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(La grande libération #7) La scène

Publié le 29 décembre 2021 par Léonidas Durandal à 15 h 13 min

Pendant qu’il langeait sa fille, Donald observait Caroline du coin de l’oeil. Elle initialisait les algorithmes de rencontre selon différents critères, un partenaire bestial, un intellectuel, un richissime magnat de l’immobilier, une histoire compliquée. A chaque fois, les pourcentages de satisfaction s’affichaient en grand dans la pièce. Non sans une certaine surprise, elle avait pris conscience de son besoin d’être dominée. L’esquisse de la pute idéale avait le profil d’une sorte de barbare, étranger, bénéficiant de toutes les libertés dont elle se refusait les jouissances, à elle, ou à Donald. Brute d’ailleurs, qui l’aurait un peu molestée selon les réponses aux questionnaires psychologiques auxquels elle se soumettait. Elle s’étonna aussi de constater à quel point la demande était forte pour ces profils. Deux mois d’attente pour son nègre violent à grosse bite, mais tout de même gentil. Le centre de prostitution de la ruche peinait à fournir de la main d’oeuvre. Elle formait, importait, favorisait l’immigration d’autres continents, mais les critères sélectifs des femmes de la ruche et la forte demande ne réussissaient pas à combler les besoins. Et Caroline hésitait à sortir des clous en allant sur le marché secondaire. Là, pas de garantie au niveau de l’hygiène. Et une notation incertaine, allant de pair avec un aléa moral dont elle n’avait plus l’habitude dans sa vie de tous les jours. De l’aventure certes, mais avec des garanties. Un amant certes, mais sous contrôle. Tels étaient ses impératifs.

Durant cette période cruciale de leur vie, elle avait particulièrement surveillé le comportement de Donald et ses réactions. Son mari avait été entraîné par la ruche à supporter ce genre de demande. Cependant, la ruche prévenait aussi les dites femmes de faire attention, car les incidents n’étaient pas rares à l’occasion. Il est vrai que parfois, la nature bestiale de l’homme patriarcal refaisait surface. Celui-là se mettait à éprouver de la jalousie et il en était même arrivé que certains se montrassent agressifs. Caroline préférait tuer toute velléité patriarcale de Donald dans l’oeuf plutôt que de devoir perdre le contrôle sur lui.

Or Donald n’avait aucune réaction d’un tel ordre. Il lui souriait même, heureux de voir sa femme heureuse, fier de cette mère de future reine, assuré que sa fille deviendrait quelqu’un grâce à sa femme libre et indépendante. Loin d’éprouver des sentiments négatifs, en son for intérieur, se disait-il qu’il fallait l’encourager à suivre ses désirs pour qu’elle puisse s’épanouir. Il se faisait le garant de son bonheur en quelque sorte, persuadé d’avoir atteint une hauteur morale sans commune mesure en comparaison des autres mâles. La ruche lui avait fourni un idéal de vie qu’il s’était approprié. Qu’importe ses propres sentiments, sa logique ou ses convictions personnelles. Il n’avait qu’à se sacrifier à la grande cause. Il n’était rien, la ruche était tout. Son obéissance servait la ruche et le grandissait, jusqu’à ce point qu’il attendait avec impatience d’être cocu. Enfin serait-il justifié au sein de la ruche. Enfin démontrerait-il à toutes les féministes sourcilleuses qu’un homme comme Donald7841126 était capable de se hisser à la hauteur des attentes de ces dames, et qu’à défaut de pouvoir faire confiance à tous les hommes, elles pouvaient compter sur lui. Les autres hommes ne lui arrivaient pas à la cheville. Aucun n’aurait été si complaisant que lui avec sa Caroline, précédant ses désirs, s’écartant de tout sentiment inamical pour au contraire, lui offrir son plus beau sourire lorsqu’elle travaillait des soirées entières sur les algorithmes, et que lui, s’occupait de la soulager de toute contrainte domestique.

D’ailleurs Donald avait aperçu le regard scrutateur de Caroline en sa direction. Il l’avait alors rassurée en esquissant un sourire encourageant pour qu’elle ne se sente pas troublée par sa présence. Caroline en était bien vite revenue à se recherche, ce qui l’avait comblé d’aise.

