le vide-grenier des petits curieux », L’Express du 07/06/2018.

    Le sans arrière pensée d’hier  « cette lessive blanchirait un nègre », est devenu une insulte aujourd’hui.

    Le progressisme, en général, nous prive de notre imaginaire sur l’autre. L’autre est nous, forcément confondus.

    Aussi caricatural qu’il ait pu être, cet imaginaire nourrissait notre rêve. Ce n’est pas un hasard que la plupart de nos romans modernes se vautrent dans le récit exhibitionniste d’intimités banales qui rencontre la pulsion voyeuse de ceux qui achètent ces livres. La volonté d’éradiquer une soi-disant médiocrité, a fait place à une médiocrité bien réelle.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    «  »Les femmes sont bonnes » : parlons maintenant de la charge émotionnelle », L’Obs du 09/11/2017.

     « Il s’agit surtout de ne plus voir cette empathie « féminine » comme un choix ou un trait de personnalité, mais comme un travail légitime qui vaut compensation. »

    Le protestantisme est passé par là. Tout doit se rémunérer, même les relations hommes femmes dans le couple. La prostituée est d’ailleurs mise en avant dans l’article…

    Un autre aspect de cet aveuglement féministe, c’est que ces femmes se croient les seules à donner de l’attention. Exemple avec sainte Marie :

    [caption id="attachment_11893" align="aligncenter" width="606"] Les sentiments du Princes Charles de Liv Strömquist, 2012[/caption]

    Ici, pour la femme de l’article et de la BD, ce n’est pas le Christ qui se sacrifie pour l’humanité, mais Marie qui se sacrifie aux soins du Christ ! Un comble d’aveuglement lié au concept de déesse-mère transposé du monde catholique au monde laïque.

    L’auteur de l’article confond aussi relations professionnelles et personnelles. Fric et sentiment.

    Enfin, les femmes qui sont empathiques dans le couple, telles qu’elles sont décrites (voir la fille qui s’accroche à son mec en train de jouer aux jeux vidéos sur l’image plus haut), sont en fait malades. Elles chouchoutent le type car il rassure leurs complexes d’infériorité. C’est ce que j’ai décrit dans un autre article sur les attirances des femmes : le perdant est attirant parce qu’il rassure. En fait l’auteur de cet article est une de ces femmes malades qui trouve dans le féminisme une caution pour éviter d’avoir à se remettre en question dans sa vie personnelle. Elle fantasme certainement sur ce genre de type, pour pouvoir lui reprocher tous ses défauts et rester dans sa propre médiocrité, confortablement enfoncée :

      Retrouvez le blog du dessinateur Sani ici.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « L’égalité salariale homme-femme rapporterait 62 milliards d’euros à l’économie », L’Express du 03/11/2017.

    Voilà ce qui s’appelle un calcul de gougnafier. Payer plus, des personnes incompétentes ou absentes de leur travail, et qui sont déjà surpayées, serait une véritable catastrophe. Obliger encore les femmes à travailler autant que les hommes, ce serait les soustraire encore plus de leurs familles. Evidemment, le nombre de malades mentaux augmenterait, l’assurance maladie fonctionnerait à plein, et l’industrie pharmaceutique serait encore plus florissante. Cependant, est-ce bien cela qui s’appelle « développement » et « richesse ».

  4. Ping de Cyrus:

    Bonjour à tous,

    Au Québec, il y a une alliance objective entre le gauchisme institutionnel incarné par le parti souverainiste de gauche Québec Solidaire et le parti fédéraliste de centre-droit, au gouvernement actuellement, le Parti Libéral du Québec. Cette alliance me fait vomir. Il y a même un article de Radio-Canada.ca où l’on voit la députée lesbienne de Québec Solidaire (Manon Massé, députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques à Montréal) faire un high five avec la Ministre de la Justice, Madame Stéphanie Vallée, députée de Gatineau (dans la région de l’Outaouais) pour le PLQ. C’est l’image ultime. Parfaite. Paroxystique. Indépassable. L’alliance objective de la libérale, au pouvoir, et de la libertaire, dans « l’opposition » (ma foi, mais quelle « opposition », hein !). Du PLQ et de QS. De la haute finance internationaliste et du gauchisme mondialiste, tous les deux féministes, homosexualistes, immigrationnistes, écologistes, « ouverts sur le monde » (nous savons ce que cela veut dire), tolérants, amoureux, OMG et LOL LOL LOL (In. Your. Ass.).

    L’article en question : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/784683/transgenre-jeune-nom-changement-legal-identite-genre-loi-103-justice-code-civil-quebec

    Le profil de Stéphanie Vallée sur le site de l’Assemblée nationale du Québec : http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/vallee-stephanie-223/index.html

    Le profil de Manon Massé sur le site web de l’Assemblée nationale du Québec : http://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/masse-manon-15421/index.html

    Voyez l’image que le journaliste Sébastien Bovet met en évidence dans son compte Twitter et que Radio-Canada a repris dans l’article (Sébastien Bovet travaille pour Radio-Canada). Tout y est. Et puisqu’ils ne s’opposeront donc que sur l’économique et le social, pour les plus avisés, cela signifie donc que contrairement aux affirmations de Québec Solidaire, ce parti n’est pas complet, il est en fait, fondamentalement en tant que parti moderne et moderniste, un parti économiciste, mettant l’économie au centre et au-dessus de tout. Il n’y a QUE l’économique et le social qui compte pour Québec Solidaire et le Parti Libéral du Québec. Tout le reste N’EST qu’identité de REPLI SUR SOI. Et fuck le conservatisme et la réaction, n’est-ce pas ? N’est-ce pas l’amour de l’autre, l’ouverture à l’autre, le all-inclusive de mes deux, la tolérance à tout et n’importe quoi. Certes, ils s’opposeront aussi sur le statut constitutionnel du Québec, à savoir si le Québec doit demeurer une province de la fédération canadienne ou devenir un pays souverain. Néanmoins, la vision anthropologique de l’Homme de Québec Solidaire recoupe à bien des égards celle du PLQ UNE FOIS le Québec souverain. Le résultat étant que, anthropologiquement, le Québec souverain version Québec Solidaire ne devrait pas déplaire au PLQ, même si celui-ci est fédéraliste. Voici une intervention du nouveau député de QS dans la circonscription montréalaise de Gouin, récemmment élu, Gabriel Nadeau-Dubois, en faveur des réfugiés. Les mots qu’il emploie, et portez-y BIEN attention, car cela dit tout de la duplicité de QS et du PLQ, sur la question de l’immigration, comme plus haut sur la question de la sexualité : https://www.youtube.com/watch?v=DJS1mflDcAg

    D’autres exemples du profil politiquement transsexualiste de QS avec Manon Massé : https://www.youtube.com/watch?v=2Z4qX9E8xMM

    Remarquez que le député de QS dans Mercier (à Montréal aussi), Amir Khadir, est d’origine iranienne comme moi. Je n’en suis pas fier lorsque je le vois défendre… ÇA.

    Cordialement,

    Cyrus

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    « Le travail des femmes pourrait faire bondir le PIB mondial », Figaro du 14/06/2017.

    Le travail « salarié » veut-elle dire ?

    La droite à vomir…