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AIMELES Antiféminisme

(Film d’horreur) The Neon Demon

Publié le 9 mai 2017 par Léonidas Durandal à 8 h 25 min

Ce film là n’est pas tout public, ni à voir si vous éprouvez le moindre dégoût face au sang, même fictif des écrans de télévision. Ceci étant dit, voici une belle allégorie des relations hommes femmes, mais plus encore des relations femmes femmes, ce dernier point étant pour le moins original.

Car contrairement à ce qu’en ont dit les critiques, il ne s’agit pas d’une simple fable techno bien plantée, à la réalisation esthétique aboutie. En effet, tout le monde sera d’avis, que la mise en scène est réussie, qu’elle nous plonge dans l’univers de la mode tout en en ayant intégré les codes. Jusqu’à la fin du film, le spectateur pourra se laisser bercer d’illusions grâce aux images éblouissantes de cet univers esthétique. Les lumières, la cohérence des plans, les contrastes, les musiques sauront retenir l’attention du gourmet. Seule une impression de glauque viendra troubler une mise en bouche recherchée. Mais attention, puisque nous devons parler de nourriture, le petit chaperon rouge risque gros au coin du bois, et son destin, c’est de finir dans le ventre du loup. De la gastronomie à l’orgie, il n’y a qu’un pas. Presque jusqu’à la fin, vous vous direz que l’équipe de tournage s’est faite plaisir, et vous avec, en jouant sur la forme. Mais après une longue promenade à travers bois, vous vous retrouverez loin de chez vous, la nuit tombée, en lieu inconnu.

The Neon Demom possède un fond. En ce sens, le titre a été bien choisi. Le démon du néon fait référence à lucifer et à l’ange de la lumière près duquel les âmes papillon viennent se brûler les ailes.

Jessie, le personnage principal, vient de nulle part. Ses parents sont morts, elle n’a pas d’histoire, pas de passé, mineure de 16 ans vierge champêtre aux longues robes choisissant de vendre ses charmes pour s’en sortir dans un des milieux urbains les plus cyniques qui soit : celui de la mode. Si le contraste est saisissant, le film n’en est pas moins subtile en réussissant à nous montrer la différence entre beauté naturelle et artificielle. Le factice de notre société de consommation, et de nos écrans de télévision, pourrait presque nous le faire oublier. Le beau existe vraiment, et cette même société de consommation court après, indéfiniment.

Mais qu’est-ce que le beau au juste ? Les professionnels de la mode et de la photographie qui voient défiler des milliers de filles plus plastiques les unes que les autres, le savent. Le beau est rare, et éphémère. Il ne dirige pas le monde comme le suggère un des personnages, il est le monde comme le lui répond un autre, au même titre que le vrai dans le domaine de la science. Le beau est capable d’émouvoir le plus cynique des professionnels de ce milieu. Il est la recherche de toute une vie. Il se saisit plus qu’il ne se crée. Il est une grâce en plus qui accompagne une volonté inflexible. Il ne cherche rien, mais possède tout.

Jessie incarne cette perfection. Elle se sait belle, mais ne connaît pas encore toute l’ampleur de son empire sur le monde. Ses rencontres vont le lui révéler. D’abord auprès d’un jeune photographe ambitieux mais encore inexpérimenté. Dean représente le garçon romantique et sensible des débuts, artiste en devenir qui a senti tout le potentiel de sa muse sans se l’expliquer si ce n’est par l’attirance qu’il éprouve envers sa fragilité. Il l’aime sans la comprendre, tout en voulant la posséder, n’ayant pas admis qu’elle était plus que fragile. En observant Dean, je songe à tous ces jeunes hommes bouleversés parce qu’ils aiment pour la première fois, mais qui vont vite découvrir à quel point la fragilité peut être cruelle. La beauté virginale rassure l’homme immature et lui fait penser qu’il fait face à une femme dénuée de moyens. Découvrant l’inverse, il risque l’aigreur tant le fossé est grand entre l’image qu’il se faisait du beau, et la réalité.

Ainsi, le chemin de Dean et de Jessie vont immanquablement en arriver à se séparer. Plus que Dean qui est pourtant son aîné de plusieurs années, Jessie a compris qu’il était une entrave à son développement, et qu’elle devait grandir loin de lui pour espérer s’épanouir. Progressivement, elle va se donner en tout bien tout honneur aux artistes de son époque qui vont la magnifier et transcender sa beauté. La coupure sera définitive entre les deux tourtereaux à partir du moment où Dean voulant la sauver une énième fois de ce milieu se verra entendre de sa part qu’elle n’a pas besoin d’être sauvée parce que loin de la dominer, elle domine son environnement. Ainsi, quand elle va faire face à l’homme profiteur, elle ne va pas se réfugier auprès de lui, mais de la seule femme qui lui aura tendu une main. Mal lui en prendra.

Mais avant, arrêtons nous deux lignes et revenons à ce profiteur qui va la faire fuir, cette image masculine négative, qui rançonne ses locataires, les arnaque après avoir fait mine de les aider, profite sans vergogne de la situation d’errance des pauvres qu’il reçoit. Le tenancier joué par Keanu Reeves donne à réfléchir sur la prédation qui se nourrit des situations familiales boiteuses. Drôle d’idée que ce rôle ait été endossé par un acteur charismatique. Le personnage de Hank navigue dans un monde où apparemment, la force n’a pas sa place, si ce n’est pour être dévoyée, et où, seul le beau compte, pour mieux être sali. Je vais peut-être un peu loin, mais cet homme sans morale représente une domination masculine qui n’aurait pas trouvé sa pleine expression dans le monde et qui en aurait été pervertie. Cette force n’est pas au service du beau et tente d’en abuser. Ainsi, il viole sans vergogne la voisine de Jessie, une petite fugueuse de 13 ans, qui veut échapper à son milieu et qui aura honte de raconter ce qui lui est arrivé. Il sait qu’il peut jouer sur la situation précaire de ses résidents car l’intervention de la police mettrait fin au voyage de tous, et les ferait revenir à cette case départ qu’ils ont cherchée à fuir plus que tout. 