Ayant fini son travail auprès de la petite, Donald s’était rapproché de sa femme, puis lui avait passé la main dans le dos pour la rasséréner quant à ses intentions. Caroline avait été dérangé par son geste, mais elle n’exprima rien. Puis elle s’était reprise en estimant qu’elle ne devait pas le braquer inutilement. Se forçant, elle lui avait dit avec le plus de douceur possible : « J’en ai terminé pour ce soir. Prépare l’apéro s’il te plaît. » Et Donald s’était écarté d’elle pour commander des rafraîchissement au grand ordinateur agrémentés de quelques apéritifs 3,15% de matière grasse, ce qui correspondait exactement à l’attente de madame en matière d’IMC.

Deux mois après, le nègre de compétition était là. On lui présenta l’enfant avant que Donald et la petite les laissent pour la soirée. Puis le scénario mis en place par Caroline commença. Son nègre l’attacha à la chaise, lui mit un bâillon sur la bouche et un bandeau sur les yeux. Puis il l’insulta en lui déchirant son chemisier, avant de lui prendre les seins comme s’ils étaient sa propriété et de les malaxer tel de la pâte à pain, bien blanche entre ses mains noires. Rôdé à la pratique, la pute cachait son ennui. Il avait fini par concevoir une sorte de mépris pour toutes ces femmes dont les fantasmes convergeaient. Il savait exactement ce qu’elles attendaient, et comment les faire jouir par des gestes appropriés. Mais il devait désormais forcer sa nature pour les satisfaire.

Au début, bien entendu, il y avait pris plaisir. Puis l’ennui, puis les questions indécentes s’étaient imposées. Les maltraitant, il n’en était pas moins leur objet. Et cette certitude avait fini par s’imposer à lui jusqu’à devoir consulter auprès d’un assistant de la ruche. Ce dernier qui ne suivait que des putes n’avait pas été étonné outre mesure par cette consultation. Il avait même précédé ses demandes mieux que lui-même n’aurait pu les formuler, tant il était habitué à entendre ce genre de récit : Il fallait continuer à bander bla bla… il ne voulait pas perdre son poste et retourner au pays bla bla.. il avait un village à nourrir bla bla… il ne comprenait pas ce qui lui arrivait bla bla… La réponse avait été rassurante et convenue : nous avons les moyens de vous aider bla bla… Ne vous inquiétez pas bla bla… je vais vous prescrire ceci et cela bla bla… Pensez à vous reposer un peu bla bla… Revigoré, et de nouveau confiant en l’avenir, le nègre avait eu comme un poids retiré du coeur à la sortie du cabinet. La prescription était arrivée le soir même à domicile et il avait ingurgité ses posologies avec soulagement pour mieux éloigner toutes ces questions gênantes qui lui étaient venues à l’esprit. Le soir même, il assurait de nouveau des performances acceptables avec ses clientes.

Le domicile de Caroline et de Donald n’avait pas été spécialement insonorisé pour l’occasion. Donald et Caroline avaient joué la transparence. Pourtant quand il entendit les cris de Caroline en train de se faire défoncer le cul, Donald ne put retenir un petit sentiments de rancoeur à l’égard de sa femme. Mais il se reprit très vite en songeant qu’il était l’homme de la situation, qu’en se contenant, il deviendrait moralement supérieur aux autres hommes de la ruche, ruche qui célébrerait sa tenue. Et puis sa femme n’était-elle pas libre de son corps et de ses désirs ? Faire valoir ses vues sur la question, revenait à rétablir une forme d’emprise patriarcale sur les désirs de sa belle. Lui, Donald, il valait mieux que ça.

