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AIMELES Antiféminisme

La fabrique à consentement : l’exemple du féminisme dans les éditions du Reader Digest avant 1968 (2/2)

Publié le 4 juin 2014 par Léonidas Durandal à 14 h 02 min

et qu’elle ne pouvait ni divorcer, ni vivre sans lui. Ils étaient amoureux mais leur liaison était impossible à cause du l’engagement indéfectible qu’elle avait pris dans son pays d’origine (catholique).

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L’auteur américain a beau jeu de faire parler les juges qui condamnent Mike à mort, parce que c’est la loi, tout en leur faisant dire que le vrai jugement se fera entre Mike et Dieu directement, théologie protestante oblige, et que dans ce cas, la sentence n’est pas certaine. Il l’aura tuée par amour, la société l’aura tué par respect des lois humaines, mais Dieu saura les pardonner tous, à coup sûr ! Ou comment l’idée de responsabilité individuelle en direct avec Dieu peut amener à une irresponsabilité complète tant au point de vue personnel que social, mais aussi amener au manque de compassion sur terre, ou encore à légitimer les pires horreurs, dont une peine de mort pour laquelle le personnage d’un juge n’était pas moralement convaincu qu’elle soit justifiée. Que l’histoire ait été réelle, ou pas, elle en dit plus long sur la psyché de l’auteur qu’il n’aurait voulu en laisser transparaître.
En 1962 dans « Le délicat équilibre d’un mariage heureux », Ernest Havemann, journaliste au Washington Post, psychologue, n’hésitant pas à publier dans les colonnes de Playboy pour faire avancer la cause (laquelle ?), défend le mariage conscient. Là encore, les époux doivent assumer leur quotidien à force de moyens humains, de volontarisme et autres niaiseries psychologiques. Le travail de la femme y est vu de manière exclusivement positive. Le divorce est toujours une solution face aux problèmes. Des époux de milieux sociaux différents n’ont presqu’aucune chance de s’entendre.

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Tout cela semble très réaliste, très matérialiste, mais manque absolument de l’essentiel. Si tous les conseils qu’il donne, tombent sous le coup du bon sens, et mettent l’accent sur les efforts nécessaires que deux mariés doivent accomplir l’un envers l’autre, les moyens proprement humains qu’il propose ne sauraient suffire pour dépasser les obstacles inhérents à la vie de couple. Elles limitent les perspectives du lecteur à un semblant d’amour. Conséquence de ce genre de pensées : soit le mariage intra-communautaire, soit un probable divorce. Le lecteur est piégé. Il ne peut comprendre qu’une autre conception des rapports humains existe, plus élevée qui ne débouche pas sur une forme de violence mimétique et qui n’a pas trait au profane de la psychologie.

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Conclusion : l’idée même que le Reader’s Digest puisse être défini par Wikipédia comme conservateur montre l’ampleur de la manipulation idéologique à laquelle les lecteurs de ce magazine ont été soumis. Car si lecteurs de ce magazine étaient bien conservateurs, je suis certain que son contenu ne l’était pas. Après avoir étudié seulement une trentaine d’exemplaires d’après-guerre du Reader’s Digest, tant au point de vue publicitaire qu’idéologique pur, le constat est lourd et insistant. Le lecteur français de cette revue aura été confronté, sans le savoir à l’époque, à une idéologie progressiste et fortement corrosive pour sa société, à une fabrique à consentement telle qu’elle est définie par Noam Chomsky avec pour caractéristiques présentes une idéologie libérale-libertaire qui se sera attachée à saper les fondements de sa société traditionnelle notamment concernant :

  • l’interdépendance sociale et familiale,
  • la sacralité du mariage,
  • l’indépendance d’esprit masculine,
  • le respect sexuel,
  • l’humilité de l’épouse,
  • la responsabilité honorée du mari et du père,
  • la reconnaissance du travail de mère,
  • le respect des enfants,
  • la place première de Dieu comme règle de vie fructifère.

 

Ces valeurs auront été d’autant plus attaquées en France que les auteurs  s’adressant à des catholiques auront importé majoritairement leur grille de lecture protestante du monde, matérialiste,  emprunte de rapports humains profanes ou immanents.

La présentation séduisante du magazine, les propos bien amenés déstabilisants et rassurants alternativement, la technique d’écriture largement maîtrisée de la part des intervenants professionnels haut de gamme du monde intellectuel américain, l’absence de contradiction idéologique à l’intérieur de ce journal de référence, auront contribué à renforcer l’assentiment à ces idées progressistes chez le lecteur lambda. Les articles se surajoutant les uns aux autres au fur et à mesure des années auront su créer en lui un sentiment de cohérence et d’unité. Il faut dire que je n’ai pas trouvé un seul article parmi plus de 600 que j’ai pu consulter qui contredise ce fonctionnement idéologique bien rôdé : fausse soumission du féminin, féminisme indirect, féminisme fiction, perspectives novatrices pour « >

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24 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Comment France-Info fait passer Anne Hidalgo pour sexiste… », MPI du 18/10/2018.

    Je me demande où était la mauvaise foi, et quel était l’effet recherché. En ce moment, les attaques ne cessent pas contre Anne Hidalgo. En même temps dire qu’un politique s’occupe des femmes, c’est plutôt lui rendre service en général.  Bref, cela mériterait d’en savoir plus.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) « Propaganda – La fabrique du consentement – ARTE » Arte +7 du 29/05/2018.

    Evidemment, les gens sont des imbéciles pour les gauchistes. Somme toute, à part la « libération de la femme », le capitalisme a plutôt réussi dans ses objectifs. Indirectement, ils justifient la propagande, mais surtout, la manipulation. Car leurs solutions n’en sont pas. Evidemment que la société civile doit réussir à s’organiser contre ces trusts. Il n’y a pas d’autres solutions. L’interdiction de la propagande reviendrait à nous priver de nous exprimer. Ce que d’ailleurs les gauchistes ont réussi à faire chez nous, et ce qu’ils entreprennent aux USA.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Hollywood prépare un film sur la genèse du mouvement #MeToo », L’Obs du 30/04/2018.

    Est-ce que ce film parlera de la prostitution de la majorité de ces actrices ? Là aussi, où nous apprenons en France que deux femmes ont monté la cabale pour « protéger » leurs soeur, effet ruche oblige.

  4. Ping de julien le jacobite:

    21 pages ! Auriez-vous une version en une page de votre article, qu’on puisse le lire hors-ligne et l’enregistrer ? Je comprends l’idée de présenter en colonnes à la façon d’un livre, mais il faut s’y faire, les règles du livre ne valent que pour le livre… le style contemporain, c’est le rouleau de parchemin…

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    « La descente aux enfers de la presse allemande », Bd Voltaire du 31/01/2016.

    Où un ancien journaliste révèle les liens de la presse allemande et de la CIA. La presse, le 4ème pouvoir ? Pas pour les dhimmis des USA.