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Antiféminisme Aimeles

La queue du chien

Publié le 17 octobre 2014 par Léonidas Durandal à 10 h 01 min

Mon grand-père détestait quand un film se terminait comme ça. Je crois que je vais détester la fin de cette époque pour les mêmes raisons. Une époque en queue de chien. Une époque qui aura été incapable de vivre humainement dans l’opulence et qui va s’effondrer sans même avoir su accepter les raisons de son échec. Mais le pire, quand j’y pense, ce serait de se priver de la mémoire de l’écriture. Certes, mon discours n’aura peut-être pas le temps de se répandre, à cause des mêmes raisons qui ont rendu cette civilisation incapable de s’adapter. Pourtant il m’arrive d’espérer que ces mots traverseront les âges, traverseront les crises et sauront aller jusqu’aux oreilles de nos descendants qui auront à coup sûr, les mêmes défis que nous à relever. J’absous cette époque d’avoir commis tant d’erreurs. Les répéter serait criminel.

Décadence.

L’histoire de notre décadence se résume à peu en fait. La vivre aura été compliqué, mais la penser aura été très simple. Elle aura été faite d’un refus de la logique, de manques de sacrifices, et d’orgueil, surtout d’orgueil, le péché des péchés. Si en me lisant, il vous arrive de trouver mes mots durs, sachez seulement que j’ai essayé d’user de moyens à la hauteur de la force que j’affrontais. J’aurai essayé de pousser les êtres humains de mon époque à la limite de ce qui était acceptable psychologiquement, spirituellement et légalement d’entendre pour eux. J’aurais pu dire plus. Je ne l’ai pas voulu car j’aurais perdu en efficacité. Quant à mes limites personnelles, elles n’auront été que celles de mon manque de moralité. Celles-ci auront été importantes, mais il faut les comparer à une époque qui les aura favorisées grandement.

 

Guides.

Je sais que ce sera dur de l’entendre pour eux, mais je ressens comme une trahison de nombreux prêtres de notre civilisation. Je sais leur isolement et ô combien ils sont au centre de la tourmente. Pourtant, il n’y aura jamais qu’eux pour pouvoir guider l’humanité. Et l’échec de cette humanité sera toujours leur échec, car ils ont en charge les brebis de ce monde. Vous me direz, les prêtres que nous avons ressemblent tellement à notre société… oui, mais si ce n’est que cela, alors le monde peut s’en passer et aller vers son inéluctable effondrement. Non, le prêtre doit être l’accident de ce monde, la nature imprévue de Dieu qui le relève. Il ne peut se contenter d’être ce qu’il est.

 

Héritiers sans père.

Ô vous mes descendants spirituels sachez bien ceci : quand un monde ne veut plus enfanter de manière naturelle, il perd toute Intelligence, il n’y a plus d’amour en lui. Et pour le sauver, ses eunuques doivent tout sacrifier à leurs prochains, pour que d’autres, encore plus misérables qu’eux, retrouvent un sens à leur vie. Car dans les époques médiocres, ceux qui devraient faire des enfants et prospérer deviennent eunuques. Ils n’ont jamais eu la vocation de devenir des anges incarnés au service de l’Eglise, et ils ne peuvent qu’accepter leur statut d’eunuque. Ils deviennent les bâtards de ce monde, souvent au sens propre du terme.

 

Richesse et pauvreté.

Nous sommes tombés bêtement dans le piège de la richesse. Nous avons confondu pauvreté et misère. Ainsi, la misère s’est répandue parmi les riches comme une traînée de poudre mais sans que nous nous en rendions compte. Nous ne l’avons pas vu venir parce que nous étions persuadés que nous saurions utiliser notre liberté à bon escient. Orgueil… Que les époques où il suffit d’aider les pauvres pour être moral, sont des époques faciles ! Nous sommes devenus tous riches, et tous misérables. Seuls, ayant perdu le sens du mot amour, nous avons cherché notre bonheur en nous vautrant dans ce qui faisait notre malheur. Nous avons voulu guérir les derniers pauvres de leur manque d’argent, tandis que nous les entraînions vers nos manques d’amour.

 

Moi

 

Si je suis revenu à une forme de lucidité, c’est en renonçant à devenir riche, par des chemins de hasard. La pauvreté m’a fait redevenir humain. Or aujourd’hui, la société et l’Eglise ne pensent qu’à une chose : me faire sortir de ma pauvreté, moi et tous les pauvres « >

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3 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Emmanuel Macron fustige les défenseurs des APL en invoquant Arnaud Beltrame », Le Point du 07/05/2018.

    C’est vrai que ce débat manque d’une perspective glorieuse. Maintenant, avant de faire de grandes choses, il faut peut-être régler les petites. Certes ce système d’allocation est débile. Mais il a été mis en place alors que personne n’en avait besoin. Aujourd’hui, beaucoup ne peuvent pas s’en passer. Et l’Etat apparaît toujours plus comme un ogre irresponsable. Le poids des erreurs du passé…

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    Ben si on voulait traumatiser des enfants, on ne s’y prendrait pas autrement.

    Everybody – Outdoor installation – Summersalt Festival from Snuff Puppets on Vimeo.

    https://vimeo.com/snuffpuppets/everybodyoutdoors

    Regardez moi cette bande d’abrutis de parents qui applaudissent à un tel spectacle. Ils se sont bien amusés, le show est terminé, on les a bien servis. Du pain et des jeux pour le petit peuple !

  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « La prostitution au collège se banaliserait », Figaro Madame du 10/04/2015.

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