Le nègre, boosté aux hormones et aux médicaments, ne déchargeait pas et maintenait pourtant une érection de qualité. Caroline n’en pouvait plus. Elle lui demanda d’avaler la pilule d’éjaculation qu’à partir du moment où son corps lubrifié ne put plus supporter ses va et vient, sa chair à vif. Soulagé, le négro ne se fit pas prier et lâcha la purée à blanc, car il prenait également tout un tas de posologies qui le stérilisaient, mais aussi qui lui évitaient de devenir un super contaminateur d’abeilles. Avant de s’assoupir, Caroline lui demanda de partir. En sortant, il croisa Donald et lui jeta un regard plein d’empathie. Donald y vit là une forme d’admiration, tandis que le type cherchait seulement à soulager sa supposée douleur d’être cocu. Devant son attitude, Donald gonfla le torse et lui serra la main plein de gratitude. Alors le nègre comprit qu’il n’y avait plus rien à faire pour lui, comme tous les autres de son espèce.

Des fois pourtant, il lui arrivait de tomber sur un individu différent, le regard vide, presque désespéré, qui le fuyait. Pour ceux-là avait-il conçu une forme de respect, même s’il lui avait été impossible d’établir le contact. Peut-être que le cornard l’envisageait alors comme un ennemi ? Pourtant au fond de lui, aucune animosité ne l’animait. Le nègre aurait bien aimé discuter d’homme à homme, de la situation qu’ils subissaient tous les deux, de ce genre de servage qui lui serrait les tripes. Or les Georges, les Bill et les Donald ne fonctionnaient pas ainsi. Ils n’avaient même plus conscience de leur situation réelle et leur apathie était un poids supplémentaire à son encontre. Ah s’il avait pu échanger avec l’un de ceux-là, partager leurs peines communes et se dire qu’ils n’étaient pas seuls en ce monde, combien la vie se fût améliorée pour lui. Ô il ne demandait pas que la ruche ne soit plus la ruche ou même que sa situation personnelle évolue. Juste de pouvoir discuter. Mais pour ces Georges, ces Bills et autres Donald, discuter serait revenu à ouvrir une porte terrible derrière laquelle un monde inconnu les attendait. Un monde peut-être meilleur, peut-être pire, ce n’était pas le sujet, mais un monde différent qui les aurait contraint à bouleverser leurs habitudes.

Chaque rituel de vie de ces hommes domestiqués avait contribué à leur offrir une sécurité qui s’était étendue avec l’âge, mais qui les avait enfermés. Et avec Donald, ce rituel était allé jusqu’à l’abnégation la plus complète du soi, une forme de martyre d’abord subie, puis pleinement consentie, jusqu’à la joie. Le négro n’en voulait pas à Donald particulièrement. Il en avait rencontré des centaines comme lui. Et ils étaient des millions dans le monde. Silencieux et souriants, ou désespérés derrière un rictus de maîtrise rigide. Cela ne l’empêchait pas de penser que le désespoir du blanc avait esclavagé le nègre, que ce renoncement était à l’origine de sa situation catastrophique personnelle. Ces êtres là s’étaient retirés du monde et en se suicidant, ils avaient laissé un vide, non pas occupé par la ruche, mais par une entité plus ténébreuse encore, qui s’était nourrie de leur retrait, tout en l’encourageant. Et lui, nègre de plantation, il avait dû remplir le vide, avec sa bite, littéralement. Là où il aurait pu devenir fier de lui, de son travail, de son insertion dans la ruche, une dialectique d’exploitation avait pris place. Sa vie se justifiait par l’abandon du blanc, abandon qui l’avait piégé dans une sous-existence jusqu’à la caricature. Le phallus qu’ils n’avaient plus, il l’incarnait de manière violente, et ramené à son sexe, à un sexe conçu comme une machine à détruire, il était devenu destruction, il s’était détruit.

Lorsqu’il arrivait à ce négro d’aller se baigner à la piscine ou à la plage, il ne prenait jamais de maillots moulants, honteux de devoir être dévisagé pour la génétique de son membre, et d’y être identifié de force. Dans ses moments de détente, il aurait voulu être considéré comme un être humain, juste un peu. Or chaque regard, même innocent, réussissait à le complexer. Il était entré en dissonance avec son sexe. Il lui était devenu odieux, aussi étranger à lui qu’il l’était pour la ruche.

