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La grâce et la liberté dans le monde Poursuivre un peu plus loin l'acharnement théologique

Publié le 14 avril 2021 par Léonidas Durandal à 10 h 30 min

que de Le mettre en question. L’humain n’a pas le choix. Il a le devoir de chercher Dieu à travers cette imperfection qui a été voulu par Lui.

Donc l’homme est libre ? Certes. Mais cela ne veut pas dire qu’il puisse faire n’importe quoi. Comme je l’ai déjà mentionné, cette liberté n’exclut pas des limites. Au contraire, ces limites sont sources de développement pour lui, tout comme les limites que Dieu se donne Lui procure une dimension supplémentaire qu’Il n’avait pas jusque là. Vous n’avez qu’à songez à ces artistes qui se fixent volontairement des limites pour créer : les uns écrivent sans « e » dans leur texte, d’autres ne peignent que d’une seule couleur, et en vérité, chaque artiste renonce à une multitude de voie pour cultiver la sienne. Et pourtant vont-ils produire des oeuvre dîtes « originales » d’autant plus qu’ils se seront donnés des limites qui ont du sens et qui correspondent à leur charisme.

Même tous ces artistes contemporains qui se sont donnés pour objectif de créer sans limite, ont dû se donner des règles, car il était impossible d’aller vers nulle part et de cultiver l’absurde pour l’absurde, quand bien même ils l’eurent expressément voulu.

A partir du moment où nous créons, nous faisons des choix qui nous engagent, et qui vont dans un sens bien précis tout autant qu’ils sont le fruit d’une généalogie particulière. Et plus encore, ce monde de la création est soumis à des règles, des canons esthétiques par exemple. Cette volonté d’échapper aux règles, fut bien significative de notre époque cherchant à échapper à Dieu.

Plus généralement, l’homme peut se donner des règles, et ce faisant, il découvre celles que Dieu a instaurées et qui nous mènent à la fin des temps. L’eschatologie n’est pas une longue succession d’événements tous connus les uns des autres. Elle est un entonnoir par lequel l’humain est obligé de passer s’il veut rencontrer son Seigneur. L’humain peut refuser les règles de Dieu. Il peut faire son propre malheur et reculer ainsi la fin des temps. Mais il ne peut pas changer les règles que Dieu a données au monde. Je parle de lois physiques, je parle de lois sentimentales, je parle de lois mathématiques etc. Toutes ces lois concourent à complexifier le monde et à organiser la fin des temps, ou plutôt à organiser la rencontre avec Dieu.

Il fallait que le Christ vînt. Dieu l’avait prévu. Mais Dieu ne savait pas quand les hommes choisiraient de l’accueillir en quelque sorte, quand ils seraient mûrs pour Lui faire une place dans leur histoire. Il y a 2000 ans à peu près, les hommes furent disposés à accueillir cette parole et cette parole leur fut donnée. Depuis, ils apprennent dans les pires difficultés à l’intégrer (Jean 16 12). Les progrès que nous avons menés en ce sens, sont pour ainsi dire, nuls. Nous en sommes aux débuts. Toujours aussi veules, toujours aussi lâches, toujours aussi soumis au groupe, toujours aussi incapables de faire naître la vie, nous avons cependant reçu la parole qui libère et elle travaille notre humanité quand bien même nous régresserions sur ce chemin, par refus de la prendre en compte.

 

L’homme est-il libre ?

A juste titre les communistes me feront remarquer que nous sommes contraints par les circonstances. Que scientifiquement tout est déterminé. Que l’homme n’est qu’un fétu de paille jeté au milieu de la collectivité. A ce compte là, la nature déchue de l’homme devrait le pousser inévitablement vers la disparition ou à n’être qu’une particule élémentaire au milieu d’un groupe touffu. Et pourtant tel n’est pas le cas. Depuis l’avènement de Jésus tout au moins, des humains ont échappé à cette règle et ont même édifié des civilisations individualistes florissantes et soucieuses du groupe.

Concernant le péché originel de l’homme (à travers le concept de nature déchu que je viens d’employer), je n’ai même pas envie de discuter de ce fait, tant il semble avéré dans l’histoire humaine. Ce n’est pas la société qui pervertit ou non l’homme. La société le fait vivre dans un état de nature béat et inconscient, au mieux. Puis, dès que l’homme cherche à exercer son libre arbitre, va-t-il se retrouver face à la nécessité de dominer cette nature qu’il confondait par le passé avec le bien. Plus simplement, à partir du moment où il va prendre conscience de sa liberté, il va se retrouver face à la possibilité de commettre des abus que l’Église a essayé de traquer à travers le concept « >

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Un commentaire

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)
    évêque, théologien et martyr

    Contre les hérésies, IV, 37 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible avec les Pères, t. 1; Médiaspaul 1988; p. 24 rev.)
    « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire ne verra pas la vie »
    Dieu a fait l’homme libre (…) pour qu’il puisse répondre à ses appels de façon volontaire et sans contrainte. La violence, en effet, n’existe pas chez Dieu, mais sans cesse il nous invite au bien. Il a mis en l’homme le pouvoir de choisir, comme il l’avait fait pour les anges. (…) Et ce n’est pas seulement dans le champ de son activité, mais c’est aussi dans le domaine de la foi que le Seigneur a sauvegardé la liberté (…) de l’homme. Il dit en effet : « Qu’il te soit fait selon ta foi » (Mt 9,29). Il montre ainsi que la foi appartient en propre à l’homme, puisqu’elle relève de sa décision personnelle. Il dit encore : « Tout est possible à celui qui croit » (Mc 9,23), et ailleurs : « Va, qu’il te soit fait comme tu as cru » (Mt 8,13). Tous ces textes montrent que l’homme oriente lui-même sa destinée selon qu’il choisit de croire ou non. C’est pourquoi « celui qui croit au Fils a la vie éternelle, tandis que celui qui ne croit pas en lui n’a pas la vie éternelle ». (…)

    Alors, dira-t-on, il aurait mieux valu que Dieu ne crée pas les anges avec la possibilité de transgresser sa Loi. Il n’aurait pas dû non plus créer les hommes, puisqu’ils allaient devenir si vite ingrats envers lui : en effet, c’était le risque attaché à leur nature raisonnable, capable d’examiner et de juger. Il aurait dû les faire à la ressemblance des êtres sans raison et sans principe de vie propre. (…) Mais, dans ce cas, le bien n’aurait aucun attrait pour les hommes, leur communion avec Dieu aucune valeur à leurs yeux. Le bien n’éveillerait pas en eux le moindre désir, puisqu’il serait acquis sans qu’ils aient à le chercher (…) ; le bien serait inné en eux, allant de soi. (…) Si l’homme était bon par nature et non par volonté (…), il ne comprendrait plus que le bien est beau, il ne pourrait pas en jouir. Quelle jouissance du bien pourraient avoir ceux qui l’ignorent ? Quelle gloire, ceux qui n’auraient fait aucun effort ? Quelle couronne, ceux qui n’auraient pas lutté pour l’obtenir ? (…) Au contraire, plus notre récompense résultera d’un combat, plus elle aura de prix ; plus elle aura de prix, plus nous l’aimerons.