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AIMELES Antiféminisme

Les retrouvailles père-fille dans Elfen Lied ou les suites d'une séparation

Publié le 6 mai 2021 par Léonidas Durandal à 16 h 50 min

reconstruisent un imaginaire « normal » à partir du moment où l’enfant et le père fantasmatique vont disparaître.

A vrai dire, cette deuxième hypothèse est bien proche de la première. Qu’ils aient vécu ou non ces bons moments, qu’ils soient donc fantasmés ou réels, ils doivent en faire le deuil et accepter de les voir disparaître. Juste avant, ils se rapprochent, sont un peu terrifiés par le pas qu’ils vont devoir franchir, et ces souvenirs arrivent comme pour mettre un peu de baume sur leurs blessures. Pour redonner du sens à ce qui n’en avait plus.

Enfin la 3ème hypothèse voudrait que la mort de tous ces elfes, uniquement féminins et avec des prénoms étrangers, soit un renoncement à la femme venue « d’ailleurs », et donc, à avoir un enfant avec l’une de ces femmes. D’ailleurs, le patron qui organise la torture des elfes, ainsi que son fils, développent leur recherche dans le but de s’approprier le pouvoir elfe, mais ils sont considérés comme fous par le scénariste. Fous parce que ce sont des hommes qui veulent acquérir les pouvoirs féminins. Et fous parce qu’ils poussent leur recherche jusqu’à devenir mutants.  Mais cette 3ème hypothèse du renoncement à la femme venue d’ailleurs, n’est pas non plus antinomique avec la reconstruction fantasmatique d’une vie normale ou encore le stigmate d’un divorce.  

Je n’ose imaginer une 4ème hypothèse où notre auteur, homme, se serait identifié à une petite fille allemande. Ce serait trop moche. Et puis trop d’éléments contredisent cette hypothèse comme la dénonciation de ces hommes qui veulent prendre les pouvoirs féminins. 

Par rapport à cette 3ème hypothèse, je n’ai pas trop développé l’imaginaire du scénariste concernant les femmes. Il est temps que je m’y attache un peu avant la fin tant il est riche. Pour résumer : des femmes ultra-puissantes, mais qui ne sont rien sans père/famille. Elles déploient leurs mains invisibles contre lesquelles les hommes ne sont pas armés, sauf de technique. Le militaire Bando dont l’orgueil est blessé par la supériorité de ces femmes, se fera balayer par toutes celles-là. La pitié seule d’une petite SDF le sauvera.

L’homme se croit fort physiquement face aux femmes. Seulement cette réalité n’est qu’apparences. La raison/la technique sont déjà plus probants, sans toutefois atteindre le niveau de cette mystique féminine (que l’on retrouve par exemple dans les Bene Gesserit de « Dune »). Seul le lien intergénérationnel permettra de mettre un frein à la toute puissance destructive féminine, idée qui fait partie du fond idéologique de mon blog. Autre idée que je développe depuis longtemps : la hiérarchie quasi-animale entre femmes, ici basée sur le nombre de bras. Les femmes savent évaluer la force psychique d’une autre de manière assez instinctive, tout comme les hommes, en général, connaissent quel est le respect obligatoire dû à un autre homme. Cette reconnaissance interne entre les sexes ne correspond pas forcément à l’image qu’un sexe a sur l’autre. Les femmes ont tendance à surestimer la position sociale, qui n’est parfois rien entre hommes. 

Bras cachés/force réelle. Cette animation fonctionne d’ailleurs systématiquement sur deux plans : un premier plan de société policé. Un second plan de guerre généralisée. Des femmes toutes-puissantes mais fragiles. Des hommes ambitieux jusqu’à l’exploitation des femmes contre des hommes gentils. Ici, la caricature prend un peu le dessus sur la profondeur de cet environnement scénaristique. 

Mais concluons sur le point principal de mon article : la rencontre père-fille. Ils vivent ensemble cette dernière épreuve, Mariko s’en remettant à son père après qu’il lui a ouvert son coeur, à son tour. Ils se serrent l’un contre l’autre, et c’est la fin. Pas tout à fait en vérité, puisque l’essentiel du manga n’est pas là. Et pourtant comment ne pas sentir qu’en y mettant tout son coeur, l’auteur en a fait le point d’orgue de cette histoire. Peut-être malgré lui qui sait, car quelle est la source réelle d’un imaginaire ? Le décalage est souvent grand entre ce qu’une personne a voulu raconter dans une fiction et ce qu’elle raconte vraiment. Seul l’auteur pourrait nous éclairer sur ce point. 

 

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