Ô qu’il aurait compris qu’un Donald, qu’un Bill ou qu’un Georges éprouvât de la colère en le croisant. Mais cette colère, il ne l’avait sentie que deux fois en plusieurs milliers de rencontres. Et encore, dans un des deux cas, il n’en fut pas certain tant l’homme essaya de la lui cacher. Prompt à se rassurer en la matière, il s’imagina que celui-là était le plus malin, que des deux, il était celui qui par sa ruse, lui offrait le meilleur espoir. Quand cet homme cachottier se serait révolté et aurait pris le pouvoir, il n’aurait plus à fantasmer un retour au pays où il n’était rien, et qui n’était rien pour lui, malgré ses dénégations. Car la légitime colère du blanc eût pu redonner un sens au monde et par là-même un sens à son existence de nègre. Interdit dans son rôle d’esclave, il aurait pu alors accéder à un statut d’être humain.

Aucune révolte de cette espèce chez Donald. Le nègre sortit assez vite de l’appartement, laissant le cornard seul avec sa femme, sans remord. Dès que la porte fut refermée, Donald s’empressa d’aller partager sa joie avec sa Caroline qui le prit dans ses bras et le serra très fort. C’est vrai, elle s’était laissée aller comme jamais. Et pourtant son petit Donald la rassurait encore. Elle avait besoin de sentir son corps gras près d’elle. Et lui n’en était pas moins ému de la retrouver, de l’avoir donnée à un autre pour la bonne cause. Après cette étreinte, Caroline lui fit comprendre qu’il devait reprendre sa place, et Donald se retira de son côté souriant, paisible et certain de passer une bonne nuit.

Régulièrement des prostitués vinrent voir Caroline et la ruche dût mettre un frein aux scénarios de ses fantasmes. Car d’expérience, elle savait qu’elle était en train de dévier. Or voici qui frustra Caroline plus que de mesure. Incapable de critiquer la ruche, ou de revenir sur ses envies, elle fit un volte face singulier à l’égard de Donald. Elle se mit à lui en vouloir subrepticement, puis de plus en plus violemment. Malgré toutes ses caresses et son côté nounours, il était devenu à ses yeux cet unique impuissant incapable de la satisfaire, la raison de tous ses maux. Un inutile, un parasite qui occupait son logement. Depuis que la ruche lui avait imposé des limitations, son corps s’était hérissé d’instinct au contact de son mari sans qu’elle ne sache pourquoi. Et son esprit avait suivi, l’enfermant dans un moulin à pensées négatives. Plus son mari redoublait d’efforts pour passer outre son comportement, plus elle s’énervait. La moindre caresse sur l’avant bras, tandis qu’elle semblait calme à l’extérieur, pouvait déboucher sur une scène affreuse. Elle prit alors la décision fatidique de s’en débarrasser. A quoi bon lui servait un époux maintenant qu’il était un frein à son épanouissement de femme ? Dès lors fut-elle plus calme. Elle calcula minutieusement la manière dont elle s’y prendrait pour que la séparation se passe bien. Les conditions idéales de rupture furent remplies seulement 4 mois après les limitations fantasmatiques que lui furent imposées par la ruche. Ce fut un samedi lorsque Donald se laissa aller à boire aux limites de ce qui était autorisé par la ruche. Heureux d’avoir lavé et couché sa fille, puis égayé par l’alcool, espérant passer une soirée sans anicroches, il s’était assis à côté de sa femme en lui jetant un regard de biais. Caroline n’avait pas le même visage que d’habitude. Il était tendu. Des tics nerveux le parcouraient, derrière un froid apparent. Donald renonça à lui parler et se concentra sur la messe médiatique diffusée sur le grand écran. Caroline lui demanda de préparer son assiette et sa nourriture. Donald se releva et fit tous les préparatifs nécessaires dans la cuisine en y employant le plus de soin possible. « Je vais réussir à la calmer » se répétait-il. Puis il lui apporta l’assiette devant cet écran que Caroline n’avait cessé de fixer. A la première bouchée, elle s’exprima ainsi :

_ « Pourquoi as-tu assemblé les aliments ! Je t’avais demandé un plat du miamboom.

