Accueil » Eglise/Religion » Les incohérences politiques dans Fratelli Tutti
AIMELES Antiféminisme

Les incohérences politiques dans Fratelli Tutti

Publié le 8 octobre 2020 par Léonidas Durandal à 12 h 02 min

que notre culture nous a guéri de la pauvreté. Il considère que l’existence de cette richesse justifie un mode de redistribution égalitaire, sans se pencher sur la destruction culturelle/économique qu’engendrerait un tel procédé. Et pour appuyer ce raisonnement, il fait appel à une réflexion puritaine ou relativiste : oui le progrès technique est là, mais il reste des pauvres, et tant qu’il restera un seul pauvre, cette mécanique de création de richesse aura tort :

Car la réalité, c’est que « tant que notre système économique et social produira encore une seule victime et tant qu’il y aura une seule personne mise à l’écart, la fête de la fraternité universelle ne pourra pas avoir lieu ».[84]

Voilà qui entérine une inertie voire une oppression, car à ce compte là, nous n’y arriverons jamais, tandis qu’en acceptant une situation imparfaite, nous avons déjà bien progressé. Réflexion aussi relativiste du Pape qui évoque plus loin, des sortes de standards de consommation. Il ne suffirait plus que l’homme ait de quoi manger, l’eau et l’électricité, il faudrait aussi que les différences sociales ne soient pas trop grandes. Quand une personne a de quoi vivre, qu’est-ce qui la pousse à revendiquer plus qu’elle ne mérite par son travail, si ce n’est la jalousie ?

«  Ce serait merveilleux si la croissance de l’innovation scientifique et technologique créait plus d’égalité et de cohésion sociale »

Jusqu’à preuve du contraire, le but de l’Eglise n’est pas l’égalité ou la cohésion sociale mais Jésus. Et Jésus n’a pas voulu l’égalité sur terre. Il a voulu l’acceptation des différences en ce monde et l’égalité devant Dieu. L’innovation technique permet à l’individu de choisir entre le bien et le mal, de faire plus de bien grâce aux moyens technologiques, ou de faire plus de mal. C’est tout. C’est la responsabilité individuelle qu’il faudrait travailler au lieu d’un sentiment de groupe qui prive l’individu de faire ses choix, de choisir Dieu, de faire le bien et le mal en promouvant une collectivité justement incapable d’exercer ses responsabilités parce qu’elle cache de l’hypocrisie et des intérêts individuels sous prétexte de défense du collectif.

Le Pape ignore ainsi toutes les lois économiques et n’a pas identifié en elles, une résurgence de la loi naturelle. Pourtant ô combien le fonctionnement du marché ressemble à cette nature qu’il cherche à défendre à tout prix depuis le début de son pontificat. Dans ce cadre, les pays sous-développés ont besoin de protection avant de prospérer tandis qu’il soutient :

« qu’on s’efforce « de favoriser l’accès au marché international de la part des pays marqués par la pauvreté et le sous-développement »,

recette exacte pour faire faillite en se mettant en concurrence avec des pays qui vous dépassent parce qu’au préalable, vous n’aurez pas développé un biotope économique, un marché et une épargne locales. Ecosystèmes et économies, même combat.

De même, il voit les ressources naturelles comme des trésors exploitables par tous et partout, alors que dans la pratique, seuls les pays culturellement développés peuvent les faire fructifier. Ces ressources n’ont et n’auront jamais aucune valeur ajoutée dans les pays arriérés (l’exemple de Madagascar après la décolonisation ou encore récemment celui de la Nouvelle Calédonie sont cinglants). Un jour elles seront tout, demain elles ne seront rien au gré des progrès techniques. S’il y a guerre à cause de ces ressources, c’est entre pays développés, ce qui constitue un autre débat par rapport à celui que le Pape nous propose. 

