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Gloire à mon professeur de Français, M Faure

Publié le 23 janvier 2020 par Léonidas Durandal à 16 h 47 min

J’étais en 4ème. Un jour, à la sortie de son cours, marchant à ses côtés avec deux autres élèves, nous discutions de Marcel Proust et de son professeur de Français qui ne lui voyait aucun avenir en littérature. Je lui avais malicieusement affirmé que c’était peut-être aussi mon cas. Malgré sa très petite taille, il l’avait pris de haut, m’observant brutalement avec son œil faussement sombre tout en m’assénant un « Oh vous, …… (il appelait toujours les élèves par leur nom de famille), ça m’étonnerait ! ». J’avais ri. Et nous en étions restés là.

Avec tous mes camarades, je récoltais des bananes en récompense de mes efforts en rédaction. Il les distribuait avec une générosité folle. Appliquant de manière stricte le précepte d’Alain de ne mettre en valeur qu’un élève en particulier, la masse étant laissée dans le plus grand dénuement possible, entre 2 et 4 sur 20. Voilà qui avait le grand avantage de nous remettre à notre place d’élèves incultes et de stimuler les plus orgueilleux d’entre nous. Nous avions tant à apprendre.

Evidemment, sans parler de sa démarche pédagogique, je n’ai compris toute l’ampleur de son abnégation que bien plus tard. Pourtant déjà je sentais qu’il nageait à contre-courant, et j’en éprouvais d’autant plus de respect pour lui. Il eût été si facile de flatter notre indolence naturelle d’enfants ou pire, nous noter pour asseoir son autorité. Bon professeur, il aurait pu aussi se contenter d’être juste, et laisser les uns et les autres se dépêtrer avec leurs résultats. Non, il voulait nous faire prendre conscience des progrès nécessaires à réaliser.

Je tiens bien à ce mot de « nécessaires ». Il faut certes prendre les élèves là où ils en sont, mais il faut aussi savoir où les amener. Dans la société, l’intégration d’un individu est facilitée s’il possède un minimum de savoirs de base : lire écrire compter. Or déjà à notre époque, nombre d’enfants ne les maîtrisaient pas à 13-14 ans, âge où nos grands-parents agriculteurs devaient quitter l’école. A l’évidence, le travail n’avait pas été fait, notamment en orthographe. Ses auto-dictées nous le montraient. Et elles me permirent de me sauver d’une situation d’incurie en la matière.

Plus tôt, une institutrice de l’ancienne école m’avait déjà secouru dans l’apprentissage de la lecture, parce qu’une gauchiste nous avait massacrés en CP. J’ai appris à lire avec un an de retard. Les banlieusards qui sont restés avec cette fanatique n’ont jamais dû s’en remettre puisque moi-même, avec toutes les études que j’ai pu entreprendre, il m’a fallu des années pour compenser les manques accumulés durant cette période.

Notre bonne institutrice réactionnaire d’un âge antédiluvien dans notre regard d’enfant, impayable garçonne, était mademoiselle, et tenait à se faire appeler « mademoiselle ». Elle n’avait pas la prétention de vouloir se marier à une autre femme, ni de revendiquer le changement, elle était plutôt tenante de l’ordre moral et passait ses vacances à Lourdes, dans la prière. Elle nous inculquait de pieux mensonges comme « Quand on veut, on peut. » Avec M Faure, elle fut l’un des rares îlots qui me permirent de tenir le coup avant d’avoir la chance d’accéder à un vrai savoir dans l’enseignement supérieur.

Bien entendu, j’ai eu d’autres bons professeurs jusqu’au bac, tous hommes, mais ils furent si rares que je peux les compter sur les doigts des deux mains. Je me demande encore aujourd’hui comment j’ai pu me sauver d’un tel ennui. M’est d’avis que le petit Durandal ne s’en sortirait pas aujourd’hui quand il voit par exemple comment le bac est organisé, pour légitimer l’autorité à l’année de professeurs toujours plus médiocres.

Les M Faure n’ont plus le droit de citer, sauf en de rares établissements sélectifs, ou dans les cloaques de l’éducation nationale où les femmes refusent d’aller, et où pourtant, leur apport serait supérieur à celui d’un homme (classes pour neuneus et autres). Ils sont jugés trop durs ailleurs. Le gros de la populace doit se contenter d’une molle féminisation qu’elle encourage, parce qu’elle ne veut pas affronter ses propres manques. Et puis, elle sent très bien que le mensonge a gagné, et qu’il est de plus en plus dangereux de vouloir faire son métier bien. Elle ne veut plus apprendre à ses enfants des valeurs qui vont les perdre.

Toutefois, la « >

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6 Commentaires

  1. Ping de Hancel de sexe male:

    Une rédaction jugée bonne aujourd’hui serait notée médiocre à l’époque des élèves en tablier gris… La vôtre est peut-être digne de Proust, mais à l’avant-dernier paragraphe, il y a deux petites fautes d’inattention…

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