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Antiféminisme Aimeles

(Film) Romance X de Catherine Breillat (1999) : ce que les hommes français ne veulent pas voir

Publié le 25 octobre 2019 par Léonidas Durandal à 12 h 42 min

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Sur son chemin lutin, Marie va rencontrer l’étalon Paolo, l’homme qui désire avec force, incarné par l’acteur pornographique Rocco Siffredi et sa grosse queue. Le voyou au grand coeur, l’aventurier exotique, le séduisant inconnu du wagon, le capitaine d’industrie, autant d’images pour celle d’un seul homme dans la psyché féminine : l’esclave de son désir pour les femmes, prompt à trouver le moyen de les honorer en toutes circonstances. Son désir est si fort qu’il va tout mettre en œuvre, pour obtenir ce qu’il veut.

Marie va aussi s’attacher au sens propre comme au figuré à Robert, bedonnant besogneux du sexe, et accessoirement le directeur de l’école dans laquelle elle travaille. A noter que Marie lui avoue ne rien connaître en orthographe et ne pas savoir comment elle a pu obtenir son diplôme de professeur des écoles, tout comme elle n’a jamais su comment elle avait pu obtenir le permis de conduire alors qu’elle ne sait pas faire un créneau. La réponse est pourtant claire : parce qu’elle est une femme. D’ailleurs Robert va vite l’excuser de ses bourdes et l’attacher au poteau.

Il y a une version où Marie est en rouge genre petit chaperon rouge

Notre nouvel étalon est un maestro du bondage. Il ne consomme pas, il déguste. Il participe à magnifier le caractère de Marie dans sa soumission. Pourtant laid, il a couché avec un nombre incalculable de femmes. Comment ? Justement parce qu’il est laid et commun.

Bon nombre d’hommes de la sphère masculiniste vont crier à la mauvaise foi et au mensonge. Cependant, il est une évidence que l’homme qui n’est rien, constitue pour une femme le terrain neutre et attirant d’une irresponsabilité soulageante. Du coup, tout est permis avec lui. La beauté de la femme y trouve son pendant gratifiant. La belle et la bête n’est pas qu’un conte. Robert peut alors devenir le réceptacle de tous les fantasmes féminins, dont ceux de Marie qui consistent à se faire ligoter, comme toutes ses nombreuses conquêtes et les autres qui ont rêvé d’explorer leurs limites en la matière (50 nuances de gris).

Enfin, dernier fantasme de cette femme libérée contre son gré  : le viol par un inconnu. Soft bien entendu. Tout est « contre son gré » chez Marie alors qu’elle obtient ce qu’elle désire. Ici, l’inconnu lui propose une passe qu’elle accepte maladroitement (fantasme de prostitution, ou plutôt de vivre du désir des hommes sans avoir à se bouger le cul), avant de se faire méchamment tringler gratuitement (l’honneur est sauf). Encore une fois humiliée, Marie est heureuse. En femme moderne accomplie, elle ne prend son plaisir que dans la souffrance.

Après ces différentes initiations, Marie va pouvoir revenir vers Paul, excitante, et s’approprier sa semence. Car oui, cette épopée n’avait qu’un seul but : obtenir ce que toute femme recherche depuis la nuit des temps, la semence de l’homme qui lui semble digne de perpétuer la race avec elle. Paul étant très inaccessible, Marie se jugeait très valeureuse de lui faire un enfant dans le dos. L’homme voulait une femme distante. Il va être comblé au-delà de ses espérances.

La fin surréaliste met donc en image la mise à mort de l’homme. L’enfant naît, la mère a obtenu ce qu’elle désirait, la femme disparaît et tue le mari tentateur. Voilà. Tout cela pour ça j’oserais dire. Mais comme nombre d’hommes ont de la peine à comprendre, il n’était pas inutile d’enfoncer le (petit) clou (de Paul).

La maternité se double de la mort de l’amant (faites attention aux envies de votre sguègue)

Un brûlot antiféministe

Des différences bien marquées entre hommes et femmes (essentialisme), la description d’une psyché féminine sombre et tortueuse, des femmes traversées par la vénalité, par une omnipotence maternelle, séductrices, prédatrices sous des airs de petites saintes, la force de la passivité féminine, les avantages qu’elle procure dans la vie. Si ce film avait été fait par un homme, pour sûr il y aurait des fémens à l’entrée des salles.

Mais voilà, celle qui l’a réalisé est une femme placée à gauche sur l’échiquier culturel. Et bien des péchés lui seront pardonnés quand tout le monde n’y voit pas que « >

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