J’emploie le terme « d’arriéré » à dessein. Le Pape ne le ferait pas, tout en défendant la responsabilité humaine, autre contradiction. Ainsi dans un cas, la réussite des uns ne saurait leur être attribuée pas plus que l’échec des pays/gens pauvres, mais dans l’autre, nous serions responsables de nos actes. Les riches n’auraient pas mérité leur richesse :

« Saint Jean Chrysostome le résume en disant que « ne pas faire participer les pauvres à ses propres biens, c’est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous détenons, mais les leurs ».[92]

Ils auraient par contre la responsabilité de la distribuer. Et à l’inverse, les pauvres ne seraient responsables en rien de leur situation.

L’échec ou la réussite économique ne seraient donc pas le résultat de choix humains, mais descendraient directement du ciel, comme l’imaginaient les peuples archaïques…  

« Tout comme il est inacceptable qu’une personne ait moins de droits parce qu’elle est une femme, il est de même inacceptable que le lieu de naissance ou de résidence implique à lui seul qu’on ait moins de possibilités d’une vie digne et de « >

Lire la suite

7 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    "" Le Vatican ouvre la voie aux vaccins avec des cellules de fœtus avortés : « moralement accep-tables » MPI du 21/12/2020.

    Comment être tous frères si notre vie dépend de la mort d'enfants ? Face à une épidémie très dangereuse, la position du Vatican serait tenable. Mais là, ça paraît excessif.

  2. Ping de François de sexe male:

    Un passage que je voulais depuis longtemps vous soumettre, M. Durandal, à vous et vos lecteurs. Mais il me fallait le retrouver. (et je ne suis pas sûr de poster ce commentaire dans le bon article)

    "C'est la corruption en grand que nous avons entreprise, la corruption du peuple par le clergé et du clergé par nous, la corruption qui doit nous conduire à mettre un jour l'Eglise au tombeau. (…) « Pour abattre le Catholicisme, il faut commencer par supprimer la femme. » Le mot est vrai, mais puisque nous ne pouvons supprimer la femme, corrompons-la avec l'Eglise. Corruptio optimi pessima. (…) Le meilleur poignard pour frapper l'Eglise au cœur c'est la corruption."

    Extrait de la lettre n°12 de Vindice, écrite de Castellamare, à Nubius, le 9 aout 1838. (une des lettres de la Haute-Vente [la Franc-Maçonnerie italienne] diffusée par le pape Saint Pie X au grand public.)

    Citée dans « La conjuration antichrétienne – Le temple maçonnique voulant s'élever sur les ruines de l'Eglise Catholique » de Mgr Henri Delassus.

    J'ai réussi à trouver une source informatique : page 1075 (page 327 sur la visionneuse web)

    https://pubhtml5.com/ejtz/ddtu/basic/301-350

    Etonnant non, ce lien entre la corruption de la femme et de l'Eglise !

    • Ping de Léonidas Durandal:

      La femme est la reproductrice. Si vous réussissez à la corrompre, vous rendez le principe auquel elle appartient, stérile. Ces imbéciles n’ont pas seulement corrompu la femme d’église, ils ont surtout corrompu la femme en général, avec pour conséquence, la stérilité qui est la nôtre. Imaginez, sur une des dernières vidéos que j’ai publiée, les femmes interrogées dans la rue s’imaginent être aussi fortes physiquement qu’un homme, et s’imaginent pouvoir agir et penser à l’identique d’un homme. Comment voulez-vous que ces cruches ne ratent pas pitoyablement leur vie ? Sans même parler de toutes ces demi lesbiennes que l’on aperçoit de plus en plus dans les rues avec leurs cheveux bizarres et leurs tatouages. L’image de la franc-maçonnerie a vraiment une sale gueule surtout si vous songez aux jolies communiantes que nous avions il y a seulement 50 ans. Ces gens là sont laids et promeuvent la laideur absolue. Et ils appellent cela tolérance, ou autre.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    "« Le pape François est favorable aux unions civiles pour continuer le combat contre le mariage homosexuel »" L'Obs du 22/10/2020.

    Je ne comprends pas pourquoi il a voulu se prononcer sur cette mesure civile. C'est faire trop de politique ou pas assez.