C’est au cours de cet incident, que Jessie, apeurée, s’enfuie du motel pour se réfugier auprès de Ruby, la maquilleuse qu’elle a rencontrée sur les plateaux et qui dit vouloir la protéger. Mais Ruby n’a qu’une idée en tête et c’est d’abuser aussi de la petite. Quand elle apprend qu’elle est vierge, elle ne peut plus retenir ses pulsions, mais se fait repousser violemment. Or Ruby qui ne peut forcer sa conscience, ne va pourtant pas renoncer à la posséder. Elle va donc faire appel à ses copines rejetées des castings et dans une métaphore carnassière vont se l’approprier en la dévorant. L’histoire pourrait s’arrêter là. Les déchets de ce monde bling bling ont vaincu. Fermer les portes, il n’y a plus rien à voir. Cependant, le film va un tout petit peu plus loin. Les carnassières ne survivront pas à leur crime. La fable prend alors un tour enfantin, malgré les images crues.

Dès que l’une verra la lune monter dans le ciel, le sang de sa victime se répandra en dehors d’elle, provoquant une hémorragie mortelle. Une autre à la vue de la piscine, identique à celle où a été commise le crime, sera prise de nausées, vomira l’oeil de Jessie, et se suicidera pour faire taire sa douleur. Une troisième mangera l’oeil restant, perpétuant le sacrifice morbide.

En vérité, les scénaristes nous ont montrés, non seulement comment la beauté était sacrifiée, mais également comment sa recherche éperdue emprunte de perfection, éliminait ceux qui s’y adonnaient. Les bourreaux tuent en eux toute humanité en commettant leurs crimes. Jessie le dit elle-même, elle est dangereuse. A sa vue, les autres femmes ne peuvent retenir leur jalousie. Plus que les hommes qui l’adulent, celles-là ne peuvent supporter l’existence d’une fille parfaite qui les concurrencerait. Elles veulent posséder sa puissance et se l’approprier dans un sacrifice proche des anciens cultes païens, en buvant son sang, en mangeant sa chair.

Vous comprendrez dès lors pourquoi les journaux ont mal noté ce film en proportion de leur gauchisme. Dans celui-là, les femmes ne sont pas toujours gentilles entre elles. Elles sont capables de se coaliser pour répandre le mal sur terre. Les lesbiennes ne forment pas un couple parfait. Le monde de la consommation libérale libertaire fonctionne comme une usine à produire du beau et à détruire les êtres humains les plus fragiles. Les artistes obnubilés par leur art sont encouragés dans leur recherche jusqu’à en oublier toute pitié. Ils doivent satisfaire un public qu’on ne voit jamais mais qui commande toutes ces marionnettes. 

Voilà d’ailleurs en quoi The Neon Demon est un film christique. Il donne à voir un mal auquel nous participons de manière réaliste. Nous en sortons dégoûtés, non pas salis, mais peut-être moins innocents, en ayant observé durant quelques minutes la face sombre du démon, toujours prêt à enjoliver ses pièges. Jessie nous montre combien nos propres désirs nous poussent à déchoir, combien l’image de la virginité et de la pureté peuvent avoir d’emprise sur nos mauvais penchants quand nous refusons notre condition de pécheurs. Jessie n’existe pas. Elle est la projection de tous nos fantasmes de perfection qui nous détruisent. Ce monde de la mode en est le miroir en creux, d’autant plus laid que sa recherche est vaine. Accepter la présence du beau n’est possible qu’en en passant par le Christ et en dépassant nos fantasmes sur une vie terrestre bien limitée et artificielle, surtout en ne déifiant pas ses représentations corruptibles aussi belles soient-elles, mais en les chérissant pour ce qu’elles sont, comme des fleurs qui se faneront d’autant plus vite que nous aurons voulu les cueillir. Si une fleur dure d’autant plus longtemps que nous l’avons entretenue, elle finit par cesser d’être. La mettre en cage, la retenir, prolonger son existence au-delà de toute mesure, nous cause plus de soucis que de la laisser vivre et retourner à Dieu. Ainsi, n’avons nous pas prise sur notre bonheur. The Neon Demon nous le rappelle cruellement. 

22 Commentaires

  1. Ping de Lou de sexe femelle:

    "Ceci étant dit, voici une belle allégorie des relations hommes femmes, mais plus encore des relations femmes femmes, ce dernier point étant pour le moins original." On voit que vous ne suivez pas la culture féminine. C'est au contraire un sujet trop traité.

     

     

    • Ping de Léonidas Durandal:

      Chère Lou,

      Si je suis passé à côté de ce fait social majeur, c’est que j’aurais besoin de plus d’explications…

      M.D

      • Ping de Lou de sexe femelle:

        Cher Léonidas,

        Pratiquement toutes les oeuvres culturelles faites par des femmes ou avec pour audience principale les femmes/filles abordent de près ou de loin le sujet des relations femmes femmes. Que ce soit le rapport avec leurs mères (Lady Bird, Maman, Gilmore Girls, 3 fois Manon), la compétition intra féminine (Autant en emporte le vent, Gossip Girl, tous les romans de Jane Austen), l'amitié et la sororité (Petite Maison dans la Prairie, Les Quatre Filles du docteur March, Charmed,Bande de Filles, Divines, Fleabag (la relation entre les deux soeurs est particulièrement réaliste), The Sisterhood of the travelling Pants pratiquement tous manga de type Sailor Moon et autre Magical Girls, tous les dessins animés pour petites filles), les étranges relations amour-haine-attirance (Mean Girls, Jennifer's body). 

