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AIMELES Antiféminisme

La fabrique à consentement : l’exemple du féminisme dans les éditions du Reader Digest avant 1968 (2/2)

Publié le 4 juin 2014 par Léonidas Durandal à 14 h 02 min

puisse être « sexuelle », c’était déjà déplacer la question vers une fausse problématique.

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Depuis la pornographie s’est bien chargée de faire ce genre « d’éducation » comme l’article l’entendait à l’époque. La difficulté de faire grandir des enfants n’en est pas moins présente. Au contraire. En vérité, l’éducation sexuelle n’existe pas, n’a jamais existée et n’existera jamais, sauf chez les pédophiles. On n’éduque pas un enfant à ce qu’il connaîtra bien assez tôt et naturellement. On l’éduque en lui apprenant à faire passer ses désirs sexuels derrière de plus importants : la volonté de repecter l’autre dans sa différence, l’engagement, la loyauté. Voilà une éducation qui reste à faire au 21ème siècle.

En 1969 dans « Au pays de la contraception », J Robert Moskin fait passer le Reader’s Digest de l’autre côté de la barrière, entièrement. La « révolution de mai 1968 » induit de nouvelles perspectives pour les éditeurs quant à l’éducation sexuelle des populations.

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J Robert Moskin qui a écrit l’article est une sommité intellectuelle de son pays (USA). Marines durant la seconde guerre mondiale, correspondant de presse durant de nombreuses guerres, photographe écrivain dans le magazine Look, Saturday review, Collier’s, directeur de publication de l’institut Aspen et Commonwealth, formé à Harvard, il fait partie de ces anciens militaires amoureux de son pays et dont on dirait qu’ils ont été aussi promus pour cela. Pour bien comprendre le contexte, l’institut Aspen est un fond qui tente de faire débattre l’élite intellectuelle d’une nation afin de faire émerger des politiques novatrices. Il a émergé aux USA et s’implante désormais à l’international. Il forme réseau entre ses différentes représentations nationales et est d’ailleurs présent en France. L’institut Commonwealth cherche des moyens pour améliorer la protection sanitaire des populations. Pour ces deux organisations, la question de la place des femmes est centrale pour faire « évoluer » les sociétés, surtout traditionnelles. Le non parti pris affiché de ces instituts cache en fait un type de croyance ancré dans l’immanence : l’humanité aurait les moyens de se définir seule. Ses orientations politiques plus optimales seraient déterminées par une élite objective, qui au nom du don d’intelligence qui lui aurait été fait par la nature, serait plus à même de la guider, en suivant « ce qui marcherait » ou pas, en somme, sans tenir compte d’une quelconque forme de Révélation. L’efficacité comme culte. De même, il me faudra faire remarquer que J Robert Moskin n’est pas engagé politiquement de manière directe. Comme de nombreux autres journalistes qui sont intervenus dans le Reader’s Digest durant ces périodes, il appartiendrait plutôt à une élite culturelle chargée de diffuser la bonne parole dans les arts ou la science. Dans cette forme d’engagement, l’appartenance politique serait conçue comme une sorte de frein à la propagation des idées progressistes (libérales laxistes sociétales de gauche, libérales laxistes économiques de droite).

Pour revenir à cet article important maintenant que je l’ai contextualisé, J Robert Moskin va présenter au lecteur, comme dans l’article de James Albert Michener à propos de la femme japonaise, la description idyllique d’un pays étranger qui va nous montrer la voie du progrès et dont nous allons entendre parler souvent désormais : la Suède. Malgré tout, cet exemple que J Robert Moskin juge positif et qu’il nous donne en pâture soulève bien des questions. Là-bas, la limitation des naissances y serait vue comme une évidence. Pour l’auteur aussi. Et elle se conjuguerait avec une nouvelle forme de morale bien étrange qui voudrait que « sauf quand on désire avoir un enfant, l’on fasse usage de contraceptifs. » Ainsi l’acte procréatif serait défini en négatif de l’acte sexuel, un véritable comble. En dehors d’une sexualité procréative, la pilule contraceptive serait là. Car

« pour limiter les fruits indésirables de la sexualité, la société a le choix entre les tabous et la diffusion de méthodes anti-conceptionnelles. De toutes évidences, les tabous n’ont plus aucune efficacité dans une société qui bénéficie de la prospérité économique avec ses avantages sociaux, et de l’usage scientifique de la contraception. »

En dehors de l’horrible expression « les fruits indésirables de la sexualité » qui rabaisse, et la sexualité, et celui qui pense ainsi, il faudra noter que pour ce journaliste, le tabou n’existerait plus dans une société riche. On pourra en conclure que le sacré et les limites à la perversion qui sont liés à la présence du tabou, ne concerneraient que les sociétés pauvres. Belle définition pour une fin de race riche. Et si tout cela pouvait encore se discuter, mais on n’y peut rien ma « >

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24 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Comment France-Info fait passer Anne Hidalgo pour sexiste… », MPI du 18/10/2018.

    Je me demande où était la mauvaise foi, et quel était l’effet recherché. En ce moment, les attaques ne cessent pas contre Anne Hidalgo. En même temps dire qu’un politique s’occupe des femmes, c’est plutôt lui rendre service en général.  Bref, cela mériterait d’en savoir plus.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) « Propaganda – La fabrique du consentement – ARTE » Arte +7 du 29/05/2018.

    Evidemment, les gens sont des imbéciles pour les gauchistes. Somme toute, à part la « libération de la femme », le capitalisme a plutôt réussi dans ses objectifs. Indirectement, ils justifient la propagande, mais surtout, la manipulation. Car leurs solutions n’en sont pas. Evidemment que la société civile doit réussir à s’organiser contre ces trusts. Il n’y a pas d’autres solutions. L’interdiction de la propagande reviendrait à nous priver de nous exprimer. Ce que d’ailleurs les gauchistes ont réussi à faire chez nous, et ce qu’ils entreprennent aux USA.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Hollywood prépare un film sur la genèse du mouvement #MeToo », L’Obs du 30/04/2018.

    Est-ce que ce film parlera de la prostitution de la majorité de ces actrices ? Là aussi, où nous apprenons en France que deux femmes ont monté la cabale pour « protéger » leurs soeur, effet ruche oblige.

  4. Ping de julien le jacobite:

    21 pages ! Auriez-vous une version en une page de votre article, qu’on puisse le lire hors-ligne et l’enregistrer ? Je comprends l’idée de présenter en colonnes à la façon d’un livre, mais il faut s’y faire, les règles du livre ne valent que pour le livre… le style contemporain, c’est le rouleau de parchemin…

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    « La descente aux enfers de la presse allemande », Bd Voltaire du 31/01/2016.

    Où un ancien journaliste révèle les liens de la presse allemande et de la CIA. La presse, le 4ème pouvoir ? Pas pour les dhimmis des USA.