Accueil » Art » (Film 2017) Loveless, Faute d’amour
AIMELES Antiféminisme

(Film 2017) Loveless, Faute d’amour

Publié le 16 octobre 2018 par Léonidas Durandal à 8 h 30 min

bas monde. Comme il ne l’est pas, il va s’enfuir, enlever sa veste alors qu’il fait froid et rejoindre le ciel, comme un ruban suspendu dans le ciel, à tous les vents. Ainsi revenu à l’arbre de vie, son existence fera sens, il est à penser qu’il observera de haut le courant auquel il aura échappé. A vous de comprendre après avoir vu le film.

  • Le ridicule de l’attirance sexuelle. La copulation sans objet n’est qu’une masturbation par corps interposés. Le coït devient une fin en soi qui ne préoccupe pas de l’avenir, qui croit en sa propre signification. Du coup, la stérilité et la frustration en sont le résultat. La bêtise aussi, les sentiments vils, la tromperie, puis la dispute suivent de près.
  • Un monde sans amour. Il faut un monde sans amour pour autoriser des comportements aussi vils. Boris se met avec une petite jeune qui flatte son ego. Genia avec un riche qui alimente ses fantasmes. Le riche en question ne rencontre jamais sa fille, qui trouve cela normal puisqu’ils se voient par vidéo conférence. Génia voudrait se débarrasser d’Aliocha auprès de sa propre mère. Mais celle-là n’en veut pas parce qu’elle n’a pas envie d’être manipulée. A aucun moment, ils ne pensent à l’enfant, mais à leur bonheur personnel, la mère tout comme sa fille, tout comme le mari. Boris est gêné par le divorce parce que son patron est orthodoxe et qu’en Russie, celui-ci peut le virer comme bon lui semble s’il est célibataire. Du coup, le spectateur doute de la sincérité de sa nouvelle relation qui lui offre surtout un statut social prompt à le protéger. Les scènes de restauration collective sont particulièrement bien filmées en ce qu’elles symbolisent un déroulement répétitif et animalier de prise de nourriture. Les salariés sont des gras du bide empâtés qui se laissent-aller à recevoir leur pitance comme des vaches. Ils ont le regard et le teint bovin. Ils se ressemblent tous, s’habillent pareil, prennent toujours les mêmes nourritures, offrent à la vue des silhouettes semblables. Quant aux femmes, elles font attention à se maintenir en forme, non parce qu’elles s’aiment ou qu’elles aiment leur partenaire, mais pour se sentir exister (ce à quoi objectivement, Génia échoue). Seul un monde sans amour peut permettre de tels comportements. Ce monde est celui du sexe, du romantisme de relations sans lendemain et pleines de vacuité, un monde sans spiritualité, stérile, le nôtre.

  • Loveless est un film à l’esthétique japonaise, gris aussi, un peu long car il ne s’y passe rien ou pas grand-chose, mais très profond. Bien qu’inscrit dans un environnement russe, il décrit une société, la nôtre, dépassée par son propre fonctionnement où le seul espoir vient d’une association qui s’occupe de retrouver les enfants perdus à la place de la police. Ces gens désintéressés aiment vraiment. Ils étudient les enfants pour ce qu’ils sont afin de réussir à les dénicher, prenant au sérieux leurs habitudes et ainsi offrir une deuxième chance à des familles brisées, ne condamnant pas pour rester efficaces, fonctionnant en groupe, solidaires. Tout l’inverse de ces couples empêtrés dans une mièvrerie individualiste.

    A voir pour apprendre à voir. 

    Laisser un commentaire

    Premier commentaire ou VPN ? Le commentaire sera mis en attente de validation

    -

    Votre sexe SVP :

    -

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.