        C'est  tellement évident pour moi que j'ai dû me limiter dans ma citation d'exemples. D’autant Plus que la majorité de ces oeuvres recouvrent plusieurs thématiques et auraient donc pu être citées plusieurs fois. Vous n'êtes pas le premier homme à me dire que ça lui ai passé au-dessus. Je me souviens avoir regardé plusieurs des films cités avec mon époux et il ne cessait de se concentrer sur les rares personnages masculins et ratait donc 95% de l'intrigue. 

        • Ping de Léonidas Durandal:

          Chère Lou,

          Merci pour ce bref panorama. Je perçois tout à coup que votre mari a beaucoup de chance de vous avoir.
          Bon j’admets que ma phrase révèle un aveuglement coupable. Ou bien je me suis mal exprimé. Cette voracité entre femmes ne m’était pas apparue, et ce film m’a obligé à l’envisager. Nous ne nous occupons pas tellement des femmes finalement. Nous avons tendance à être subjugués. Nous n’en percevons qu’une forme de superficialité et nous ne voulons pas aller plus loin de peur, de peur… de ne plus vous aimer peut-être. En tant que femme calculatrice, ne pourriez vous pas faire voir ce film à votre mari sans lui parler de notre échange et me transmettre sa réaction ? Lui faire une petite infidélité en quelque sorte ? Mais en tout bien tout honneur je m’entends.

          M.D

          • Ping de Lou de sexe femelle:

            M. Léonidas,

            Quand vous dites "nous ne voulons pas aller plus loin",est-ce que ça vous traverse même à l'esprit d'aller plus loin avant la première déception amoureuse ? Je demande car les rares hommes de mon entourage qui vont un peu plus loin comme vous,  ont tous un passé amoureux difficile…Ou ont grandi avec beaucoup de soeurs. 

            "de ne plus vous aimer peut-être." Là encore je me questionne toujours. Etes vous incapables d'aimer les femmes sans les voir comme des êtres angéliques mais comme des simples humains ? Je sais que la manipulation féminine met les hommes très mal à l'aise. Pourtant, je suis très confortable avec leur force dans d'autre domaine  (la logique, la force physique, la discipline) et je les vois comme mentor dans ces domaines. Ces compétences masculines sont neutres, peuvent être utilisées pour faire le bien ou le mal. Je vois la manipulation de la même façon. 

            Tenez mon père , un jour,  a vu ma mère se balader dans leur quartier et en est tombé amoureux. Et pour pouvoir lui parler, il a monté tout un stratagème pour qu'ils puissent être présentés par des connaissances communes ( ils sont d'une époque ou il était malvenu d'aborder les jeunes filles sans contexte dans la rue). Ma mère m'a toujours donnée des petits conseils en apparté pour rencontrer des bons partis du type "Fréquente tels endroits, sors habillés comme ceci etc)…Je suis convaincue qu'elles les a appliqué pour elle-même et que  ce coup de foudre dans la rue a été provoqué mais tant que mon père est en vie elle ne me le confirmera jamais parce qu'il en serait surement déçu  au lieu d'en rire comme elle a rit lorsqu'il lui a expliqué "sa quête". Je trouve ça un peu dommage. 

            Pour mon mari, je peux essayer mais cela sera dur pour deux raisons : nous avons très peu de temps pour nous ces temps-ci et il n'aime pas les films d'horreur…Et puis, pour tout vous dire, il me connait maintenant, il sait qu'il est sensé observer les dynamiques sociales et pas uniquement les actions des gens quand c'est moi qui choisit le film. 

          • Ping de Léonidas Durandal:

            Lou,

            Ben effectivement, si j’étais à la place de votre père, je préférerais y croire jusqu’à la fin de mes jours…
            Honnêtement, ça me dépasse cette réhabilitation de la manipulation. Personnellement, je ne situe pas du tout la force d’une femme où vous la situez. C’est peut-être bête de le dire ainsi, mais pour moi, la vraie force d’une femme c’est sa faiblesse, son retrait, ce qu’elle ne dit pas et ce qu’elle fait de bien, sa capacité à discerner les personnalités pour enrichir sa famille, et bien d’autres choses encore. Mais nous ne serons pas d’accord, nous avons eu déjà une discussion qui approchait de cela. Les religions évoquent une sorte d’impureté durant les règles. Cette idée va vous faire sursauter, mais pour moi, il y a une sorte d’envers maléfique qui nous terrifie en tant qu’hommes. Et les hommes qui n’en ont pas conscience, loin d’être plus proches de vous, sont d’autant plus bêtes. « La femme c’est le diable » dit Juliette pour se moquer de cette pensée masculine dans une de ses chansons.

            Mais à chaque fois que j’entends cette chanson, je ne peux m’empêcher de rigoler en me disant que c’est un peu vrai tout de même. Seulement 10% des sorciers brûlés étaient des hommes. Parmi eux, des herboristes probablement, mais surtout une grande majorité de folles pour ne pas dire autre chose, qui jetaient des sorts et maudissaient le monde. Il y a un envers diabolique attaché spécifiquement à la femme. Comme il y en a un lié à l’homme d’ailleurs. Pour moi, la manipulation est toujours border line en la matière. Elle exclut le dialogue raisonnable et tend à infantiliser les relations sociales ou sentimentales. D’ailleurs pas mal de femmes cultivent ce côté enfantin parmi les hommes de leur entourage pour d’autant mieux les contrôler.

