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(Film) « Kingsman » ou l’évolution du discours progressiste

Publié le 17 octobre 2018 par Léonidas Durandal à 9 h 26 min

stériles ce qui évidemment n’est pas montré dans le film). Enfin, il y a des gentils parmi les riches et des méchants parmi les pauvres, les femmes ou les nègres, ce qui est là-aussi un énorme progrès par rapport à bien des films de propagande, surtout si l’on songe que le principal couple de vilains est constitué de manière assez audacieuse par un « homme de couleur » et une femme aux jambes bioniques.

Le progressiste a aussi intégré qu’un jeune blanc sans repère paternel positif était un jeune blanc perdu. Plus de personnages qui peuvent se passer de père, enfin. Du coup, le papa d’Eggsy est mort en héros sans que personne n’ait été mis au courant. Et l’image paternelle d’Eggsy, qui n’est pas son père, lui doit la vie. Ce substitut positif, construction fantasmatique du petit enfant qui change l’ordre du monde pour pouvoir le supporter, n’est pas inintéressante. Tous les enfants traumatisés se racontent des histoires, en particulier sur leurs ascendants, pour se donner une généalogie acceptable. Le film sait qu’il ne faut pas aller raviver une telle blessure chez le petit blanc fragile.

Le père d’Eggsy étant un héros méconnu, dès lors, Eggsy va pouvoir accepter de revêtir la toge virile sociale gauchiste, sous forme séduisante de costume anglais taillé sur mesure. Sur ce point, le progressiste ne nous présente plus les cultures européennes de manière indifférenciée voire négative. Il les accepte comme d’un besoin identitaire nécessaire à l’intégration sociale d’un jeune garçon, spécificité masculine s’il en ait avec la présence d’un mentor. La tradition anglaise, son humour pince sans rire, son détachement, sa lucidité, son sens de la répartie, ses habits classieux y sont mis en valeur. A première vue, Eggsy pourrait apparaître comme un héros identitaire. Cependant, le scénario va retourner ce besoin identitaire en lutte pour la cause commune. La future femelle stérile va remporter le pompon. Avec le petit blanc, ils vont triompher de toutes les épreuves.

My tailor is rich. Les Chrétiens protestants poussés à un crime favorisé par la haine qu’ils entretiennent envers « l’autre »

Les épreuves

Entre l’appel de la banlieue et l’élite corrompue, une mystérieuse organisation se charge de sauver les destinées du monde, le « Kingsman ». Vous noterez que les agents ne sont plus les fidèles serviteurs indifférenciés de sa majesté (agent 007), mais d’un roi mystérieusement absent (kingsman littéralement : l’homme du roi) , d’un binôme fils-père déchu retrouvant sa place, y verraient de plus perspicaces. L’élite corrompue, tout comme le Kingsman, veulent sauver l’humanité de l’affreux réchauffement climatique. Mais là où les premiers ont décidé d’exterminer une bonne partie de l’espèce humaine, les seconds résistent pour continuer de lui laisser une chance. C’est encore plus compliqué, puisqu’une partie des Kingsman va finir par servir les desseins de cette élite corrompue, tandis qu’une partie de cette élite résiste à la tentation sous la forme d’une princesse suédoise. Le spectateur comprend ici, qu’appartenir au camp du bien ne dépend pas/plus de la classe sociale. Le discours communiste a été évacué au profit d’un raisonnement qui se rapproche de plus en plus de la théologie catholique. Cette démarche ne va pas jusqu’à donner des cas de conscience aux héros qui font le bien, mais tout de même. Le progrès est réel.

Autre progrès, cette élite corrompue n’agit pas par volonté de faire le mal. Là aussi comme dans la théologie catholique, les hommes mauvais se trompent eux-mêmes. Ils utilisent leur argent pour sauver la planète, quitte à oublier l’humanité au passage. Ils sont l’humanité en fait, se jugent plus conscients des problèmes du monde que cette affreuse masse démocratique ingérable. Ce sont des hommes qui ont renoncé à convaincre le peuple, qui veulent des actions politiques efficaces pour paraphraser la réplique d’un des personnages du film. Ils veulent se mettre en marche et ne sont pas sans rappeler les hommes du gouvernement Macron qui veulent agir pour agir, quitte à casser des œufs, et à la fin, reproduisant toujours plus les erreurs qui nous ont conduit à la catastrophe. Il n’y a qu’à songer combien notre libéralisme se paye chez nous d’imposition supplémentaire. Mais passons.

Les héros vont réussir à vaincre en se situant dans un entre deux. Ni banlieusard, ni aristocrates, ni machistes, ni féministes, ni blasés, ni totalitaires, ils vont réussir à se sortir des dangers de l’internet (la violence), de l’illusion du libre et gratuit (rôle des cartes sims dans le film) pour se construire « >

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Un commentaire

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    "Au Japon, le nouveau couple impérial instille une dose de progressisme dans la société" Les Echos du 22/10/2019.

    Il y a quelques années, les conservateurs étaient présentés comme les grands libérateurs de ces dames. Désormais, ils seraient jugés comme rétrogrades par rapport au nouvel empereur. Il faut assurer la continuité de la mode féministe. 

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