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AIMELES Antiféminisme

L’exhortation amoris laetitia et l’influence féministe

Publié le 8 juin 2016 par Léonidas Durandal à 8 h 07 min

et enfin qu’hommes et femmes conçoivent différemment la cuisine et la danse. Que les hommes ne se sentent plus à l’aise concernant ces deux dernières activités montre surtout combien leur identité a été remise en question. Cela en dit long sur le sentiment de défiance créé par le féminisme en matière de lutte des sexes. La substituabilité c’est la guerre partout et toujours, et il ne faut pas prendre les causes de la perte d’identité pour ses conséquences en matière d’affinités. Ainsi, je ne crois pas que la favoriser rende bien service à la famille comme notre Pape s’en donne l’objectif. La crispation n’est que le résultat d’un féminisme où plus rien n’a de place. Encore plus de féminisme, accentuera la crispation, comme en matière de jouets sexués. Là aussi, je ne crois pas qu’il faille placer l’exception, qui doit être acceptée d’un coeur miséricordieux, comme le centre de nos raisonnements.

Ainsi l’Église qui a combattu de tous temps la lutte des classes, se met subitement à défendre la lutte des sexes ! Et valide ainsi la mythologie féministe sur l’absence de réciprocité dans les sociétés anciennes.

De même, la négation de ces évolutions objectives empêche le Pape de comprendre en quoi le féminisme devait nécessairement aboutir à ces formes « inadéquates » qui le dérangent tant. Si l’attaque directe contre les mères le fait réagir : «  J’apprécie le féminisme lorsqu’il ne prétend pas à la l’uniformité ni à la négation de la maternité » (173), il est bien tard pour le dénoncer, de manière aussi diplomate. Sans parler d’avortement, de promotion du divorce, de jalousie envers les hommes etc… la théorie du genre est une émanation directe du féminisme, de cette absence de distinction des rôles entre hommes et femmes que notre Pape appelle « réciprocité ». (paragraphe 56) Quand le Pape valide une réciprocité indifférenciée en omettant de la subordonner à la culture, à nos natures sexuées, à notre civilisation, « oublis » qui lui viennent en direct de la théorie féministe, il participe à créer ce monde indifférencié. Ce genre d’acception n’est pas possible dans toutes les sociétés, seulement dans celles qui se sont féminisées à outrance et où fils et mères vivent une relation fusionnelle aveuglante.

Sur ce point, j’aimerais revenir sur le paragraphe 174 qui exalte le rôle de mère : « Sans doute « une société sans mères serait une société inhumaine, parce que les mères savent témoigner toujours, même dans les pires moments, de la tendresse, du dévouement, de la force morale. Les mères transmettent souvent également le sens le plus profond de la pratique religieuse… Sans les mères, non seulement il n’y aurait pas de nouveaux fidèles, mais la foi perdrait une bonne partie de sa chaleur simple et profonde… » (Osservatore romano Catéchèse 2015) » et sur le paragraphe 102, citation de Saint Thomas D’aquin : « Les mères, chez qui se rencontre le plus grand amour, cherchent plus à aimer qu’à être aimées ».

Enfin, imagine-t-on ailleurs que dans l’Église catholique moderne, la religion n’émaner que des femmes, et des mères plus spécifiquement ! Les mères sauraient toujours témoigner de la tendresse et de dévouement… Cela me laisse sans voix. Le Pape et nos cardinaux pensent-ils aux mères homicides, à celles qui abandonnent leurs enfants au milieu du foyer, qui vivent sur le dos de la société et de leur progéniture par exemple, qui foisonnent par millions aujourd’hui ? Pensent-ils sérieusement que seules les femmes augmentent le nombre des fidèles ou qu’être mère fasse d’une femme un saint ? Les Moniques données en exemple au paragraphe 288 restent rares. Notre Eglise moderne qui mise uniquement sur les femmes et qui perd en pratique religieuse et en fidélité au message du Christ, devrait justement s’interroger sur le rôle qu’Elle octroie à la femme en son sein, et la remettre en cause parce que ce genre de féminisation totalitaire, comme source unique de religion, nous a conduit à un échec complet qui finit par desservir les femmes et les écarter de notre Eglise. Et je ne parle même pas de l’oubli de tous les Saints, qui au cours des âges ont converti en masse des millions de fidèles, passés à la trappe dans ce passage grandiloquent, parce qu’ils étaient hommes.

Pour tout le reste du récit, ou presque, le Pape se montre d’une grande clairvoyance et profondeur concernant les sentiments humains. Mais quand il parle des femmes/mères, tout d’un coup, reprenant en cela le propos des cardinaux, son discours ne me semble plus lucide. En vérité, il n’y a pas de plus belle illustration du pouvoir des mères sur l’Eglise que dans ces passages. « >

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9 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « “Amoris laetitia” : les quatre cardinaux des “Dubia” publient une nouvelle lettre au pape François, faute d’avoir obtenu une audience », Jeanne Smits du 20/06/2017.

    Existe-t-il des absolus ? En morale, il n’y a aucun absolu.

    Dans cet exemple, l’absolu du mariage est par exemple basé sur une omission des paroles de Jésus sur le mariage. Jésus considère que certains mariages ne sont pas valides. Mais l’Eglise souscrivant à la société de son époque a considéré qu’elle devait l’accompagner de manière aveugle. Aujourd’hui, nous luttons donc contre nos manques de nuances passés. D’un côté une Eglise qui se veut détentrice de la parole divine sans avoir à se remettre en question, cherche un mode de fonctionnement social plus juste, tout l’inverse de ce qu’elle devrait faire. De l’autre, des personnes attachées à la vérité, ne comprennent pas que l’Eglise veuille continuer à effectuer ces changements théologiques dus à l’air du temps, cependant qu’elle ne veuillent pas prendre en compte les vraies paroles de Jésus sur le sujet et sa démarche de toujours en matière de morale. Ce sujet nous renvoie encore et encore à l’horrible débat entre progressistes et traditionalistes dans notre Eglise.

  2. Ping de kasimar:

    « Quand par exemple, notre Pape nous invite à grandir en responsabilité à travers le mariage et les enfants, beaucoup d’hommes en sont à se poser la question s’ils ont une seule raison objective de le faire. »

    Vous ne croyez pas si bien dire, j’en suis moi-même, et je suis loin, très loin d’être un cas isolé, bien que mon cas soit probablement différent de mes frères de misère

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    « Elle prive son fiancé de sexe pour obtenir tout ce qu’elle veut », Journal du Québec du 14/06/20216.

    Voilà la contrainte dont le Pape n’a pas parlé et qui est pourtant beaucoup plus fréquente que celle d’un homme envers une femme  (à laquelle les femmes ont tous les moyens de se soustraire si elles y mettent un peu de bonne volonté).

  4. Ping de François ALLINE:

    Tu m’étonnes… C’est s^r que sans les femmes il n’y aurait plus d’église depuis longtemps… Il soigne ses « clientes » ce bon François

    Sans les mères, non seulement il n’y aurait pas de nouveaux fidèles, mais la foi perdrait une bonne partie de sa chaleur simple et profonde… » (Osservatore romano Catéchèse 2015)