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Antiféminisme Aimeles

La nouvelle traduction féminisée du « Notre Père »

Publié le 4 mars 2018 par Léonidas Durandal à 13 h 43 min

Depuis cette année, la version officielle est :

« Notre Père, qui es aux cieux,

que ton nom soit sanctifié,

que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses,

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation

mais délivre-nous du Mal.

Amen »

L’année dernière « ne nous laisse pas entrer en tentation » était « ne nous soumets pas à la tentation ».

Avant 1966, « ne nous soumets pas à la tentation », était « ne nous laissez pas succombez à la tentation »

En 1969, l’abbé Jean Carmignac propose « Garde-nous de consentir à la tentation » (dans sa thèse « Recherche sur le Notre Père »)

 

Sur la forme :

Le vouvoiement disparaît en 1966. Jésus prend le pas sur Dieu, et le tutoiement introduit une proximité qui ne Lui sied point. Nous l’imaginons notre frère, nous l’imaginons proche, nous imaginons le connaître. La sacralité demande pourtant une distance respectueuse. Car sans cette distance, il y a appropriation, fusion, un Dieu donc fait à l’image d’une mère divinisée (vierge Marie). Nous ne nous distinguons plus de la divinité, nous cherchons à nous confondre avec elle, tentés d’en faire notre petit objet personnel qui doit répondre à nos pulsions. Impossible dès lors de prendre de la distance avec le monde. Nous sommes Dieu, nous sommes le monde, et nos actes ne peuvent être remis en question par quiconque puisque nous ne sommes pas à l’image de Dieu, mais l’image de Dieu.

Vous me direz que j’exagère, qu’une si petite modification dans l’expression ne peut avoir eu que peu de conséquences. Or cette modification, encore plus que d’avoir eu des conséquences, était relative à un bouleversement complet de notre état d’esprit, dont nous pouvons dire qu’il a eu, pour le moins, d’énormes conséquences.

En effet, depuis nos communautés sont devenues très fragiles. Elles ont perdu en connaissance, en culture, en fraternité. Elles sont jugées médiocres par nos contemporain, non sans raisons : les chants sont souvent mal chantés quand ils ne sont pas infantilisants. Mais là encore, cette dégénérescence culturelle n’est que la conséquence d’un fait plus profond. Bon nombre de catholiques qui devraient être les premiers à savoir se remettre en question, à se confesser d’un coeur ouvert, se servent aujourd’hui de leur proximité avec Dieu pour éviter d’avoir à le faire. Ceux-là jugent que personne ne devrait être jugé, et qu’à chaque fois qu’une remarque leur est faite, à eux ou à un autre, c’est une atteinte inacceptable aux personnes. Les vrais catholiques ne peuvent les faire taire car tout le discours de l’Église s’est féminisé et justifie de telles positions. Ainsi pour le chant, pour en revenir à cet exemple, toutes les horreurs sont tolérées. Les gens qui chantent bien, qui lisent bien les textes, ne sont pas forcément promus, car le principal, c’est « d’accepter les personnes telles qu’elles sont ». La caste qui se retrouve à diriger les célébrations peut ainsi vivre sur le commun. Qu’elle chante bien ou mal, elle ne voit que par elle, et ne peut voir que par elle. Exit donc le beau, le bien et le bon. Elle se confond avec le prêtre et ceci n’est possible que parce qu’elle se confond avec Dieu. Toute idée qui pourrait la remettre en question est largement rejetée au nom d’une bêtise à laquelle elle tient plus que tout. Voilà pourquoi aussi cette nouvelle traduction ne tient pas la route sur le fond mais que personne n’en est offusqué :

Sur le fond

« Ne nous soumets pas à la tentation » ou « Ne nous laisse pas entrer en tentation », c’est suggérer que la vie d’un catholique pourrait se faire, idéalement, sans connaître le mal. C’est omettre que le mal est une occasion de rédemption, qu’il n’y a pas de bon catholique sans passage par la croix (le vendredi saint), que la souffrance est une condition inhérente à la vie (ce dont même les Bouddhistes ont conscience). Dans ce cadre, la nouvelle traduction « Ne nous laisse pas entrer en tentation » est encore pire que la précédente « Ne nous soumets pas à la tentation ». Car se soumettre peut s’entendre de deux manières : être esclave et être exposé. Avoir été mis en esclavage par le péché, à cause d’un Dieu qui nous refuserait son soutien, ce serait effectivement un grand risque dont chaque catholique devrait se prémunir par la prière. A l’opposé, l’acception selon laquelle l’intention de Dieu serait de nous exposer au péché, serait à la limite de ce blasphème : Dieu veut notre mal. Toujours est-il que nous pouvions prononcer cette phrase en exprimant notre volonté « >

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Un commentaire

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Luc 11  : « 27 Tandis que Jésus parlait ainsi, une femme, élevant la voix du milieu de la foule, lui dit : Heureux le sein qui t’a porté ! heureuses les mamelles qui t’ont allaité ! 28 Et il répondit : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! »

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