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Antiféminisme Aimeles

L’exhortation amoris laetitia et l’influence féministe

Publié le 8 juin 2016 par Léonidas Durandal à 8 h 07 min

Quel beau texte en général sur le rôle du père, de la mère, les besoins des enfants. Inutile pour moi de commenter les nombreux points admirables de cette exhortation post synodale que vous pourrez lire si vous ne l’avez déjà fait. Je voudrais plutôt me pencher sur cette petite partie qui m’interroge.

La reprise du discours féministe induit à chaque fois des erreurs de constat qui aboutissent à des discours biaisés.

Dans le paragraphe 54, les violences faites aux femmes y sont dénoncées. Ce serait très bien si les violences faites aux hommes en tant qu’hommes, beaucoup plus nombreuses, n’étaient pas absentes du texte. Le Pape semble les ignorer complètement. Qu’importe que les suicidés soient très majoritairement des hommes, que les hommes soient obligés de mourir à la guerre dans des conflits iniques dans lesquels ils ne se sont pas engagés, que les garçons soient discriminés à l’école dans nos sociétés occidentales, et plus au chômage parfois comme en France en tant de crise, que les lois soient devenues discriminatoires à leur égard (voir les violences conjugales), que la majorité des situations de pauvreté réelle (mise à la rue) concerne 90 % des hommes, aucun de ces thèmes, et j’en passe, n’est abordé.

L’homme est pourtant la variable d’ajustement de nos sociétés de femmes, et ces dernières ne sont touchées que lorsque la faillite de tous les hommes de leur entourage est complète. La vraie misère est masculine, il n’y a qu’à voir la composition des bateaux de migrants pour finir de s’en convaincre. Or notre Pape si à cheval sur la question des illégaux, ne fait même pas ce constat simple : celui de la violence majoritaire faite aux hommes.

Dans ce discours de plainte à l’égard des femmes, jamais celles-ci ne sont pointées du doigt pour leurs mauvais comportements, seulement le « machisme » de sociétés archaïques. Or quand par exemple, notre Pape dénonce les mutilations génitales subies par les femmes, je voudrais bien savoir ce que les hommes ont à voir dans cette histoire, puisque cet acte est pratiqué par des femmes sur des femmes ! Et qu’il a pour but de dominer les hommes en contrôlant leur plaisir…

Ainsi, tous ces sujets de défense du droit des femmes sont abordés superficiellement, à la manière féministe, biaisés, à grand coup d’invectives non argumentées. Quand notre Pape dénonce l’«inégalité d’accès à des postes de travail digne et aux lieux où se prennent les décisions » pour les femmes, je me demande s’il veut parler du Vatican. Sans rire, tous ces hommes qui sont les premiers à souscrire au pouvoir des femmes, sont aussi les premiers à éviter de s’appliquer les règles qu’ils veulent imposer aux autres. Eux, bien entendu, ils ont de bonnes raisons. Dans l’Église, ils remplissent le ministère à l’image de Jésus, qui était un homme et qui parlait en tant qu’homme. Mais ils ne s’imaginent pas qu’ailleurs, les employeurs aient des motifs aussi valables que les leur. Il suffit de penser qu’à CV égal, les femmes sont favorisées à l’embauche pour comprendre que le problème ne vient peut-être pas de questions discriminatoires, si ce n’est à l’égard des hommes… sans parler de tous les autres nombreux thèmes dont j’alimente sur mon blog.

J’aurais bien aimé aussi que notre Pape développe un peu sa pensée sur certains sujets :

« Certains considèrent que beaucoup de problèmes actuels sont apparus à partir de l’émancipation de la femme. Mais cet argument n’est pas valide, « cela est faux, cela n’est pas vrai ! C’est une forme de machisme ». L’égale dignité entre l’homme et la femme nous pousse à nous réjouir que les vieilles formes de discrimination soient dépassées, et qu’au sein des familles un effort de réciprocité se réalise. Même si des formes de féminisme, qu’on ne peut juger adéquates, apparaissent, nous admirons cependant une œuvre de l’Esprit dans la reconnaissance plus claire de la dignité de la femme et de ses droits. » (Catéchèse d’avril 2015 L’osservatore romano)

En guise d’argument, le texte nous propose une énième invective, et jamais rien n’est répondu en matière de destruction de la femme à partir de son « émancipation ». Il est pourtant difficile d’ignorer que nos problèmes modernes et ceux des femmes, datent de cette « émancipation ». Quand bien même le Vatican reprendrait les constats féministes, n’aurait-il pas pu conclure que l’augmentation des violences faites aux femmes, des viols dans nos sociétés Occidentales, ou des situations de pauvreté lié à l’isolement coïncident justement avec cette soi-disant émancipation. Plus loin notre Pape énumère longuement tous les méfaits liés à la réduction des familles à la cellule nucléaire, voire « >

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7 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Des religieuses dénoncent leur asservissement au Vatican », AFP du 05/03/2018.

    Eh voilà, ce qui devait arriver arriva.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « “Amoris laetitia” : les quatre cardinaux des “Dubia” publient une nouvelle lettre au pape François, faute d’avoir obtenu une audience », Jeanne Smits du 20/06/2017.

    Existe-t-il des absolus ? En morale, il n’y a aucun absolu.

    Dans cet exemple, l’absolu du mariage est par exemple basé sur une omission des paroles de Jésus sur le mariage. Jésus considère que certains mariages ne sont pas valides. Mais l’Eglise souscrivant à la société de son époque a considéré qu’elle devait l’accompagner de manière aveugle. Aujourd’hui, nous luttons donc contre nos manques de nuances passés. D’un côté une Eglise qui se veut détentrice de la parole divine sans avoir à se remettre en question, cherche un mode de fonctionnement social plus juste, tout l’inverse de ce qu’elle devrait faire. De l’autre, des personnes attachées à la vérité, ne comprennent pas que l’Eglise veuille continuer à effectuer ces changements théologiques dus à l’air du temps, cependant qu’elle ne veuillent pas prendre en compte les vraies paroles de Jésus sur le sujet et sa démarche de toujours en matière de morale. Ce sujet nous renvoie encore et encore à l’horrible débat entre progressistes et traditionalistes dans notre Eglise.

  3. Commentaire de kasimar:

    « Quand par exemple, notre Pape nous invite à grandir en responsabilité à travers le mariage et les enfants, beaucoup d’hommes en sont à se poser la question s’ils ont une seule raison objective de le faire. »

    Vous ne croyez pas si bien dire, j’en suis moi-même, et je suis loin, très loin d’être un cas isolé, bien que mon cas soit probablement différent de mes frères de misère

  4. Commentaire de Léonidas Durandal:

    « Elle prive son fiancé de sexe pour obtenir tout ce qu’elle veut », Journal du Québec du 14/06/20216.

    Voilà la contrainte dont le Pape n’a pas parlé et qui est pourtant beaucoup plus fréquente que celle d’un homme envers une femme  (à laquelle les femmes ont tous les moyens de se soustraire si elles y mettent un peu de bonne volonté).

  5. Commentaire de François ALLINE:

    Tu m’étonnes… C’est s^r que sans les femmes il n’y aurait plus d’église depuis longtemps… Il soigne ses « clientes » ce bon François

    Sans les mères, non seulement il n’y aurait pas de nouveaux fidèles, mais la foi perdrait une bonne partie de sa chaleur simple et profonde… » (Osservatore romano Catéchèse 2015) 

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