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Le guerrier catholique : la raison, le courage et la grâce

Publié le 8 mars 2019 par Léonidas Durandal à 19 h 52 min

faites en le faisant. La viande ne vous apparaîtra plus comme un matériau abstrait, mais comme un signe d’amour divin qui vous a été donné pour vous perpétuer. Mais vous me direz, pour accepter de se perpétuer, il faut s’aimer… Là encore, Dieu a placé nos existences sous le signe de l’interdépendance et de l’amour. Celui qui n’accepte plus de dépendre d’une plante ou d’un animal pour sa survie, comment pourrait-il comprendre quoi que ce soit à l’écologie ?

Tous, nous dépendons d’autres personnes, d’autres plantes, d’autres animaux. Nous dépendons de tout en fait, et seule l’autonomie est un objectif atteignable au cours d’une vie humaine, et encore, même pas à la fin. Le scientiste, emprunt de son surhomme, veut sortir de cette dépendance. Alors détruit-il toutes les relations qui nous lient et il fait ainsi de nous des monstres. Les relations de dépendance doivent s’accepter et se cultiver, non pas se refuser dans l’objectif d’atteindre un bonheur non contraint et illusoire. La contrainte grandit l’homme et nous permet de réellement progresser. Quand nos forces humaines nous manquent pour franchir ce genre de marche, toujours, tournons-nous vers Dieu.

En un sens, le scientisme est un refus de se battre. C’est un évitement. Par peur de mourir, bien des personnes se refusent à vivre. Un catholique ne doit pas suivre une tel chemin d’esquive. Il doit se battre, et pour éviter de se faire tuer bêtement, apprendre à se battre.

 

La raison

 

Réfléchir en toute logique, voilà ce qui nous est donné en tant qu’homme. Et je veux le préciser ici, en plus de ne parler que de mon expérience personnelle, je ne veux aussi m’adresser qu’à des hommes. Il m’arrive bien souvent de plaindre les femmes qui héritent de nous bien des idées, et qui ont pourtant le devoir d’élargir leur propre culture. Mais finalement c’est un juste retour des choses alors que nous devons dans notre enfance, en tant que garçon, savoir nous extraire du pouvoir de nos mères.

Et puis, le combat que j’ai décrit précédemment, ne l’apprenons-nous pas d’abord de celles qui nous enfantent, et qui donneraient tout, jusqu’à la bêtise, pour leur petit ? Si une femme veut s’accomplir en tant que femme, qu’elle cherche plutôt du côté de la toute puissance maternelle et de la soumission à son mari. Elle héritera de ce dernier la raison qu’il aura cultivé ici même.

J’entends la raison comme logique pour ainsi dire mathématique. Il serait peut-être plus juste de parler de logique philosophique, ou musicale. L’homme aime naturellement les idées, et leur emboîtement, jusqu’à l’idiotie. Il a ainsi tendance à concevoir que la raison seule devrait présider aux affaires du monde. Et il est effaré de constater que rien dans l’histoire humaine, ou si peu, n’a suivi ce chemin. D’ailleurs dans la plupart des cas, il essaie d’échapper à ce constat et de vivre avec l’idée confortable que seule la raison existe. Il vit alors dans son petit monde, enfermé en tant que garçon dans le sein de sa mère, effrayé d’avoir à constater que d’autres vérités que la logique puissent s’imposer, percevant les femmes de manière obscure.

Or même si elle ne suffit pas, la raison est un élément constitutif de notre masculinité guerrière. L’homme cherche la vérité par la raison et à un stade élevé, elle peut même lui permettre d’accéder à des réalités supérieures.

La raison est belle. Elle est rassurante. Elle donne de l’ordre au monde. Cependant, à force de réflexions, nous pouvons en arriver à cette conclusion étrange qu’aussi grande soit la raison, elle ne s’impose pas d’elle-même. Nos vies, et plus largement l’Histoire, nous apprennent que dans bien des cas, le mensonge a payé, et quand j’entends mensonge, j’entends mensonge pour nuire. Les orthodoxes parlent du diable comme étant le mensonge et le père du mensonge.

Le malin gagne bien des batailles face à la raison, voire en utilisant la raison. Etrange dans un monde catholique où la Vérité devrait vaincre. La raison ne se suffit donc pas à elle-seule pour s’imposer. Le guerrier catholique doit ainsi cultiver une autre vertu qui la complète.

 

Le courage

 

Le courage ne va pas seulement permettre au guerrier catholique de s’incarner en ce monde. Le courage est aussi un mode opératoire de la raison. Car avant d’aller guerroyer sur des terres inconnues, il faut d’abord être au clair « >

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4 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Vivre en samouraï moderne, selon Patrice Franceschi », Breizh du 09/04/2019.

    « Apte, à ce titre, de traverser les temps et de « [bâtir] des ponts entre ce qui valait dans le monde d’hier et ce qui vaudra toujours dans le monde de demain » (Propos 143). »

    « Celui de votre condition de mortels : devenir vous-mêmes. » »

    Devenir soi-même = individualisme. Quant à bâtir des ponts entre le monde d’hier et de demain, ce concept est aussi le fait d’une société occidentale, pas du tout japonaise. Il y a bien des choses à prendre de l’esprit samouraï, mais certainement pas cela. 

     

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    Saint Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938)

    moine trappiste espagnol Écrits spirituels, 15/12/1936 (trad. Cerf 2008, p. 268, rev.)

    « Abandonnant tout, l’homme se leva et se mit à le suivre »

    Il y a des jours où des avions traversent le ciel à des vitesses prodigieuses, survolant le monastère. Le bruit de leurs moteurs effraye les petits oiseaux qui nichent dans les cyprès de notre cimetière. En face du couvent, traversant les champs, il y a une route goudronnée où circulent à toute heure des camions et des voitures de tourisme qui ne s’intéressent pas à la vue du monastère. Une des principales voies ferrées de l’Espagne traverse aussi les terres du monastère… On dit que tout cela est liberté… Mais l’homme qui médite un peu verra comme le monde se trompe, au milieu de ce qu’il appelle liberté…

     

          Où se trouve donc la liberté ? Elle se trouve dans le cœur de l’homme qui n’aime que Dieu. Elle est dans l’homme dont l’âme n’est attachée ni à l’esprit ni à la matière, mais seulement à Dieu. Elle est dans cette âme qui n’est pas soumise au moi égoïste ; dans l’âme qui s’envole au-dessus de ses propres pensées, de ses propres sentiments, de son propre souffrir et jouir. La liberté est dans cette âme-là dont la seule raison d’exister est Dieu ; dont la vie est Dieu et rien de plus que Dieu.

     

          L’esprit humain est petit, il est réduit, il est sujet à mille variations, des hauts et des bas, des dépressions, des déceptions, etc., et le corps, avec une telle faiblesse. La liberté est donc en Dieu. L’âme qui passant vraiment par-dessus tout fonde sa vie en lui, on peut dire qu’elle jouit de la liberté, dans la mesure du possible pour celui qui est encore dans ce monde.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Condamné, le cardinal Barbarin va remettre sa démission au pape », AFP du 07/03/2019.

    Voici la situation typique à laquelle nous ne devons plus arriver. Un faux procès. Un refus du combat. Un écrasement. Une défaite sans martyre.