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Antiféminisme Aimeles

(Film d’horreur) The Neon Demon

Publié le 9 mai 2017 par Léonidas Durandal à 8 h 25 min

Ce film là n’est pas tout public, ni à voir si vous éprouvez le moindre dégoût face au sang, même fictif des écrans de télévision. Ceci étant dit, voici une belle allégorie des relations hommes femmes, mais plus encore des relations femmes femmes, ce dernier point étant pour le moins original.

Car contrairement à ce qu’en ont dit les critiques, il ne s’agit pas d’une simple fable techno bien plantée, à la réalisation esthétique aboutie. En effet, tout le monde sera d’avis, que la mise en scène est réussie, qu’elle nous plonge dans l’univers de la mode tout en en ayant intégré les codes. Jusqu’à la fin du film, le spectateur pourra se laisser bercer d’illusions grâce aux images éblouissantes de cet univers esthétique. Les lumières, la cohérence des plans, les contrastes, les musiques sauront retenir l’attention du gourmet. Seule une impression de glauque viendra troubler une mise en bouche recherchée. Mais attention, puisque nous devons parler de nourriture, le petit chaperon rouge risque gros au coin du bois, et son destin, c’est de finir dans le ventre du loup. De la gastronomie à l’orgie, il n’y a qu’un pas. Presque jusqu’à la fin, vous vous direz que l’équipe de tournage s’est faite plaisir, et vous avec, en jouant sur la forme. Mais après une longue promenade à travers bois, vous vous retrouverez loin de chez vous, la nuit tombée, en lieu inconnu.

The Neon Demom possède un fond. En ce sens, le titre a été bien choisi. Le démon du néon fait référence à lucifer et à l’ange de la lumière près duquel les âmes papillon viennent se brûler les ailes.

Jessie, le personnage principal, vient de nulle part. Ses parents sont morts, elle n’a pas d’histoire, pas de passé, mineure de 16 ans vierge champêtre aux longues robes choisissant de vendre ses charmes pour s’en sortir dans un des milieux urbains les plus cyniques qui soit : celui de la mode. Si le contraste est saisissant, le film n’en est pas moins subtile en réussissant à nous montrer la différence entre beauté naturelle et artificielle. Le factice de notre société de consommation, et de nos écrans de télévision, pourrait presque nous le faire oublier. Le beau existe vraiment, et cette même société de consommation court après, indéfiniment.

Mais qu’est-ce que le beau au juste ? Les professionnels de la mode et de la photographie qui voient défiler des milliers de filles plus plastiques les unes que les autres, le savent. Le beau est rare, et éphémère. Il ne dirige pas le monde comme le suggère un des personnages, il est le monde comme le lui répond un autre, au même titre que le vrai dans le domaine de la science. Le beau est capable d’émouvoir le plus cynique des professionnels de ce milieu. Il est la recherche de toute une vie. Il se saisit plus qu’il ne se crée. Il est une grâce en plus qui accompagne une volonté inflexible. Il ne cherche rien, mais possède tout.

Jessie incarne cette perfection. Elle se sait belle, mais ne connaît pas encore toute l’ampleur de son empire sur le monde. Ses rencontres vont le lui révéler. D’abord auprès d’un jeune photographe ambitieux mais encore inexpérimenté. Dean représente le garçon romantique et sensible des débuts, artiste en devenir qui a senti tout le potentiel de sa muse sans se l’expliquer si ce n’est par l’attirance qu’il éprouve envers sa fragilité. Il l’aime sans la comprendre, tout en voulant la posséder, n’ayant pas admis qu’elle était plus que fragile. En observant Dean, je songe à tous ces jeunes hommes bouleversés parce qu’ils aiment pour la première fois, mais qui vont vite découvrir à quel point la fragilité peut être cruelle. La beauté virginale rassure l’homme immature et lui fait penser qu’il fait face à une femme dénuée de moyens. Découvrant l’inverse, il risque l’aigreur tant le fossé est grand entre l’image qu’il se faisait du beau, et la réalité.

Ainsi, le chemin de Dean et de Jessie vont immanquablement en arriver à se séparer. Plus que Dean qui est pourtant son aîné de plusieurs années, Jessie a compris qu’il était une entrave à son développement, et qu’elle devait grandir loin de lui pour espérer s’épanouir. Progressivement, elle va se donner en tout bien tout honneur aux artistes de son époque qui vont la magnifier et transcender sa beauté. La coupure sera définitive entre les deux tourtereaux à partir du moment où Dean voulant la sauver une énième fois de ce milieu se verra entendre de sa part “>

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2 Commentaires

  1. Commentaire de Cyrus:

    Bonjour Monsieur Durandal,

    Je vous félicite de cet excellente analyse du film. Je me permet de vous suggérez de regarder les films suivants et d’en faire une analyse tout aussi brillante :

    La Faille (Fracture) de Gregory Hoblit avec Ryan Gosling et Anthony Hopkins.

    Michael Clayton de Tony Gilroy avec George Clooney.

    L’Enquête (The International) de Tom Tykwer avec Clive Owen.

    Les Marches du pouvoir (The Ides of March) de George Clooney avec, notamment, George Clooney et Ryan Gosling.

    Voilà.

    Amusez-vous bien.

    Cordialement,

    Cyrus

    • Commentaire de Léonidas Durandal:

      Si vous voulez me faire voir un film alors que je n’ai pas le temps, il faudra me dire quel est celui que vous préférez, bouleversant, qui a changé votre vie. J’aime beaucoup le cinéma, mais je n’ai pas le temps ni l’argent de regarder tous ces films. Je sélectionne les coups de coeur des gens, car derrière l’oeuvre préférée d’une personne, se cache souvent quelque chose de vrai. Cela m’évite de perdre un temps que je n’ai pas.

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