_ Je n’ai pas compris. Excuse-moi ma chérie.

_ Ne m’appelle pas comme cela gros porc. »

Elle s’était exprimée le plus froidement du monde et Donald, surpris pas la virulence de la parole, rougit jusqu’aux oreilles. Puis il commit sa première erreur en lui répondant :

_ Tu pourrais me parler mieux que ça. Qu’est-ce que je t’ai fait ?

_ Comment oses-tu me poser la question ?

_ J’essaie de comprendre ma chérie.

_ Je t’ai dit de ne pas m’appeler comme ça, tu es sourd ou quoi ?

_ Maintenant je ne peux plus t’appeler comme je t’ai toujours appelé ! Mais qu’est-ce qui a changé en toi ?

_ C’est toi qui me pose la question ! J’avais épousé un homme vigoureux, et désormais, j’ai un tas de graisse à mes côtés, une espèce de cloporte. Tu n’es pas capable de te comporter en homme.

_ Mais qu’est-ce que tu racontes, j’applique à la lettre tous les préceptes de la ruche.

_ Tu n’appliques rien du tout, tu fais tout mal.

_ Alors dis-moi ce que je dois changer !

_ Il n’y a rien à faire, et en plus, tu t’occupes mal de notre fille.

Donald aurait pu encaisser n’importe quoi mais pas ça. Son ton devint sérieux, plus sérieux qu’il ne l’avait jamais été :

_ Je m’en occupe très bien. Tu racontes n’importe quoi.

_ Tu t’en occupes très bien ah, la bonne blague. Tu es un père maltraitant.

_ Maltraitant, maltraitant ! »

Cette fois Donald était rouge de colère. Pour la première fois, elle le mettait de l’autre côté de la barrière, avec les monstres honnis par la ruche. Cette accusation le mettait en grand danger social. Mais il résistait encore. Un gouffre s’était ouvert sous ses pieds et il essaya de le combler en marchant dans la pièce. En arrière plan, la grand messe continuait son office : « oui le plan contre les violences conjugales a donné de très bon résultats, la lutte contre le patriarcat est plus d’actualité que jamais ! ». Caroline aussi s’était mise debout. Donald s’arrêta de tourner en rond pour lui faire face :

_ « Ce que tu racontes est très grave. Est-ce que tu as au moins conscience de ce que tu dis ? Tu sais ce qu’impliquent de tels accusations devant la ruche !

_ Cela fait des mois que j’essaie de te prévenir mais tu n’écoutes rien.

_ De me prévenir de quoi.

_ Que ton comportement est abjecte avec notre fille.

_ Abjecte, abjecte, je l’aime plus que toi qui t’en occupe jamais.

_ Ah bien voilà ce que je pensais, tu me fais des reproches maintenant. Pour qui te prends-tu ?

_ Je me prends pour celui qui s’occupe le mieux de notre fille pendant que sa mère m’emmerde. »

C’est à ce moment là que Caroline lui décocha une baffe magistrale avant qu’il n’ait pu finir sa phrase. La gifle ne marqua même pas le visage dur de Donald et sa mâchoire carrée ne dévia pas d’un centimètre. Mais l’humiliation, la menace et la surprise le saisirent à la gorge, et une colère qu’il ne parvint pas à contenir envahit ses membres. Sa grosse main droite, se rappela le moment où elle lui avait serré le cou durant leurs premiers ébats, elle se mit en branle mécaniquement et envoya Caroline valdinguer à plusieurs mètres. Une alerte retentit dans toute la pièce. « SOS femme battue, SOS femme en danger, veuillez vous allonger à terre et mettre les mains derrière la tête sous peine d’être abattu sur place. Je répète. Veuillez vous allonger à terre et mettre les mains derrière la tête sous peine d’être abattu sur place. »