            Mais revenons à la conversation. Si nombre d’hommes ne s’intéressent pas à l’aspect féminin des relations dans les oeuvres d’art, c’est aussi parce que ça leur semble inutile pour survivre. N’y a-t-il pas une volonté égalitariste de votre part, quand vous voudriez que nous abordions le monde comme vous ? Ca aussi pour les hommes, c’est un mauvais chemin. Il est vrai qu’à cette pensée masculine positive s’attache aussi parfois du mépris. Mais ne jetons pas les jumeaux avec l’eau du bain. Nous sommes foncièrement, intrinsèquement différents, et nous n’avons même pas la même manière d’envisager notre enrichissement réciproque.

            M. D

          • Ping de Lou de sexe femelle:

            Je suis d'accord avec vous pour la force d'une femme…Mais ces atouts que vous citez sont des armes qui aident à manipuler. Peut-être que le mot manipulation est malvenu mais tout le travail de "charge mental" comme disent les féministes n'est-ce pas cela ? Se taire, laisser croire quel'homme était à la base d'une rencontre, dire à son fils qu'il doit manger sa soupe n'est-ce pas une forme de manipulation ? Après, là où je suis d'accord avec vous, ça rend le monde du travail toxique mais dans l'intimité, je constate que les "opinions claires et tranchées" les hommes ne veulent pas les entendre des femmes. 

            Vous avez raison pour le côté diabolique aussi, les femmes en sont bien consciente. Je crois que l'on en avait parlé une fois à propos d'Amélie Menu, elle représente bien la femme entre sorcière et fée. 

            "N’y a-t-il pas une volonté égalitariste de votre part, quand vous voudriez que nous abordions le monde comme vous ? " Pas tellement, et pour tout vous dire ça arrange bien nos affaires dans la majorité des cas qu'ils ne s'y intéressent pas. Mon soucis, c'est plutôt le mépris. Je trouve que les hommes sont prompts par exemple à traiter les films de femme de "navet" alors que dans 80% des cas, ils n'ont même pas compris de quoi ça parlait. 

            Par exemple, parce qu’il y avait Meghan Fox dedans, le Jennifer’s Body a fait un flop car il a été markété pour les hommes. Les lesbiennes l’ont ensuite découvert et c’est ainsi que les femmes s’y sont intéressées. La réalisatrice avait dit à l’époque que les hommes n’avaient pas compris son oeuvre d’où le flop et je m’étais demandée comment c’était possible car le scénario à mes yeux n’est pas subtile…

            Et puis je suis tombée sur la vidéo réaction de ce monsieur…qui se concentre sur le seul personnage masculin.

            https://youtu.be/LeGWXvdkd7w

          • Ping de Léonidas Durandal:

            Bonsoir Lou,

            Je n’ai pas pu m’empêcher de voir ce film vers lequel vous orientiez ma réflexion. La réalisatrice a fait un très mauvais film parce que comme beaucoup de femmes, elle a voulu faire plier le monde à ses désirs, ce dont le youtuber se moque méchamment, mais de manière très marrante. Car produire une oeuvre d’art, c’est justement savoir lutter contre cette tendance. Les hommes réussissent mieux car ils arrivent plus facilement à se décentrer dans ce cas.

            Par contre, il est vrai que la peinture des ambivalences féminines y est assez exacte, puisque c’est justement ce dont elles voulaient parler, elle et la scénariste. Du coup, si on le prend du côté sentimental, c’est assez intéressant. Mais il faut faire fi de toute cohérence, en particulier à la fin, parce que ce monde matériel, de la logique, ces femmes le maîtrisent mal. Pas étonnant aussi que les lesbiennes lui aient redonné une seconde vie, elles qui ont un héritage paternel absent ou déviant. Avez-vous remarqué l’absence d’hommes dans les principales familles, comme s’ils n’existaient pas, sauf le professeur manchot (sic) et le père du célèbre footballeur qui ne fait qu’une seule apparition et pour être humilié(par la mort de son fils). Et puis, le gentil garçon va être vengé de tous ces patriarcaux perfides attirants et qui ont réussi grâce à quelque pacte avec satan (combien une femme doit lutter contre son attirance pour les hommes puissants ne trouvez-vous pas !) Pas étonnant que vous vouliez réhabiliter ce film puisqu’il décrit assez exactement ce contre quoi vous luttez en vous.

            Un autre aspect est à souligner est celui de l’exacte fantasmatique américaine concernant les rapports hommes femmes, le personnage récurrent de la goule leur étant vraiment propre, c’est à dire la femme qui retourne l’avidité masculine contre les hommes. Il y a un très moyen épisode des contes de la crypte sur le sujet.

            Concernant la manipulation, et pour sortir de cette discussion sur le film, elle arrive quand les mots font défaut. Les hommes ont du mal à supporter la rudesse des femmes en matière sentimentale. Est-ce à dire qu’il faille leur faire faire n’importe quoi sous prétexte qu’ils sont émotifs. Je n’en suis pas certain. Amener à un dialogue constructif par des mots choisis et en prenant le temps, n’a rien à voir, à mon avis avec de la manipulation. La manipulation, c’est le raccourci des femmes pour obtenir ce qu’elles veulent sans en parler à leur compagnon. Ce sont deux démarches résolument opposées (je suis à peu près certain que si nous nous rencontrions avec votre mère, nous aurions une détestation instinctive et réciproque appuyées).

            M.D

          • Ping de Lou de sexe femelle:

            Ah, de tous les films que vous pouviez voir ce n'est vraiment pas celui que j'aurais aimé vous montrer. Encore moins réhabiliter.  Il est médiocre. Quand la réalisatrice avait déclaré que "son oeuvre n'avait pas été comprise" ma première réaction avait été " bah voyons, pauvre génie incomprise, qu'est ce qui est dur à comprendre là dedans ? le film n'a juste rien de particulièrement intéressant". Même d'un point de vue sentimental d’autres femmes scénaristes  ont fait bien mieux. 

