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Antiféminisme Aimeles

Les infanticides par avortement dans la société française à partir de 1556

Publié le 30 mai 2013 par Léonidas Durandal à 0 h 00 min

noter que le déshonneur d’être reconnue comme une fille-mère, d’avoir forniqué ou d’avoir péché avec un autre que son mari, n’est en rien comparable pour le Roy avec celui de tuer son enfant, preuve que les autorités hiérarchisaient les comportements, acceptant les uns, contraints et forcés, tandis qu’ils tentaient d’empêcher les autres avec fermeté. Ici le crime social est finalement accepté, bien qu’il soit pesant pour la société (phénomène des filles-mères), tandis que le crime qui soulagerait la communauté (l’infanticide par avortement) est lui, proscrit religieusement. Dans le cas présent, les intérêts matériels sont soumis aux intérêts spirituels. Il est à noter qu’à la même époque ces femmes refusent parfois de donner à la communauté le nom du père de leur enfant, même sous la pression des prêtres à l’accouchement (pratique abandonnée rapidement) faisant de leur situation de filles-mères une situation assumée. Quand celle-là ne l’est pas, les femmes concernées peuvent laisser en vie leur enfant tout en l’abandonnant. Durant des périodes très larges de l’histoire de France et à partir du 12ème siècle, des tours d’abandon seront même prévues à cet effet. De nombreuses possibilités sont donc offertes aux femmes pour continuer à vivre dans un cadre social normé, quand elles le veulent bien.

 

 

Des édits qui cherchent à responsabiliser les femmes.

 

La femme est considérée en pleine responsabilité de ses actes, avec les défauts moraux de toute personne humaine qui a le pouvoir d’enfreindre la loi si on ne la contraint pas à la respecter. Elle est donc soumise aux mêmes sanctions qu’un homme en cas de meurtre : elle risque la peine de mort, forme d’égalité suprême dans la différence des actes perpétrés. Elle a une âme, elle est donc responsable du bien et du mal qu’elle commet. Après la révolution, la femme perdra son âme et deviendra un être dénué de responsabilités, qu’il faudra protéger de tout par un double mouvement d’infantilisation et de déification propre à des êtres révolutionnaires qui tuant symboliquement le père, voulaient en prendre la place et régressèrent de ce fait, d’une religion complexe à un culte de la déesse mère.

 

Fin de l’Ancien Régime :

 

Cette période se termine par un relâchement des mœurs et des sanctions envers les femmes infanticides.

 

 

Résumé : l’Ancien Régime et les infanticides par avortement.

 

L’avortement est un abus de langage pour cette époque. Cette notion mettra du temps à émerger. Durant cette période, elle est généralement confondue avec celle d’infanticide. On tue un enfant qui a une âme ou on ne le tue pas. L’utilisation de la notion d’avortement permettra de commencer à soulager les consciences un peu plus tard. Les deux seules questions qui se posent à l’époque sont celles de savoir à partir de quel âge l’enfant possède une âme et quelle peut-être la sanction pour les mères infanticides. La grande mansuétude à l’égard des femmes homicides devant les tribunaux est tempérée par des cas de récidives nombreux et dramatiques. Le Roy en vient à appliquer des mesures fermes à leur égard. Mais il n’est pas dit que les pratiques sociales laxistes n’aient pas perduré comme le sous-entend le rappel à l’ordre de Louis XIV et comme les similitudes avec le 19ème siècle le suggèrent. Comme nous le verrons un peu plus loin dans cette étude, 300 ans après l’édit d’Henri II, après un changement de régime politique, les pratiques judiciaires se révèlent être très similaires à celles du 16ème siècle : acquittements nombreux, mansuétude des juges devant la difficulté à rassembler des preuves matérielles, excuses… ce qui tendrait à indiquer une tendance de fond de la société française à dédouaner le plus souvent possible les femmes de toute responsabilité.

 

 

Esprit des lois et réalité vécue au 19ème siècle.

 

Les lois

 

  • 1791 : article 17, titre 2, atteinte aux personnes (15) : la personne qui provoque un infanticide par avortement peut-être poursuivie, et condamnée à 20 ans sous les fers. La mère qui a commandité le crime n’est pas poursuivie (5). La Révolution cherche donc à prendre l’exact contre-pieds de l’Ancien Régime. Celui qui poursuit sa fin n’est pas condamné, tandis que celui qui met à disposition les moyens, est fermement réprimé.
  • 1810: l’article 317 du Code civil (Code Napoléon) (14) est une tentative de conciliation entre les lois de “>

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12 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “Nouveau-né mort en Bretagne: la mère en prison”, AFP du 01/11/2018.

    Vont-ils commencer à sanctionner ces homicides dès lors qu’ils sont en train de se multiplier… responsables de nombreux morts.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    “IVG : faut-il supprimer la clause de conscience pour les médecins ?” L’Obs du 23/09/2018.

    Nous sommes passés d’une situation où les faiseuses d’ange assassins étaient condamnées, à une situation où nous envisageons d’obliger les soignants à devenir des assassins.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    “Remise en cause du droit à l’interruption volontaire de grossesse dans la Sarthe”, Paternet du 01/08/2018.

    Une ministre et une députée qui considèrent l’infanticide par avortement comme “un soin”. Nous sommes très proches d’une forme de maladie mentale collective.

  4. Ping de Léonidas Durandal:

    “A Bordeaux, une mère jugée pour l’infanticide de cinq nouveau-nés”, L’Express du 19/03/2018.

    Désormais, des mères se permettent de tuer leurs enfants après la naissance.

  5. Ping de Léonidas Durandal:

    Elle injecte à sa fille des produits vétérinaires pour la tuer :


    Express du 07/08/2013

  6. Ping de Léonidas Durandal:

    Elle emporte son enfant dans la mort en se défenêstrant :


    Sud ouest du 08/08/2013

  7. Ping de Léonidas Durandal:

    Elle injecte à sa fille des produits vétérinaires et la tue :


    Express 07/08/2013

  8. Ping de Léonidas Durandal:

    Si mon travail offre une vue d’ensemble sur le sujet, la coïncidence a voulu que le même jour où j’ai publié mon texte, Civitas nous envoie une lettre d’information avec une vidéo de Jean de Viguerie spécifique au thème de l’avortement sous l’Ancien Régime :

    La porte latine mai 2013

     

    Une communication sur la conférence qu’il a tenu sur ce sujet devrait être publiée d’ici peu. Je l’attends avec impatience. Son travail plus détaillé que le mien sur la période sus-mentionnée complètera, je l’espère, ma partie sans lui retirer, toutes les hypothèses théoriques sur lesquelles je me suis basé pour avancer mon concept “de responsabilité relative des femmes” dans notre société française jusqu’à aujourd’hui.

  9. Ping de TAMERE:

    ise en marche de la féminisation de la société provoquée par de nombreux hommes, par des femmes malades, et la libéralisation des mœurs sont allés de pair avec un chamboulement qui leur a été néfaste : progressivement déresponsabilisées au foyer et dans leur relation de couple (divorce, maternités refusées), alors qu’elles l’étaient déjà en terme judiciaires, elles ont été responsabilisées totalement dans un domaine salarié où plus elles s’investissaient plus elles perdaient leurs prérogatives de femmes, dans les activités familiales qui leur étaient chères. Ainsi, une génération d’hommes immatures et de femmes psychologiquement troublées,  ici sont écrits par vous même les termes vous définisant. Une telle bêtise fait peine à lire. 

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