Accueil » Rire » (Micro fiction) Gérard et le football féminin
AIMELES Antiféminisme

(Micro fiction) Gérard et le football féminin

Publié le 14 juin 2019 par Léonidas Durandal à 13 h 17 min

Joli tir ». Au premier but, tout le monde avait simulé la liesse. Dans un état socialiste, comme dans toute tribu, il fallait agir à l’identique des autres, sous peine de se voir exclu. Pas un de ceux là n’y croyait réellement. Ils s’étaient juste forcés pour éviter l’ostracisation.

Au bout du 13ème but de suite parvenu dans les filets d’une équipe « valeureuse », les sourires s’étaient figés. Plus personne ne pouvait honorablement simuler l’orgasme, les visages affichaient donc une indifférence complaisante, un masque de convivialité placardé devant une âme honteuse.

Gérard qui n’avait jamais regardé de retransmission de football féminin était resté. Il avait salué tout le monde, cachant difficilement sa morgue à ses poteaux. Oui, malgré la gerbe, et le sentiment instinctif de haine, il avait voulu faire preuve de tolérance et d’ouverture d’esprit. Il avait donc posé son gros cul de blanc laiteux au fond du bistroc, et contrairement à son habitude, il n’avait pas lâché une seule galéjade, essayant de juger avec le plus d’objectivité possible le spectacle qui s’offrait à lui.

D’abord, il avait été frappé par leurs hanches larges, des hanches à se faire méchamment tringler sur le comptoir par zozo l’asticot. La hideur des shorts ne leur rendait pas grâce cependant que le serré du vêtement fît ressortir leurs formes. Ce simulacre d’habit masculin rendait le tout putassier, comme pouvaient l’être les pantalons de ces garces qui tortillaient du cul pour mieux se faire reluquer, laissant tout voir au quidam sans jamais autoriser la palpation. La dysharmonie entre le côté pratique du contenant du short et la fonction reproductrice fantasmatique du contenu, jurait. Le ballet de ces vagins formait une drôle de danse nuptiale, rapprochant les unes des autres comme dans un porno lesbien.

D’ailleurs Laurent, à une table de lui, ne s’y trompait pas. De son œil lubrique, il faisait semblant de suivre la prestation sportive de ces guenons pendant qu’il ne cessait d’examiner les culs des unes et des autres en se demandant quel garage à bites serait le plus apte à accueillir son petit véhicule. Gérard lui, n’y arrivait pas. Il n’avait même pas une quart de molle en pensant qu’aucunes de celles là ne serait apte à remplir son rôle de femelle derrière un fourneau. Laurent était dans le délire le plus complet. Il fantasmait trop ce con. Gérard aurait bien voulu le réveiller de son extase, mais il savait qu’un queutard rempli n’a pas d’oreilles. Il n’avait d’autres choix que de renoncer à sa vie de patachon ou bien trouver un tire jus. En attendant, il lui fallait lorgner du côté de l’écran avec l’appétit d’un pédékiraste à la sortie d’une école. Et Gérard, aussi copain qu’il était comme cochon avec lui, ne pouvait le sortir de sa branlette intellectuelle.

Car lui aussi avait du mal à s’extraire de la vue de ces corps jetés en pâture au public, telles des hétaïres à l’usage d’une plèbe française domestiquée. Il fit donc un effort pour se reprendre et essayer de regarder le jeu. Il constata d’abord que ça tournait au ralenti. Les arrêts sur image du réalisateur, étaient de trop. Le spectateur avait préalablement eu le temps de voir l’action se dérouler, et les reprises n’apportaient rien. Moins de tension, moins de nervosité, du coup plus de temps pour reluquer les culs.

La régression avait quelque chose de positif d’un point de vue pratique. Ca laissait de l’espace au cerveau, pour penser à comment éviter le repas avec la belle-doche par exemple, ou à la prochaine réparation sur la voiture. Gérard s’ennuyait quand même. Alors il lança à l’adresse de tout le monde « Le derche de la 8 est fantastique ». Les autres étouffèrent leurs rires. Ils savaient qu’il ne fallait pas cautionner la blague de Gérard en terre socialiste. Mais le naturel qu’ils avaient chassé, eu égard à une telle circonstance présentée comme un événement d’importance sidéral pour le pays, revint vite au galop. Quelques uns se mirent à donner leurs appréciations pendant qu’une espèce de gros nigaud à lunettes encore puceau quittait la salle en guise de protestation.

Dès lors l’ambiance redevint respirable parmi les convives. Les réflexions fusaient « Tu crois qu’elles se broutent dans le vestiaire avant le match », « J’aimerais bien jouer au ballon rond avec celle aux gros seins » « Elle écarte bien ». Bref, la machine était lancée et le monde était redevenu normal. A la fin du match, Gérard quitta ses copains, satisfait de lui, et satisfait d’eux. D’un pas léger, il reprit « >

Lire la suite

16 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    "Comment le football féminin a profité de l’effet Coupe du monde" Figaro du 02/03/2020.

    10% d'augmentation sur epsilon ça fait des cacahuètes.