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Antiféminisme Aimeles

Les infanticides par avortement dans la société française à partir de 1556

Publié le 30 mai 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

d’icelui, publier à son de trompe et cri public, par les carrefours et lieux publics, à faire cris et proclamations, tant de notre ville de Paris, qu’autres lieux de notre royaume ; et aussi par les officiers des seigneurs hauts justiciers en leurs seigneuries et justices, en manière qu’aucun n’en puisse prétendre cause d’ignorance, et ce de trois mois en trois mois. Et outre, qu’il soit leu et publié aux prônes des messes parrochiales desdites villes, pais, terres et seigneuries de notre obéissance, par les curez ou vicaires d’icelles ; et icelui édit gardent et observent, et fassent garder et observer de point en point selon sa forme et teneur, sans y contrevenir. Et pour ce que de cesdites présentes l’on pourra avoir affaire en plusieurs lieux, nous voulons qu’au vidimus d’icelles, fait sous scel royal, foy soit ajoutée comme à ce présent original, auquel en témoin de ce, afin que soit chose ferme et stable, nous avons fait mettre notre scel. Donné à Paris au mois de février, l’an de grâce mil cinq cens cinquante-six ; et de notre règne le dixième. Ainsi signé sur le repli, par le Roy en son conseil, CLAUSSE. Lecta, pubicata et registrata, audito et requirente Procuratore generali Regis, Parisiis in Parlamento, quarto die martii, anno Domini millesimo quingentesimo quinquagesimo sexto. Sic signatam, Du TILLET. Collation est faite à l’original, ainsi signé, Du TILLET.

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FIN DE TEXTE

 

***

 

La loi arrive après la récidive de nombreuses femmes qui ont menti devant les juridictions alors que ces dernières avaient été clémentes avec elles. Ce constat amène le Roy à une forme de sévérité. A aucun moment il n’est fait mention de celles qui ont pu avoir aidé ces femmes. Les seules responsables de leur corps sont les mères. L’infanticide par avortement n’est pas distingué de l’infanticide : on pourrait même penser que la notion d’avortement n’existe pas, si on ne comprenait pas que le texte vise en principal, celles qui cherchent à cacher leur grossesse, et donc à se soustraire à une maternité officielle par tous les moyens. En réalité l’infanticide est très difficile à prouver, l’infanticide par avortement l’est encore plus, et de nombreuses femmes qui se sont soustraites aux lois de Dieu et des hommes, échappent à une juste sentence en étant acquittées par manque de preuve ou par complaisance.

 

Le relâchement inévitable.

 

Quelques décennies plus tard, certains curés “oublient” de rappeler la loi à leurs paroissiennes tous les 3 mois, comme l’édit le leur ordonne. Il y est sous-entendu qu’ils y voient une intervention inappropriée de l’Etat dans leurs affaires, mais il n’est pas certain que ce ne soit pas non plus, une question de convictions. Dans tous les cas, à cause de ce relâchement, la pratique des avortements clandestins, des grossesses cachées et des infanticides néo-natals reprennent leur œuvre de gangrenage de la société. Louis XIV publie donc un édit de rappel contre le laxisme ambiant car comme le fait écrire le Roy, si cette loi est promulguée par l’Etat à des fins temporelles, certes, elle l’est aussi à des fins spirituelles.

 

 

***

 

Donnée à Versailles le 25 février 1708.

Louis, par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre : à tous ceux qui ces présentes verront, SALUT. Le roy Henry Second ayant ordonné par son édit du mois de février 1556 que toutes les femmes qui auroient celé leur grossesse et leur accouchement, et dont les Enfans seraient morts sans avoir reçu le saint sacrement de baptesme, seraient présumées coupables de la mort de leurs Enfans et condamnées au dernier supplice. Ce prince crût en mesme temps qu’on ne pouvoit renouveller dans la suite avec trop de soin le souvenir d’une loy si juste et si salutaire ; ce fût dans cette vue qu’il ordonna qu’elle serait lue et publiée de trois mois en trois mois, par les curez ou leurs vicaires aux prônes des messes paroissiales ; mais quoy que la licence et le dérèglement des moeurs qui ont fait de continuels progrez depuis le temps de cet edit, en rendent tous les jours la plublication plus nécessaire, et que nostre parlement de Paris l’ait ainsi jugé par un arrest du 19 mars de l’année 1698, qui renouvelle à cet égard l’exécution de l’edit de l’année 1556. Nous apprenons néanmoins que depuis quelque temps plusieurs curez de nostre royaume ont fait difficulté de publier cet edit, sous prétexte que par l’article XXXII de nostre “>

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12 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “Nouveau-né mort en Bretagne: la mère en prison”, AFP du 01/11/2018.

    Vont-ils commencer à sanctionner ces homicides dès lors qu’ils sont en train de se multiplier… responsables de nombreux morts.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    “IVG : faut-il supprimer la clause de conscience pour les médecins ?” L’Obs du 23/09/2018.

    Nous sommes passés d’une situation où les faiseuses d’ange assassins étaient condamnées, à une situation où nous envisageons d’obliger les soignants à devenir des assassins.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    “Remise en cause du droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Sarthe”, Paternet du 01/08/2018.

    Une ministre et une députée qui considèrent l’infanticide par avortement comme “un soin”. Nous sommes très proches d’une forme de maladie mentale collective.

  4. Ping de Léonidas Durandal:

    “A Bordeaux, une mère jugée pour l’infanticide de cinq nouveau-nés”, L’Express du 19/03/2018.

    Désormais, des mères se permettent de tuer leurs enfants après la naissance.

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    Elle injecte à sa fille des produits vétérinaires pour la tuer :


    Express du 07/08/2013

  6. Ping de Léonidas Durandal:

    Elle emporte son enfant dans la mort en se défenêstrant :


    Sud ouest du 08/08/2013

  7. Ping de Léonidas Durandal:

    Elle injecte à sa fille des produits vétérinaires et la tue :


    Express 07/08/2013

  8. Ping de Léonidas Durandal:

    Si mon travail offre une vue d’ensemble sur le sujet, la coïncidence a voulu que le même jour où j’ai publié mon texte, Civitas nous envoie une lettre d’information avec une vidéo de Jean de Viguerie spécifique au thème de l’avortement sous l’Ancien Régime :

    La porte latine mai 2013

     

    Une communication sur la conférence qu’il a tenu sur ce sujet devrait être publiée d’ici peu. Je l’attends avec impatience. Son travail plus détaillé que le mien sur la période sus-mentionnée complètera, je l’espère, ma partie sans lui retirer, toutes les hypothèses théoriques sur lesquelles je me suis basé pour avancer mon concept “de responsabilité relative des femmes” dans notre société française jusqu’à aujourd’hui.

  9. Ping de TAMERE:

    ise en marche de la féminisation de la société provoquée par de nombreux hommes, par des femmes malades, et la libéralisation des mœurs sont allés de pair avec un chamboulement qui leur a été néfaste : progressivement déresponsabilisées au foyer et dans leur relation de couple (divorce, maternités refusées), alors qu’elles l’étaient déjà en terme judiciaires, elles ont été responsabilisées totalement dans un domaine salarié où plus elles s’investissaient plus elles perdaient leurs prérogatives de femmes, dans les activités familiales qui leur étaient chères. Ainsi, une génération d’hommes immatures et de femmes psychologiquement troublées,  ici sont écrits par vous même les termes vous définisant. Une telle bêtise fait peine à lire. 

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