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« La faute de l’abbé Mouret » Emile Zola (1875)

Publié le 17 septembre 2016 par Léonidas Durandal à 15 h 44 min

vie grâce à Albine, image tout autant d’Eve que de Marie.marie Il va connaître le monde, et donc le péché grâce à elle. Elle va être l’instrument de sa naissance mais aussi de sa perdition. Tentatrice, elle le guérit grâce à la nature environnante et la lui fait apprécier, mais l’envers de ce vécu paradisiaque est l’acceptation d’une mort définitive et la damnation éternelle. Elle ne pourra le laisser inconscient d’un tel revers.

Ainsi l’Église et la nature s’affrontent-elles dans ce roman en un combat sanglant. Définitivement irréconciliable, l’une mène à la putréfaction de la mort au milieu d’une vie de plaisir, l’autre mène à la vie éternelle au milieu de l’ascétisme. Le frère Archangias est le « chien de Dieu » tel qu’il se définit. A l’image d’un ange, il ne réfléchit pas, il boute le mal hors de lui et hors des autres, le fend, le bouscule, obéit à Dieu quoiqu’il puisse arriver.
archangias2C’est une brute épaisse opérateur des basses œuvres. Lui-aussi a été soumis à la tentation mordante de la chair plus jeune et il jalouse d’ailleurs un peu l’abbé Mouret de s’être laissé aller, car « la faute des uns entraîne forcément la faute de l’autre ». Il invite donc l’abbé Mouret à rejeter le mal avec force, ce qui signifie pour lui, rejeter Albine, le Paradou et toute tentation liée à l’ordre naturel de reproduction. Il est l’initiateur de l’Abbé Mouret qui s’est réfugié trop longtemps dans l’innocence mariale.

De Marie, l’abbé Mouret va passer à Albine, avant de devenir un homme, c’est à dire conscient du péché et luttant contre, en lui. Albine et Serge forment un couple à l’image d’Adam et Eve. Après avoir pénétré et fécondé sa moitié, Serge va prendre conscience de leur nudité comme dans la Genèse après qu’Adam eût croqué la pomme. Par contre, sortant lui-même du paradis, et non chassé par Dieu, eveil va retourner aux Artaud puis subir une dernière grosse tentation dans un retour au Paradou en forme de chemin de croix où il tombera trois fois à l’image de Jésus, avant qu’Albine ne le rejette définitivement en constatant que seul son corps lui appartient désormais. L’âme libre, soutenu par sa foi, Serge Mouret va laisser Albine mourir et symboliquement leur enfant aussi. Dans ce combat entre l’Église et la nature, la première vaincra. Il continuera son sacerdoce de prêtre suivant en cela les paroles des saintes écritures qui exigent de ne pas se retourner sur son passé pour suivre Jésus, jusqu’à laisser femme et enfants.

La découpe de l’oreille du frère Archangias dans le cimetière, ressemble à l’altercation de Pierre avec les soldats lors de l’arrestation de Jésus. pierre2Dans un des textes d’Evangiles, Jésus recolle l’oreille du soldat romain. Ici, l’acte de Jeanbernat résonne comme un défit envers Archangias. « Que ton Dieu te recolle l’oreille s’il existe ». Mais frère Archangias jette l’oreille sur le fumier tandis que la vache de Désirée met bas un joli petit veau. Ici la nature prend le dessus.

Le conflit entre les personnages, Jeanbernat-Archangias, Albine-Serge ou encore Désirée-Archangias, vient renforcer l’opposition nature-culture développée par Emile Zola. La nature qui ne se pose pas de question à l’image de sa sœur simplette, vit en toute harmonie avec son environnement, ainsi que les habitants du hameau des Artaud. Ils se reproduisent dans n’importe quelle condition. fermiereLes questions spirituelles leur échappent. Ils ne peuvent s’élever bien haut et survivent sans conscience de leur péché. Faisant partie pleine et entière de la nature, Désirée tue les animaux de sa basse-cours avec une joie non dissimulée. Elle ne s’embarrasse pas d’anthropomorphismes intellectuels comme le ferait une défenderesse des animaux dans notre société actuelle. Filles et garçons du village s’accouplent selon affinités, et ne se marient que contraints et forcés quand un enfant naît de ces unions sauvages. Sur ce dernier point, les mœurs sociales ressemblent un peu à ce que notre monde est devenu tandis qu’à l’époque d’Emile Zola, ces situations restaient anecdotiques.

Ainsi, cet ouvrage pose des questions très actuelles sur la spiritualité ou notre rapport à l’animalité. Nous vivons dans un monde qui essaie de retrouver un état de nature et qui régresse dans la pratique de sa religion, mais aussi qui tente par tous les moyens de séparer nature et culture (voir les unions de duos homosexuels par exemple). C’est peut-être un des « >

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