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Antiféminisme Aimeles

La fabrique à consentement : l’exemple du féminisme dans les éditions du Reader Digest avant 1968 (2/2)

Publié le 4 juin 2014 par Léonidas Durandal à 14 h 02 min

que ce narcissisme a été alimenté durant des années par une vie intime où les femmes se sont considérées comme le centre de tout, thème que je vais aborder dans la section suivante.

 

5 Le désir des femmes comme centre de la famille.

La femme exprime facilement ses désirs, en particulier en matière de relation intime. L’homme, ce butor incapable de la comprendre doit être éduqué en la matière. Tout comme l’article de Marya Mannes, celui de Margaret Blair Jonhstone dans “Comment vivre avec une femme ?” en 1954 tente de dégrossir les maris peu attentionnés :

En règle générale, une femme qui se montre foncièrement déraisonnable est en réalité en état de déséquilibre affectif“.

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L’homme doit donc veiller à satisfaire les désirs de sa femme pour qu’elle se comporte bien ! Cet état de soumission objective de l’homme est masqué par une demande “d’autorité, d’indépendance, de décision” de la part de sa femme, demande tout de suite annulée par la suite quand elle affirme “la parfaite sécurité demande qu’aucun des deux ne domine l’autre”, apportant des chiffres et statistiques à l’appui. Ainsi, les hommes sont aimés pour leur “indépendance” mais jamais ils ne doivent “rompre l’unité” dans un ménage car alors “tout ce gâte”. En fait, la demande contradictoire de l’auteur peut se lire autrement : si en dehors de son couple, la femme aimerait bien que l’homme soit indépendant, domine, et prenne des décisions, par contre, à l’intérieur du couple, l’égalité serait préférable. En fait d’égalité, il s’agit ici que l’homme, pour former foyer, ne se distingue pas de sa femme. L’égalité, irréalisable, devient un mode de fusion qui permet à la femme de contrôler d’autant mieux son mari. Si au milieu d’une demande d’attention légitime, cette femme parle aux hommes en des termes vrais, il y a aussi chez elle l’expression d’un dépassement des limites, d’un manque d’humilité, et surtout d’une impossibilité effective qui prend appui sur des idéaux de perfection irréalistes. Il y a également une revendication de groupe bien étrange quand on pense qu’on parle de couples particuliers avec leur vie particulière. S’il s’agissait seulement de décrire, pourquoi pas, ou de parler de son opinion personnelle, on pourrait la comprendre. Mais ici, à l’image d’une féministe, elle se fait la représentante de toutes les femmes et demande à tous les hommes de se comporter comme ceci ou comme cela. La revendication fait politique qui fait rapport de force et guerre. Parallèlement on imagine difficilement un homme de cette époque écrire un article et être publié en demandant à ces dames d’être plus attentionnées dans l’entretien de leur foyer ou des enfants et de se soucier un peu plus de leur bien être de mari parce qu’elles sont nulles, tout au moins dans les principaux journaux. Il faudra en tirer la conclusion que la guerre ne s’est menée que dans un sens, les femmes agissant de manière active pour leurs intérêts, et les hommes les défendant de manière passive au mieux ou même les soutenant par esprit de soumission. A noter que dans ce même article, la notion d’indépendance pour une femme est définie comme une forme d’état d’esprit dans le couple qui ne passe pas forcément par le fait de travailler à l’extérieur. Cette notion semble fluctuer selon les besoins des femmes.

 

Dès 1961, cette guerre des revendications affectives semble gagnée par les femmes. Dans “Ce que les femmes s’attendent à trouver chez l’homme qu’elles épousent.”, le Docteur David Mace fait ce constat lucide

A notre époque, les femmes ont affirmé leur indépendance et renoncé au concept traditionnel de faiblesse inhérent à leur sexe. Cette nostalgie d’une galanterie d’un autre âge ne trahirait-elle pas chez elles le désir égoïste de gagner sur les deux tableaux ?“.

Mais il est déjà trop tard pour empêcher la machine de s’imposer. Et lui-même, alors qu’il est sceptique sur cette duplicité qu’il ne comprend pas, relaie encore les revendications de ces dames qui attendraient que leur mari soit sociable, juste, compréhensif, loyal, franc, tendre, courtois.

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En 6 ans l’éventail des demandes s’est autant élargi qu’il a été satisfait. Car plus question de demander à l’homme de changer son comportement seulement, mais aussi son être profond d’homme traditionnel. L’homme fort qui impressionnait peut-être encore la femme de 1954 doit faire place à l’homme tendre, comme première revendication de ces dames. L’appel à la féminisation est lancé. Les “>

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23 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “Comment France-Info fait passer Anne Hidalgo pour sexiste…”, MPI du 18/10/2018.

    Je me demande où était la mauvaise foi, et quel était l’effet recherché. En ce moment, les attaques ne cessent pas contre Anne Hidalgo. En même temps dire qu’un politique s’occupe des femmes, c’est plutôt lui rendre service en général.  Bref, cela mériterait d’en savoir plus.

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