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AIMELES Antiféminisme

La grâce et la liberté dans le monde Poursuivre un peu plus loin l'acharnement théologique

Publié le 14 avril 2021 par Léonidas Durandal à 10 h 30 min

de « 7 péchés capitaux ».

Encore reclus dans sa forêt, parfois de béton, l’homme est la victime des circonstances, un simple animal doté d’une possibilité d’agir différemment, mais qu’il na pas forcément la volonté de mettre en oeuvre. Ne se pose pour lui la question du bien et du mal qu’à partir du moment où il va vouloir s’élever. Et cette élévation qui passe par la Croix, lui fera alors prendre conscience de son absolue médiocrité. Tel est le péché originel.

Est-il pourtant condamné à suivre des règles fixes qui lui éviteront d’avoir à se confronter à sa nature déchue proprement humaine ? En d’autres termes, sera-t-il obligé de se reclure soit dans une inconscience absolue, soit dans une conscience de sa détermination absolue ? Car voilà la liberté qui est offerte à l’homme sans le vrai Dieu : choisir d’être un pion dans un groupe plus large et qu’il cautionne (une oumma), et alors restera-t-il un animal. Ou bien choisir de vivre libre et alors, devant l’infini des possibilités, il commettra erreurs sur erreurs, s’enfoncera dans le péché avant de s’auto-détruire (laïcisme). Nous voilà mari comme qui dirait. L’abîme de choix que j’évoquais précédemment, ne serait donc qu’un non choix ? Dieu aurait laissé l’homme libre de ses mouvements pour l’enfermer entre inconscience crasse et servage volontaire.

Mais voilà qu’une autre règle préside aux destinées de l’homme, règle qui nous vient de Dieu : celle qui contre toute attente nous permet de choisir Dieu, de lui demander conseil, en somme, d’entrer en relation avec Lui, et dès lors, de devenir libres. Car ce faisant, les déterminismes disparaissent comme par magie. Le baptisé qui était le fruit du péché et qui n’avait que vocation à abuser d’autres humains en devenant conscient, se transforme au contact de Dieu, parfois par un long travail, en une personne lucide quant à ses limites et propre à devenir meilleure. Miracle s’il en est. La personne inconsciente se tournant vers Dieu, comprend qu’elle n’est rien, que toute cette image sociale dont elle se gargarisait n’était qu’un mensonge, et pourtant cela ne l’affecte pas, car elle croit en Christ, elle se sent aimée. Alors, la société peut bien penser d’elle ce qu’elle veut, progressivement elle n’en a que cure. A force d’obtenir des grâces par la prière, elle progresse en bien et renonce progressivement au mal, tout en restant complètement fragile. Miracle, je le redis. Tel est le vrai miracle que Dieu Jésus permet, sortir de l’inconscience toute en échappant aux circonstances. Impossible à concevoir pour un tribal. Impossible à croire pour un communiste.

 

L’étendue de la liberté de l’homme

En vérité si l’homme est libre, en toute fin, l’étendue de ses possibles est bien maigre et se résume à se tourner vers Dieu, ou à s’en détourner. Choisissant d’écouter Dieu, voilà qu’une myriade d’options s’offre à lui, que le monde prend des couleurs qu’il n’aurait jamais cru pouvoir exister, et qu’il tend vers son propre salut. Au contraire, renonçant à Dieu, le meilleur des humains devient alors stérile, ou bien vit-il tel un animal, glacis dans son déterminisme ou une inconscience volontaire. Le capital d’amour qu’il a reçu à la naissance s’étiole progressivement dans une longue déchéance personnelle et/ou générationnelle. Il doit se reproduire telle une bête. Et autant il s’imagine libre, autant est-il sous l’emprise du diable.

L’humain est donc libre, libre de choisir Dieu et d’en recevoir Ses grâces, ou bien d’y renoncer et de suivre ses volontés seules sur un chemin qui ressemblera comme deux gouttes d’eau à celui de son voisin. L’humain est donc libre mais il ne peut changer les règles de son environnement et dans lesquelles il se meut. Dieu lui permet de les découvrir et de s’y adapter, voire de jouer avec, et ainsi de se réaliser individuellement en vérité. Son horizon, c’est la fin des temps, c’est Dieu. Il vient de Dieu, il va vers Dieu, il est à l’image de Dieu, s’il choisit la Vie. Mais il n’est pas Dieu jusqu’au jour où peut-être, à sa mort, la part la plus lucide de son âme Le rejoindra, et où il quittera ce creuset sans or, fait de chair et de sang, pour accéder à des vérités plus grandes. Il aura peut-être renoncé à être saint de par sa propre volonté pour être saint.

Venez Esprit Saint et faites-nous entrer dans le mystère de l’incarnation de Jésus toujours plus profondément.

PS : Merci à Bernard Quillet de m’avoir tendu une perche à travers les âges « >

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Un commentaire

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)
    évêque, théologien et martyr

    Contre les hérésies, IV, 37 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible avec les Pères, t. 1; Médiaspaul 1988; p. 24 rev.)
    « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire ne verra pas la vie »
    Dieu a fait l’homme libre (…) pour qu’il puisse répondre à ses appels de façon volontaire et sans contrainte. La violence, en effet, n’existe pas chez Dieu, mais sans cesse il nous invite au bien. Il a mis en l’homme le pouvoir de choisir, comme il l’avait fait pour les anges. (…) Et ce n’est pas seulement dans le champ de son activité, mais c’est aussi dans le domaine de la foi que le Seigneur a sauvegardé la liberté (…) de l’homme. Il dit en effet : « Qu’il te soit fait selon ta foi » (Mt 9,29). Il montre ainsi que la foi appartient en propre à l’homme, puisqu’elle relève de sa décision personnelle. Il dit encore : « Tout est possible à celui qui croit » (Mc 9,23), et ailleurs : « Va, qu’il te soit fait comme tu as cru » (Mt 8,13). Tous ces textes montrent que l’homme oriente lui-même sa destinée selon qu’il choisit de croire ou non. C’est pourquoi « celui qui croit au Fils a la vie éternelle, tandis que celui qui ne croit pas en lui n’a pas la vie éternelle ». (…)

    Alors, dira-t-on, il aurait mieux valu que Dieu ne crée pas les anges avec la possibilité de transgresser sa Loi. Il n’aurait pas dû non plus créer les hommes, puisqu’ils allaient devenir si vite ingrats envers lui : en effet, c’était le risque attaché à leur nature raisonnable, capable d’examiner et de juger. Il aurait dû les faire à la ressemblance des êtres sans raison et sans principe de vie propre. (…) Mais, dans ce cas, le bien n’aurait aucun attrait pour les hommes, leur communion avec Dieu aucune valeur à leurs yeux. Le bien n’éveillerait pas en eux le moindre désir, puisqu’il serait acquis sans qu’ils aient à le chercher (…) ; le bien serait inné en eux, allant de soi. (…) Si l’homme était bon par nature et non par volonté (…), il ne comprendrait plus que le bien est beau, il ne pourrait pas en jouir. Quelle jouissance du bien pourraient avoir ceux qui l’ignorent ? Quelle gloire, ceux qui n’auraient fait aucun effort ? Quelle couronne, ceux qui n’auraient pas lutté pour l’obtenir ? (…) Au contraire, plus notre récompense résultera d’un combat, plus elle aura de prix ; plus elle aura de prix, plus nous l’aimerons.