            Mais je me suis rendue compte des années plus tard qu'effectivement certains hommes n'avaient pas compris l'histoire de Jennifer's Body et j'ai été soufflée. Je sais pas comment dire mais ça a été comme voir le monde sur un tout nouveau angle. Je n'ai pas revu le film depuis 2011 je crois et effectivement, de ce que je me souviens on voyait peu les pères mais voyait-on les parents de manière générale ? Je me souviens qu'on voit la mère de Jennifer à la fin, lorsqu'elle découvre son corps. 

            Non, pour moi le meilleur film sur les relation entre femmes, c'est Mean Girls. C'est drôle, satirique, ça ne se prend pas au sérieux, le scénario est bien rythmé,  c'est criant de vérité et je crois que si je devais lutter contre quelque chose en moi, ce serait plutôt de finir comme le personnage Regina George ou celui de Janis…qui sont au fond les deux faces de la même pièce. Je trouve aussi, que le personnage de Amy Dunn dans Gone Girl est très bien fait…Elle est aux femmes ce que le joker est aux hommes.

            Bon peut-être aurais-je du parler de plutôt de la « gestion des émotions de leur entourage’ au lieu de manipulation même si pour être honnête je trouve c’est la même chose.
            Je pense qu'au contraire (en admettant que vous ne sachiez rien d'elle ou de moi a priori) vous l'auriez beaucoup appréciée et que vous ne m'auriez pas particulièrement apprécié moi(plus de l'indifférence que de la détestation). Comme la totalité ou presque des gens qui nous rencontrent pour la première fois.

          • Ping de Léonidas Durandal:

            Lou,

            Pour vivre heureux, vivons cachés!
            Malheureusement, je ne passe pas inaperçu dans mon genre.

            M.D

            PS : je vais me faire une culture cinématographique grâce à vous…

          • Ping de Léonidas Durandal:

            Bonjour Lou,

            J’avais déjà vu Gone girl. Il me semble que, loin d’être un joker féminin, un personnage atypique, Amy Dunn représente une sorte d’invariant féminin, le désir de contrôler, de garder son homme, le désir d’être comprise, le désir de réussite dans le couple jusqu’à faire jouer un rôle à son homme. L’homme est vraiment perçu comme un idiot, jusqu’à au moment où il commence à comprendre sa femme et à accepter son emprise finalement. N’est-ce pas cela que le film veut démontrer : une sorte de commun pour tous les couples, à toutes les époques, et non une tare géniale.

            Mean girls a été une découverte pour moi, plutôt un bon moment, mais je suis un peu comme le proviseur qui veut dialoguer avec « gros vagin ayant des problèmes de tampon » et qui s’aperçoit que ça le débecte, qu’il est aussi dépassé par ce genre de problématique, et préférant passer la main à sa collègue femme. Je me suis dit « qu’est-ce que c’est épuisant d’être une femme ». Du coup, ça m’a fait penser à la charge mentale que les féministes dénoncent. Finalement, cette charge mentale, les femmes se la mettent elles-mêmes, et elles voudraient que les hommes rentrent dans un tel système de dingos, excusez-moi, mais vraiment c’est ça pour moi. Ca me fait l’effet de ces femmes qui veulent vivre une vie d’hommes et qui s’aperçoivent souvent trop tard, que cela ne correspondait absolument pas à leurs aspirations. Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. La rencontre entre hommes et femmes est déjà bien assez difficile sans vouloir que les femmes deviennent des hommes et les hommes des femmes, dans un gloubiboulga régressif que les femmes appellent de leur voeux dans une plainte contre-productive.

            Mean girls manque tout de même de subtilité et de profondeur, car les comportements de femmes sont hyper violents, et qu’il ne pouvait donc en être autrement. La profondeur, il faut la chercher dans le machiavélisme qu’elles déploient, ce qui a un côté assez rebutant là aussi, comme si les femmes ne pouvaient s’élever que par l’embrouille. Les romans féminins du 19ème sont plus subtiles, comme si nous avions régressé. Vous me direz que Mean girls ne se veut pas une oeuvre d’art profonde, mais je ne suis pas certain qu’il y ait de nos jours de pendant à ces romans du 19ème. Au contraire, je pense que Mean Girls c’est une peinture assez exacte de notre société américanisée, et que ce n’est pas très joli à voir en fait. Une femme contrainte dans le médiocre 19ème siècle bourgeois, semble plus épanouie et élevée que celles-ci. Seule une variété des communautés de filles apporte un peu de complexité à ce magma.

            M.D

        • Ping de Lou de sexe femelle:

          Bonjour Léonidas,

          Je voulais dire par là, qu'Amy Dunn est une antihéroïne  qui parle à beaucoup de femmes de la même façon que le Joker est compris par beaucoup d'hommes. Je vois deux êtres qui sombrent dans la folie par les aspirations propres à leurs  sexes (l'envie d'être aimée, le besoin d'attention pour Amy et le besoin de reconnaissance sociale, la soif de justice  pour le joker). Je vois aussi deux êtres au fonctionnement cérébral atypique qui se sont adaptés là encore, selon les forces de leurs sexes. Une femme ne peut pas (en tout cas moins) d'être une originale vivant aux marges de la société. Il est aussi plus rare qu'elle soit mise à l'écart. Amy n'est pas une femme normale. Une femme normale se laisse plus porter de manière naturelle. Elle dans le camouflage et l'adapatation permamente. Ce degré de calcul et ce conformisme conscient c'est de l'autisme au féminin.

