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Le guerrier catholique : la raison, le courage et la grâce

Publié le 8 mars 2019 par Léonidas Durandal à 19 h 52 min

Mais cette logique dualiste est sclérosante. Foi et raison finissent par s’affronter, même si comme le décrit si bien Benoît XVI, elles devraient marcher d’un même pied.

Par contre, une foi faite de raison, de courage et de grâce, les englobant, me semble bien plus parlant et logique. En tant que guerrier catholique le triptyque “raison, courage et grâce” est donc une expression de la Foi. Mais il peut l’être aussi bien envers les deux autres vertus théologales : l’espérance et la charité. Et en vérité de toute autre vertu. Je ne propose ici qu’une démarche pour avancer et s’incarner en ce monde. Cette démarche ne supprime en rien la Vérité. Elle peut seulement lui permettre de prendre corps.

Il ne faut pas avoir de mépris pour les moyens pratiques. Ils sont aussi le reflet d’une volonté de bien faire et de laisser une place dans son coeur au royaume de Dieu.

La théologie des témoins de Jéhovah pousse à l’extrême le mauvais chemin suivi par bien des catholiques en matière d’affadissement guerrier. En quelque sorte, ceux-là professent qu’il y a le monde du mal et les personnes qui seront sauvées, qu’il est inutile de se battre dans un monde où le diable est vainqueur. Ce faisant, ils laissent le monde au diable et forment communauté contre lui.

Or il y a bien des vérités à acquérir dans la lutte, et bien des mensonges qui s’imposent dans l’entre-soi. Le guerrier catholique ne doit pas s’exempter d’un combat qui le fait grandir dans la foi. S’il est important de reconstituer à l’heure actuelle, des communautés pleines d’amour, ce travail ne peut nous exempter d’un dialogue avec le monde, et même d’un dialogue avec le diable.

Trop souvent, le diable n’a pas besoin de vaincre avec nous. Nous le laissons gagner parce qu’il nous a pétrifiés. Et comme des Témoins de Jéhovah, nous nous résignons alors à le laisser régner. La Foi doit nous amener à d’autres sommets. L’horizon du guerrier catholique est celui du martyre. Martyre pour le monde afin d’être sauvé. Martyre comme d’un chemin.

Il est donc impossible comme le professent les témoins de Jéhovah d’être sauvé sans aller à l’affrontement. Dans leur histoire, le monde est parfois venu les chercher, pour qu’ils renient leur foi. Il me semble qu’alors, ils ont bien plus appris d’eux-mêmes qu’en toute autre occasion. L’Église en est arrivée bien plus loin, tout en étant tentée au quotidien par cette forme de régression. Loin de renoncer à se battre, il lui faudra poursuivre Son chemin en renonçant aux solutions faciles. 

3 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “Vivre en samouraï moderne, selon Patrice Franceschi”, Breizh du 09/04/2019.

    “Apte, à ce titre, de traverser les temps et de « [bâtir] des ponts entre ce qui valait dans le monde d’hier et ce qui vaudra toujours dans le monde de demain » (Propos 143).”

    “Celui de votre condition de mortels : devenir vous-mêmes. »”

    Devenir soi-même = individualisme. Quant à bâtir des ponts entre le monde d’hier et de demain, ce concept est aussi le fait d’une société occidentale, pas du tout japonaise. Il y a bien des choses à prendre de l’esprit samouraï, mais certainement pas cela. 

     

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    Saint Raphaël Arnáiz Barón (1911-1938)

    moine trappiste espagnol Écrits spirituels, 15/12/1936 (trad. Cerf 2008, p. 268, rev.)

    « Abandonnant tout, l’homme se leva et se mit à le suivre »

    Il y a des jours où des avions traversent le ciel à des vitesses prodigieuses, survolant le monastère. Le bruit de leurs moteurs effraye les petits oiseaux qui nichent dans les cyprès de notre cimetière. En face du couvent, traversant les champs, il y a une route goudronnée où circulent à toute heure des camions et des voitures de tourisme qui ne s’intéressent pas à la vue du monastère. Une des principales voies ferrées de l’Espagne traverse aussi les terres du monastère… On dit que tout cela est liberté… Mais l’homme qui médite un peu verra comme le monde se trompe, au milieu de ce qu’il appelle liberté…

     

          Où se trouve donc la liberté ? Elle se trouve dans le cœur de l’homme qui n’aime que Dieu. Elle est dans l’homme dont l’âme n’est attachée ni à l’esprit ni à la matière, mais seulement à Dieu. Elle est dans cette âme qui n’est pas soumise au moi égoïste ; dans l’âme qui s’envole au-dessus de ses propres pensées, de ses propres sentiments, de son propre souffrir et jouir. La liberté est dans cette âme-là dont la seule raison d’exister est Dieu ; dont la vie est Dieu et rien de plus que Dieu.

     

          L’esprit humain est petit, il est réduit, il est sujet à mille variations, des hauts et des bas, des dépressions, des déceptions, etc., et le corps, avec une telle faiblesse. La liberté est donc en Dieu. L’âme qui passant vraiment par-dessus tout fonde sa vie en lui, on peut dire qu’elle jouit de la liberté, dans la mesure du possible pour celui qui est encore dans ce monde.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    “Condamné, le cardinal Barbarin va remettre sa démission au pape”, AFP du 07/03/2019.

    Voici la situation typique à laquelle nous ne devons plus arriver. Un faux procès. Un refus du combat. Un écrasement. Une défaite sans martyre. 

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