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AIMELES Antiféminisme

L’exhortation amoris laetitia et l’influence féministe

Publié le 8 juin 2016 par Léonidas Durandal à 8 h 07 min

à la femme seule avec enfants, par contre, et ce qui est incompréhensible, il n’identifie pas le rôle du féminisme dans cet effondrement. Je ne comprends même pas pourquoi l’Église qui a tant combattu cette régression, ne veuille pas recueillir aujourd’hui les fruits de son engagement. C’est incompréhensible si ce n’est à envisager que le Pape est largement influencé en sous-main par des féministes dans son entourage et qui l’empêchent de penser objectivement sur ces questions.

Autre influence féministe au paragraphe 154, quant à la notion de devoir conjugal. C’est bien de rappeler que « même dans le mariage, la sexualité peut devenir source de souffrance et de manipulation », et qu’il ne peut y avoir d’acte imposé. Mais en matière de manipulation et de souffrance, il y a surtout le conjoint qui joue du désir plus grand de l’autre pour le contraindre à la soumission par l’abstinence. Là encore, seul le point de vue féministe est défendu, très loin des conditions de respect et d’échange qui doivent régner dans un couple. Le cas exceptionnel de maltraitance devient le centre du raisonnement et obère ainsi la réalité. Ainsi aurait-il été peut-être préférable de parler de la joie de se donner, plutôt que d’introduire l’arme du chantage dans la sexualité comme règle générale.

Evidemment cette influence féministe va au paragraphe 156 jusqu’à une remise en cause de Saint Paul aux Ephésiens dans lequel ce dernier demande la soumission de la femme à son mari. Cette admonestation culturelle serait surannée. Ce faisant, notre Pape oublie la suite de la lettre de saint Paul, encore plus exigeante pour les hommes « aimez votre femme », et ignore ainsi toute forme de réciprocité dans la différence. Saint Paul appelle chacun à faire ce qui lui est le plus difficile. Les femmes d’hier comme d’aujourd’hui veulent tout commander et ne laisser aucune place à l’homme, à l’image de ces mères toutes puissantes. Saint Paul leur demande de céder la place à leur mari. A l’inverse, les hommes aiment facilement le corps de leur femme jeune, ce qu’on ne peut appeler de l’amour. Il invite donc les hommes à entrer dans une vraie relation pour l’être de leur épouse. Voilà qui est d’une toute autre profondeur que de vouloir indifférencier les rapports entre hommes et femmes, puis de s’étonner que cette idée se propage avec la théorie du genre. A ce sujet, une Italienne vient justement d’écrire deux livres, l’un à l’intention des femmes : « Marie-toi et sois-lui soumise ». L’autre pour les hommes « Marie-toi et donne ta vie pour elle ». Comme d’habitude, les hommes sont à la remorque des femmes sur ces sujets là, ce qui laisse perplexe quand un Pape valide la « domination patriarcale du passé » et soutient qu’il ne doit pas y avoir de rôles dans les tâches communes (paragraphe 286) tout en parlant de réciprocité. Alors oui, a priori, tout le monde peut tout faire, mais il est aussi bon pour chacun de vivre dans une certaine complémentarité, de développer une culture qui lui est plus naturelle, et surtout source de concorde.

Par la suite, il est inutile de reprocher aux familles de manquer de temps pour s’occuper des enfants tandis que la substituabilité de chacun est encouragée sur le marché du travail. Si l’insertion professionnelle des femmes doit être totale dans des métiers exigeants, il faut alors que l’homme investisse le foyer, en sachant qu’il ne pourra pas remplacer une mère, ne serait-ce que durant la maternité. Cette inefficience, cette mauvaise allocation des moyens se paye tôt ou tard que ce soit à un niveau social ou humain. D’un côté, de nombreuses mères se sentent obligées d’aller travailler plutôt que de veiller à leur épanouissement et à celui de leur famille. De l’autre, sans parler de problèmes de dégradation des secteurs professionnels féminisés, la société devient un cloaque invivable où la rentabilité de tous s’impose à tous et partout. Quant aux hommes, il faut le dire, ceux qui croient à ce genre de balivernes finissent plus souvent divorcés, la famille traditionnelle étant surtout un modèle de réussite en lieu et place d’un système oppressif. S’il est vrai que la danse ou la cuisine ne sont pas des activités typiquement féminines comme nous le rappelle notre Pape, et le domaine des sentiments non plus, il faut reconnaître que l’allaitement l’est, que beaucoup de femmes jouissent de nourrir leur famille, d’entretenir leur foyer, de le décorer, de vêtir leurs enfants, de veiller à l’ambiance qui y règne (pour le pire et le meilleur), qu’elles possèdent une longue culture/tradition en ce sens, « >

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9 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « “Amoris laetitia” : les quatre cardinaux des “Dubia” publient une nouvelle lettre au pape François, faute d’avoir obtenu une audience », Jeanne Smits du 20/06/2017.

    Existe-t-il des absolus ? En morale, il n’y a aucun absolu.

    Dans cet exemple, l’absolu du mariage est par exemple basé sur une omission des paroles de Jésus sur le mariage. Jésus considère que certains mariages ne sont pas valides. Mais l’Eglise souscrivant à la société de son époque a considéré qu’elle devait l’accompagner de manière aveugle. Aujourd’hui, nous luttons donc contre nos manques de nuances passés. D’un côté une Eglise qui se veut détentrice de la parole divine sans avoir à se remettre en question, cherche un mode de fonctionnement social plus juste, tout l’inverse de ce qu’elle devrait faire. De l’autre, des personnes attachées à la vérité, ne comprennent pas que l’Eglise veuille continuer à effectuer ces changements théologiques dus à l’air du temps, cependant qu’elle ne veuillent pas prendre en compte les vraies paroles de Jésus sur le sujet et sa démarche de toujours en matière de morale. Ce sujet nous renvoie encore et encore à l’horrible débat entre progressistes et traditionalistes dans notre Eglise.

  2. Ping de kasimar:

    « Quand par exemple, notre Pape nous invite à grandir en responsabilité à travers le mariage et les enfants, beaucoup d’hommes en sont à se poser la question s’ils ont une seule raison objective de le faire. »

    Vous ne croyez pas si bien dire, j’en suis moi-même, et je suis loin, très loin d’être un cas isolé, bien que mon cas soit probablement différent de mes frères de misère

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Elle prive son fiancé de sexe pour obtenir tout ce qu’elle veut », Journal du Québec du 14/06/20216.

    Voilà la contrainte dont le Pape n’a pas parlé et qui est pourtant beaucoup plus fréquente que celle d’un homme envers une femme  (à laquelle les femmes ont tous les moyens de se soustraire si elles y mettent un peu de bonne volonté).

  4. Ping de François ALLINE:

    Tu m’étonnes… C’est s^r que sans les femmes il n’y aurait plus d’église depuis longtemps… Il soigne ses « clientes » ce bon François

    Sans les mères, non seulement il n’y aurait pas de nouveaux fidèles, mais la foi perdrait une bonne partie de sa chaleur simple et profonde… » (Osservatore romano Catéchèse 2015)