          Pour ce qui est de Mean Girl, je trouve que le manque de subtilité est une façade, il y a des réflexions bien profondes à faire sur le film, raison pour laquelle il reste un classique du genre alors qu'il commence à dater et n'avait pas vocation à être autre chose qu'un petit divertissement pour adolescente. Par contre, il est vrai que cela se concentre beaucoup dur le machiavélisme et ça, bien plus qu'une erreur de notre temps, c'est un soucis des américains. J'ai toujours trouvé que les américains avaient un problème avec la féminité. Ils en ont rarement une vision positive et leurs récentes héroïnes sont presque toujours des intellos un peu garçon manqué qu'ils mettent en opposition avec la femme hypersexuelle (qu'ils confondent avec hyperféminine). Je ne sais pas trop à quoi c'est dû, mais leurd féministes sont bien plus enclines aux théories de genre que chez nous et ce n'est pas pour rien. 

          La "charge mentale" est nécessaire. Une femme qui ne se met pas de charge mentale c'est une femme qui n'est pas dans l'accueil ni le don de soi. Les hommes n'aiment pas en général, il "manque" quelque chose mais il ne saurait dire quoi. Donc ce n'est pas un "système de dingo". C'est un mal nécessaire et encore une fois, je crois que ce serait une plainte qu'on entendrait pas si  les femmes d'intérieure étaient reconnues par leur famille d'abord et par la société ensuite. D'ailleurs, les femmes traditionnelles, avec dix enfants qui devraient avoir le plus de charge mentale sont celles qui s'en plaignent le moins car elles sont très reconnues dans leurs familles et leurs voisinages. 

           

          Après, je ne sais à quelle livre vous faites allusions exactement ( Jane Austen , les soeurs Bronte ?) mais lorsque je les lit,  si je vois effectivement plus de subtilité, je ne vois pas forcément plus d'épanouissement. Ce n'est pas parce qu'une femme est féminine et bonne épouse qu'elle est épanouie. Ce n'est pas comme cela que cela fonctionne. C'est au final assez indépendant, de leurs maris et j'ai l'impression que cette autonomie affective, les hommes ont du mal à le concevoir ou l'envisager. 

          • Ping de Léonidas Durandal:

            Bonjour Lou,

            Amy ne sombre pas dans la folie, elle est femme jusqu’au bout. Pour être un peu provocateur, toute femme se doit d’être comme Amy. C’est la faiblesse de son compagnon que je ne comprends pas. Il aurait dû savoir la dominer jusqu’à ce qu’elle demande la rupture, car finalement, c’est ce qu’elle cherchait, dominer un faible qu’elle pourrait aimer, comme de nombreuses femmes.


             » Une femme ne peut pas (en tout cas moins) d’être une originale vivant aux marges de la société. »

            Non, les femmes, ne le veulent pas. Elles détestent se mettre en marge. D’ailleurs Amy, si vous voulez appeler cela folie, cherche le comble de la normalité, le comble du centre. C’est sa manière d’être extrémiste.


            « Elle dans le camouflage et l’adapatation permamente. Ce degré de calcul et ce conformisme conscient c’est de l’autisme au féminin. »

            L’adaptation est l’exact inverse de l’autisme. Amy est excessivement intelligente socialement.

            « Donc ce n’est pas un « système de dingo ». »
            Je me suis excusé juste avant pour exprimer que c’était mon point de vue d’homme, vu de votre intérieur de femme. De l’extérieur, de mon point de vue d’homme, j’imagine que seules les femmes-femmes plaisent aux hommes, c’est à dire, celles qui ont ce fonctionnement. Mais ça ne m’empêche pas de penser que c’est extraterrestre pour moi et je le suppose, pour bon nombre d’hommes, quand ils perçoivent ce fonctionnement.


            « C’est un mal nécessaire et encore une fois, je crois que ce serait une plainte qu’on entendrait pas si les femmes d’intérieure étaient reconnues par leur famille d’abord et par la société ensuite. »

            Ce sont les féministes qui ont dénigré les femmes d’intérieur, jamais les hommes.

            « D’ailleurs, les femmes traditionnelles, avec dix enfants qui devraient avoir le plus de charge mentale sont celles qui s’en plaignent le moins car elles sont très reconnues dans leurs familles et leurs voisinages. »

            Elles s’en plaignent le moins parce qu’elles sont au milieu d’un environnement qui leur est naturel, contrairement au milieu professionnel que toute femme déteste intérireurement abhorrent.

            « C’est au final assez indépendant, de leurs maris et j’ai l’impression que cette autonomie affective, les hommes ont du mal à le concevoir ou l’envisager.  »
            Je me moque de savoir si ces femmes sont heureuses. C’est un point de vue de femme de vouloir savoir ça. Ce qui est important pour un homme, c’est de savoir si elles étaient plus civilisées. Et elles les sont. Tout comme les histoires d’hommes de Racine ou des Grecs, étaient des histoires de civilisation, de grands sentiments, pas des histoires de gagne petit comme de nos jours.

            M.D

          • Ping de Lou de sexe femelle:

            Bonjour Léonidas,

            J'ai pris le temps de revoir le film pour vous répondre. 

            "Amy est excessivement intelligente socialement."

            Amy sait comment utiliser les affects des gens à ses fins. Néanmoins, elle est incapable de réguler ses sentiments et elle est tombée "amoureuse" de ce qu'un homme projetait artificiellement au monde, sans se soucier de leur compatibilité. Tout l'inverse de ce qu'une femme doit faire. Vous avez raison, elle n'est pas autiste, plutôt sociopathe. 

            "Ce sont les féministes qui ont dénigré les femmes d’intérieur, jamais les hommes."