Mais Donald ne s’appartenait plus. Il ne savait plus où il était et ce qu’il avait fait. Devant l’horreur de son crime, il chercha une échappatoire. S’il avait pu la brûler vive et la jeter dans une poubelle, il l’aurait fait, simplement pour retrouver sa vie d’avant, qu’il venait irrémédiablement de perdre. Mais la ruche avait tout prévu. Par le passé, des hommes avaient essayé de cacher leur forfait en tuant leur compagne et en masquant les circonstances de leur crime. Du coup, des dispositifs de sécurité grande urgence, avaient été installés dans chaque appartement. Et à partir du moment où les signes vitaux d’une femme montraient quelques anomalies, les caméras se déclenchaient, les services de police pouvaient entrer de force dans l’appartement, et mettre sous fer n’importe quel prévenu, automatiquement. Un voisin délégué à la protection des femmes fut le premier à entrer dans la pièce, 30 secondes après la gifle. Or Donald était toujours debout, devant le corps de Caroline à terre, geignant et pleurant. L’entrant ne put s’empêcher de s’adresser à elle, malgré le protocole d’intervention :

_ « Ma pauvre dame, est-ce que ça va aller ? »

Caroline, apparemment sous le choc, très calme en son for intérieur, refusait de répondre, ce qui alarma d’autant plus cet homme. Cependant, il reprit contenance, se rappela de la procédure, et s’adressa à Donald non sans exprimer une forte colère :

_ « A terre salopard, à terre espèce de monstre, en attendant les forces de l’ordre »

Hébété, et surpris dans ses pensées par l’intrusion d’un étranger à son domicile, Donald ne parvenait plus à aligner deux pensées cohérentes. Le mal. La gifle. Le patriarcat. Il était le mal. Malgré tout, il ne parvenait pas à s’étendre. Son corps refusait encore d’admettre la réalité. Le monstre patriarcal l’avait dominé. Il était revenu du fond des âges pour commettre son crime. Et lui, Donald, le mari parfait, avait cédé à ses séductions. Il avait failli. Il était corrompu.

Lorsque les forces de l’ordre arrivèrent sur place, 3 minutes 36 après, il était encore debout, le regard hagard. En voyant qu’il n’était toujours pas allongé, elles lui sautèrent dessus, le plaquèrent au sol et l’entravèrent avec des menottes dans le dos. Puis il fut emmené comme un sac à patates par 4 solides gaillards encore plus imposants que lui. Jeté dans un fourgon, il n’eut même pas conscience de ce qui lui était arrivé. Les policiers de protection des femmes et des familles jubilaient entre eux :

_ « Nous avons battu le record cette fois. A nous la prime de fin d’année. 3 minutes 36, j’en reviens pas les gars. C’est le patron qui va être content.

_ Sûr. T’as vu le péquenaud, comme il a l’air con.

_ Encore un patriarcal qui s’est crû au-dessus des lois.

_ On l’a bien attrapé celui-là. »

Deux autres policiers femmes étaient restées sur place et prenaient la déposition de la victime. Hors de question de l’amener à l’hôtel de police pour subir un interrogatoire. Désormais, sur simple déclaration, la procédure était actée et lancée. La femme battue n’avait plus qu’à s’adresser au médiateur pour toutes ses demandes judiciaires. Le loyer était pris en charge et tous les revenus du mari violent étaient saisis. Une femme de ménage et une garde d’enfant lui étaient automatiquement attribuées. Mais Caroline connaissait la procédure par coeur. Elle n’avait pas besoin d’être rassurée, même si elle semblait affectée par la prévenance de ses sœurs. Surtout en son for intérieur, elle s’était débarrassée de l’intrus. Enfin, elle n’aurait plus à respirer son odeur, à sentir sa présence, à subir ses manières doucereuses comme de la glu.

La petite s’était mise à pleurer durant la scène de ménage. Et elle n’avait pas cessé depuis. Caroline laissa une des deux policières aller la consoler tandis qu’elle reprenait contenance. Ainsi revint le calme chez elle et à son domicile. Le divorce s’annonçait au mieux. 

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Chapitre 1 : Le mariage de Caroline

Chapitre 2 : Donald arrive chez Caroline

Chapitre 3 : La cérémonie de mariage

Chapitre 4 : La cuisine et le suicide

Chapitre 5 : la grand messe hologrammique

Chapitre 6 : Un papa parfait

 

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