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AIMELES Antiféminisme

La fabrique à consentement : l’exemple du féminisme dans les éditions du Reader Digest avant 1968 (2/2)

Publié le 4 juin 2014 par Léonidas Durandal à 14 h 02 min

comme religion et donc que nous pourrions suivre le plan de quelque dieu obscur, mais sans Révélation. En suivant cette logique, si la morale n’existait plus, l’infanticide par avortement, « ce grand destructeur de la paix » comme le définira Mère Thérésa, devenait possible. En tous cas, cela semble une évidence pour « le personnel médical » suédois de l’époque. Les statistiques partielles (pourquoi ne parler que du « personnel médical » ?), imprécises (qu’est-ce que veut dire « personnel médical » ?), incomplètes (où sont les chiffres, les références à l’étude, les résultats contradictoires ?) qui auront été insérées dans le texte auront su créer un effet d’assentiment général auprès d’un lecteur majoritairement non averti.

 

7 La sacralité du mariage mise en doute.

 

L’indépendance menteuse des femmes, l’autorité paternelle attaquée, l’homme dénigré, le célibat des femmes encouragé, les infanticides par avortement et la sexualité hors mariage et médicalisée tous promus, cela n’aurait servi à rien, si les autorités morales avaient réussi à défendre la sacralité de l’union entre un homme et une femme. Il fallait donc que celle-ci soit relativisée. Tout l’art consistait à attaquer l’union d’un homme et d’une femme, mais sans le laisser paraître. En effet, ce désir de plénitude à deux pour la vie, profondément ancré dans le coeur de l’homme, belle idée entre toutes celles qui ont été inspirées à l’humanité, pouvait difficilement être remise en question de manière directe.

En 1958 dans « Il n’y a pas que l’amour », Emily Hartshorne Mudd, fille de suffragettes, militante du planning familial (les Français catholiques ne sauront jamais quel est le pedigree des personnes qui auront écrit les articles qu’on leur aura fait lire), suggère que les questions identitaires pourraient être un obstacle infranchissable à la vie commune entre mari et femme, qu’il faudrait bien réfléchir aux conséquences d’un mariage mixte ( en terme de religion, de culture et de richesse).

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Si cette femme avait bien raison d’un point de vue pragmatique, par contre en ne plaçant pas Dieu en premier dans la relation entre un homme et une femme, elle n’offrait aucune perspective de vie à ceux et celles qui auraient voulu vivre leurs différences intrinsèques. Or l’altérité sexuelle même oblige à une confrontation identitaire radicale qu’il faut savoir dépasser, dans n’importe quel couple. Ici, la théologie protestante s’immisce dans le discours de la journaliste pour séparer les communautés, les hommes et les femmes, et leur fait prendre en compte des réalités qui devraient pourtant passer derrière la sacralité du mariage. A force d’insister sur des différences toujours présentes entre personnes, l’être identique à soi devient préférable à tout autre car dans cette optique, toutes les différences s’accumulent pour empêcher la vie commune, au lieu d’être transcendées par une volonté de se tourner vers l’Unique. C’est la situation aux USA là où la philosophie protestante a été jusqu’au bout de sa démarche, et désormais c’est aussi la situation en France maintenant que nous sommes devenus majoritairement non pratiquants et qu’il a fallu que nous nous convertissions à cette théologie forte venue d’ailleurs. Nous ne pouvons pas comprendre l’augmentation des séparations et leur fragilité sans comprendre cela. Or dans la France de l’époque, la pratique catholique était encore bien ancrée dans la société. Le prêtre pouvait marier des personnes issues de classes sociales différentes et toute l’Eglise travaillait à souder ces unions. De même la société s’évertuait à unir des hommes et des femmes et travaillait à nous faire accepter nos différences, plagiant ainsi l’Eglise dans ce qu’elle avait de meilleur. En relativisant le mariage, en plaçant Dieu derrière les hommes, ce genre d’article a donc constitué ce que l’on pourrait nommer une attaque frontale contre une conception des rapports humains qui avait tout de plus élevé en termes moraux.

 

Comme je l’ai déjà écrit, les attaques trop directes, ne sont pas forcément les meilleures. Les romans, les histoires à l’eau de rose sont des médias bien plus efficaces pour manipuler un lecteur car ils travaillent son imaginaire. En 1959 dans « Deux cierges et demi », le Reader’s Digest édite donc le romancier F T Flahiff qui s’attaque à la religion catholique et à la sacralité du mariage en utilisant tout son art de la fiction. Dans son texte, un pauvre hère, Mike, tue sa maîtresse fraîchement débarquée de Pologne. Il est condamné à mort. Entre-temps on apprend de la bouche de cet assassin dans un langage de petit nègre sensé attendrir le lecteur, qu’il l’a tuée parce qu’elle était mariée en Pologne « >

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24 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Comment France-Info fait passer Anne Hidalgo pour sexiste… », MPI du 18/10/2018.

    Je me demande où était la mauvaise foi, et quel était l’effet recherché. En ce moment, les attaques ne cessent pas contre Anne Hidalgo. En même temps dire qu’un politique s’occupe des femmes, c’est plutôt lui rendre service en général.  Bref, cela mériterait d’en savoir plus.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) « Propaganda – La fabrique du consentement – ARTE » Arte +7 du 29/05/2018.

    Evidemment, les gens sont des imbéciles pour les gauchistes. Somme toute, à part la « libération de la femme », le capitalisme a plutôt réussi dans ses objectifs. Indirectement, ils justifient la propagande, mais surtout, la manipulation. Car leurs solutions n’en sont pas. Evidemment que la société civile doit réussir à s’organiser contre ces trusts. Il n’y a pas d’autres solutions. L’interdiction de la propagande reviendrait à nous priver de nous exprimer. Ce que d’ailleurs les gauchistes ont réussi à faire chez nous, et ce qu’ils entreprennent aux USA.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Hollywood prépare un film sur la genèse du mouvement #MeToo », L’Obs du 30/04/2018.

    Est-ce que ce film parlera de la prostitution de la majorité de ces actrices ? Là aussi, où nous apprenons en France que deux femmes ont monté la cabale pour « protéger » leurs soeur, effet ruche oblige.

  4. Ping de julien le jacobite:

    21 pages ! Auriez-vous une version en une page de votre article, qu’on puisse le lire hors-ligne et l’enregistrer ? Je comprends l’idée de présenter en colonnes à la façon d’un livre, mais il faut s’y faire, les règles du livre ne valent que pour le livre… le style contemporain, c’est le rouleau de parchemin…

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    « La descente aux enfers de la presse allemande », Bd Voltaire du 31/01/2016.

    Où un ancien journaliste révèle les liens de la presse allemande et de la CIA. La presse, le 4ème pouvoir ? Pas pour les dhimmis des USA.