            Les féministes dénigrent les femmes d'intérieur mais les hommes aussi. De nos jours, dans toute les couches de la société française, on attend qu'une femme travaille et les commentaires désobligeants viennent autant des hommes que des femmes. 

            "Elles s’en plaignent le moins parce qu’elles sont au milieu d’un environnement qui leur est naturel, contrairement au milieu professionnel que toute femme déteste intérireurement abhorrent."

            Je crois surtout que c'est parce qu'elles ne se sentent pas obligées d'être au four et au moulin. Les femmes sans famille et qui travaillent ne se plaignent pas non plus. Ce sont les mères salariées qui galèrent. 

            "Je me moque de savoir si ces femmes sont heureuses. "

            Pourquoi parler d'épanouissement alors ? Ce sont deux choses séparées pour moi, l'épanouissement et la civilisation. 

          • Ping de Léonidas Durandal:

            Bonjour Lou,

            « elle est tombée « amoureuse » de ce qu’un homme projetait artificiellement au monde, sans se soucier de leur compatibilité. »

            D’un certain point de vue, ils se sont révélés compatibles, car quel était l’avenir de cet homme avec une autre femme : la tromper, s’ennuyer, passer à autre chose. Là, elle lui a tenu les couilles comme il l’attendait intérieurement (comme beaucoup d’hommes l’attendent en vérité). C’est sûr, dans le film, le scénariste développe plutôt le point de vue d’Amy. Mais si on se penche sur lui, quelle fatuité. Amy le révèle et en obtient plus que ce qu’aucune femme n’aurait pu obtenir de ce résidu d’homme. Je sens que le scénariste a approché sa faiblesse d’homme à travers Amy.

            « Les féministes dénigrent les femmes d’intérieur mais les hommes aussi.  »
            Je vais vous révéler un secret d’homme assez horrible en fait. Quand les hommes dénigrent les femmes qui ne travaillent pas, ils cherchent à se venger des femmes, à humilier leur désir de mère, à les dominer. Mais intérieurement, ils désireraient des femmes qui restent à la maison. Ceux-là ont peur d’être exploités si la femme est à la maison. Ils ont peur d’être ramenés à des exploiteurs machos. Ils veulent dire aux femmes : « toutes tes soeurs disent que tu veux travailler, alors assumes le discours de toutes tes soeurs ». Alors, si elles travaillent contre leurs désirs, cela les remplit de joie parce qu’ils peuvent avoir un peu plus de pouvoir. C’est une façon d’intégrer le discours social auquel les hommes doivent souscrire, tout en le combattant.

            « Les femmes sans famille et qui travaillent ne se plaignent pas non plus. »
            Les femmes qui n’ont pas d’enfants, de famille, finissent par être complètement désespérées. Certaines vont jusqu’à se faire faire des enfants tant la pression est forte. D’ailleurs la grosse surprise de l’ouverture des PMAs, ça n’a pas été les lesbiennes, mais une putain de cohorte de femmes seules qui sont venues se faire engrosser parce que désormais, la société semblait le tolérer un peu plus. Va falloir que notre société redescende. Si nous ne prenons pas en compte ce que sont les femmes, nous allons continuer à générer une putain de stérilité de masse.


             » Ce sont deux choses séparées pour moi, l’épanouissement et la civilisation.  »

            Pour un homme, ce n’est pas séparé.

            M.D

          • Ping de Lou de sexe femelle:

            "Mais si on se penche sur lui, quelle fatuité"

            Oui, Amy le dit elle-même d'ailleurs. Il n'empêche qu'elle est dans les apparences concernant l'amour et a l'air de ne pas s'inquiéter de savoir si son mari l'aime toujours ce qui me paraît peu naturel.

            "Mais intérieurement, ils désireraient des femmes qui restent à la maison."

            C'est triste et c'est moche. Au point que j'ai du mal à y croire.

            "Les femmes qui n’ont pas d’enfants, de famille, finissent par être complètement désespérées."

            Je parle de la plainte concernant la charge mentale spécifiquement. D'une manière assez ironique, elles sont tristes elles, de ne pas avoir pas de charge mentale. Parce que fondamentalement, ça veut dire que vous n'avez aucun être cher. 

            "Pour un homme, ce n’est pas séparé."

            J'entends bien, mais nous parlions des femmes. La civilisation est une condition nécessaire mais non suffisante pour notre épanouissement.

          • Ping de Léonidas Durandal:

            Bonjour Lou,

             » a l’air de ne pas s’inquiéter de savoir si son mari l’aime toujours ce qui me paraît peu naturel »

            Oui, ça, c’est assez inquiétant. Normalement, c’est par l’amour qu’une femme contrôle un homme. Ici, elle a trouvé un moyen de contrôle plus satisfaisant apparemment, son propre désir. Ce qui n’est pas très « naturel » comme vous le soulignez. Peut-être même assez mâle comme attitude. Tout cela au milieu des faux-semblant. C’est ce jeu de miroir qui est proprement diabolique et dans lequel les personnages sont enfermés. Ainsi l’homme peut-il de venir femme et inversement, ou incarner profondément les faiblesses de leur sexe, sans toutefois jamais se rencontrer. Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver que le mari d’Amy n’est pas à sa hauteur et qu’ils forment un couple banal à la fin. Seule Amy les fait sortir de leur banalité. Il mérite ce qui lui arrive. L’horreur pour moi, c’est le renoncement de cet homme. Elle est sa légitime punition. Elle l’a vaincu et l’horreur s’impose, comme dans notre société d’ailleurs où tous les pouvoirs reviennent aux femmes, du fait des hommes et de leur faiblesse, et ceci pour le pire.

            « La civilisation est une condition nécessaire mais non suffisante pour notre épanouissement. »

            Les hommes ont-ils à se mêler de ce genre de considération ? Au-delà de la civilisation ou en deça, comme on veut, c’est un domaine qui regarde les femmes.

