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Les retrouvailles père-fille dans Elfen Lied ou les suites d'une séparation

Publié le 6 mai 2021 par Léonidas Durandal à 16 h 50 min

Pour ne parler que de l’animation, Elfen Lied est un manga en 13 épisodes de Monsieur Okamoto Lynn (+ twitter). Nos elfes ont eu un succès incontestable au Japon. A ce point que désormais là-bas, ils peuplent nombre de créations originales. Il faut dire qu’ils renouvellent la personnification de ces petits kamis de la nature si chers à l’imaginaire nippon. Vous l’aurez compris, Elfen Lied, ou chant des elfes en Allemand, reprend notre folklore européen pour lui donner une autre dimension. Quoique.

A ce sujet, Elfen Lied est peut-être particulier. Ici, l’elfe n’est pas forcément japonisé. Au contraire, est-il présenté dès le début comme une créature étrangère venant d’on ne sait où (Lucy, Nana, Mariko sont des noms étrangers au Japon). Je gage que c’est un elfe allemand au vu du titre de l’oeuvre, créature que notre auteur a certainement rencontré dans sa jeunesse.

Tout au moins, ce lien quasi mystique qui unit l’Allemagne et le Japon se retrouve ici. Le Japon et la France se regardent comme deux pays exotiques, qui se rencontrent parfois autour d’un bon repas. A l’inverse, le Japon et l’Allemagne se considèrent d’égal à égal, possiblement amoureux l’un de l’autre. Il m’arrive d’être jaloux de ce lien moi qui ait tant d’attirance pour ce pays.

Notre elfe, allemand donc, va possiblement coloniser le Japon (le monde entier, ou tout au moins le territoire qui doit être défendu, c’est souvent un Japon maquillé dans les mangas) grâce à ses super pouvoirs. En somme, notre auteur japonais a-t-il le droit de trahir le pays de ses ancêtres et de tomber amoureux d’une étrangère allemande, au risque de voir la race japonaise détruite ? Je pourrais vous en raconter des tonnes sur le sujet, mais tel n’est pas l’objet de mon blog, ni le questionnement qui me tourmente le plus. En matière de problématique liée aux frontières, notre pays a de l’avance, ou plutôt du retard. Quant au premier amour dans tout ce qu’il a de plus ou moins approprié, je l’observe avec le regard bienveillant de l’ancêtre. Cette vision m’émeut mais elle ne me concerne plus, et quand je la rencontre dans une production artistique, la première réaction qui sourd en moi ressemble à de la nostalgie.

Intéressons-nous donc à l’une seule des deux séquences majeures et magistrales d’Elfen Lied. Laissons de côté celle des amours difficiles et qui naissent d’une volonté de tuer père et sœur, auxquels un petit garçon est trop attaché. Et rapprochons-nous des personnages de Kurama et de Mariko dans l’épisode 13.

Kurama est le professeur foldingue en charge de l’étude des elfes. Mariko est l’un de ses sujets d’étude. Enfin ne l’a-t-il jamais rencontré jusque là et la connaît-il seulement sous le numéro 35. Mariko a été sortie du laboratoire pour éliminer Lucy, un autre sujet elfe qui s’est échappé en tuant pas mal d’humains.

Les elfes ont un talent fou pour démembrer les habitants de la terre avec leurs gigantesques bras invisibles. Ils sont à fleur de peau et ne supportent pas les humiliations. Ils voudraient pouvoir vivre dans un monde plus juste et bienfaisant. Or, la réalité est la réalité comme qui dirait. Blessée affectivement par les humains, Lucy révèle sa vraie nature au monde en tuant ceux qui l’avaient agressée, puis en tuant bien d’autres personnes qu’elle croise sur son chemin.

Quand je dis qu’elle révèle sa vraie nature, il y a aussi, comme en chacun d’entre nous, la petite Lucy innocente, aussi tendre que l’autre est implacable. Bref, il n’est pas possible qu’elle continue son triste chemin sans que l’humanité n’y mette un terme. Trop d’excès de sa part. Surtout qu’elle a le pouvoir de contaminer les femmes humaines qui accouchent dès lors d’enfants mutants. Notre espèce est en péril.

Penchons-nous maintenant sur notre deuxième mutante. La mère de Mariko est morte d’une suite de couche en voulant protéger son enfant mutant de son père décidé à s’en débarrasser. Le père en question, c’est notre professeur foldingue qui s’est fait contaminé au laboratoire, mais qui n’hésite pas à envisager l’élimination de sa progéniture, comme il a éliminé bien d’autres mutants auparavant. Or la mère, en sacrifiant sa vie, réussit à lui arracher une décision sentimentale. La petite vivra. Sous le numéro 35 donc. Et il n’ira jamais la voir.

Nous voilà donc rendu au dernier épisode de la série. Après bien des pérégrinations que je vous laisse le soin de découvrir, le professeur Kurama, sa fille Mariko, Lucy et Nana se retrouvent « >

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