          • Ping de Lou de sexe femelle:

            Bonjour Léonidas,

            " le mari d’Amy n’est pas à sa hauteur "

            C'est vrai, mais je ne vois pas quel type d'homme l'aurait été ? 

             

            " Les hommes ont-ils à se mêler de ce genre de considération ? Au-delà de la civilisation ou en deça, comme on veut, c’est un domaine qui regarde les femmes."

            Non, justement. Ils devraient  arrêter de les prendre pour des idiotes et chercher à les allier à un projet civilisationnel en leur vendant de "l'épanouissement". Comme vous le soulignez, ce n'est pas de la compétence des hommes. Ils devraient faire le projet, exiger des femmes qu'elles soient civilisées et leur laisser la place d'organiser leur épanouissement elles-mêmes. Les RedPill  et autre qui font des vidéos à base de "je dis ça aussi pour le bonheur des femmes" . La vérité comme vous dites, c'est qu'ils veulent une femme traditionnelle avec des valeurs et qu'elle soit heureuse ou non leur est égal. Il devrait l'assumer au lieu de raconter des histoires. Sinon ils apparaissent pour ce qu'ils sont :  de piètres manipulateurs.

          • Ping de Léonidas Durandal:

            « C’est vrai, mais je ne vois pas quel type d’homme l’aurait été ? « 
            C’est pourtant évident. Sa soeur lui donne la recette d’ailleurs : « Tu veux du bois et bien en voilà salope. » Amy a besoin d’un homme qui la batte, qui perde le contrôle parce qu’il serait amoureux. Elle a besoin d’un homme qui briserait son petit confort (bourgeois). Ici, elle finit par obtenir le petit couple parfait. Elle a été obligée de lui donner une leçon pour ce faire. Et le petit garçon est revenu auprès de maman.

            Pour le reste nous sommes assez d’accord. Mais c’est difficile de taper sur l’ambulance. C’est comme avec les pères divorcés. Je pourrais écrire des tonnes et des tonnes sur les complexes de ces hommes si maladroits, leur absence de vue politique, leur fantasme de ramener mémère au bercail parce qu’ils sont de bons garçons au fond, leur inaptitude à se mettre en danger affectif avec une femme et surtout de se remettre en question face à elles, leur bassesse spirituelle qui a fini par faire horreur aux femmes, l’urgence qu’ils ont à trouver une partenaire viable tout autant qu’une femme doit le faire en dehors des questions d’horloge biologique. Mais ce serait apparaître comme le coq qui veut s’imposer dans la basse cours. Exactement ce dont ils n’ont pas besoin. Au contraire faudrait-il réussir à développer une sorte de camaraderie entre hommes. Et j’ai peur qu’en leur tapant dessus très fort, il n’en reste plus rien. Je suis même certain qu’il n’en resterait plus rien. L’homme de nos jours, si ce n’est depuis toujours, est si fragile, si naïf quand il s’agit de sentiments. Et puis les femmes n’autorisent que le viol comme force concurrente. J’y reviens encore, mais les femmes soumettent les hommes notamment par le biais de lois sociales, puis se couchent devant la première brute. Pas si facile d’échapper à cette dialectique, de rester civilisé et d’échapper aux femmes, tout en ne devenant pas un barbare.

            M.D

          • Ping de Lou de sexe femelle:

            J'avais pensé à ça mais je cherchais un modèle qui aboutisse à un couple sain ? J'avais bien pensé qu'elle aimerait beaucoup un homme qui lui ferait vivre de grands bas et de grands hauts mais plus comme une attirance toxique, qu'un homme compatible ? 

            Je vois bien ce que vous voulez dire, ça m'étonne toujours d'ailleurs, de voir des grand gaillards si mal vivre leurs chagrins affectifs…Ca ne correspond pas à l'image de l'homme stoique que l'on s'imagine enfant.

            Pour le viol, c'est surtout que les dames extremistes musellent le reste. Je vous ai raconté ma petite experience facebook anti harcèlement. Quand j'ai fermé la page, j'ai reçu torrent d'insultes et menaces d'une dizaine de folles qui voulaient continuer à pourrir les évènements de garçons innocents. Je supporte mieux la confrontation que la moyenne (je supporte mieux la solitude) des femmes alors j'ai tenu bon. Mais certaines me disait de juste donner l'administration du groupe à celles qui voulaient le continuer et de me laver les mains des conséquences nefastes…Une autre aurait cédé, j'en suis sure. 

  2. Ping de Cyrus:

    Bonjour Monsieur Durandal,

    Je vous félicite de cet excellente analyse du film. Je me permet de vous suggérez de regarder les films suivants et d’en faire une analyse tout aussi brillante :

    La Faille (Fracture) de Gregory Hoblit avec Ryan Gosling et Anthony Hopkins.

    Michael Clayton de Tony Gilroy avec George Clooney.

    L’Enquête (The International) de Tom Tykwer avec Clive Owen.

    Les Marches du pouvoir (The Ides of March) de George Clooney avec, notamment, George Clooney et Ryan Gosling.

    Voilà.

    Amusez-vous bien.

    Cordialement,

    Cyrus

    • Ping de Léonidas Durandal:

      Si vous voulez me faire voir un film alors que je n’ai pas le temps, il faudra me dire quel est celui que vous préférez, bouleversant, qui a changé votre vie. J’aime beaucoup le cinéma, mais je n’ai pas le temps ni l’argent de regarder tous ces films. Je sélectionne les coups de coeur des gens, car derrière l’oeuvre préférée d’une personne, se cache souvent quelque chose de vrai. Cela m’évite de perdre un temps que je n’ai pas.

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