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(Microfiction) Caroline a bien préparé son viol

Publié le 5 mars 2019 par Léonidas Durandal à 21 h 35 min

Comme 25 % des Françaises, Caroline fantasme de se faire violer. Et en femme indépendante de gauche, elle est bien décidée à vivre son fantasme sans en être empêchée par l’horrible domination patriarcale.

Ce soir là, elle a pris sa petite robe de pute qui lui sert le cul et s’élargit un peu au niveau des cuisses où elle s’arrête, ses petites chaussures de pute qui galbe son fin mollet, son grand décolleté de pute qui soulève sa poitrine rative, et elle n’a pas oublié de jouer sur sa blonde raideur en la faisant contraster avec le noir de ses vêtements, en particulier un bas résille qui claque dans les coins sombres et mal odorants.

Peinturlurée d’un rouge à lèvre outrageant et pour le reste, d’un maquillage des plus anecdotiques, elle se regarde dans la glace, fière. Sa jeunesse en fin de vie et l’habitude d’attirer le regard des hommes la rend sûre de son pouvoir, prête à être consommée sans retard. Une dernière fois, elle passe ses deux mains sur ses seins pour les relever brusquement et les faire dodeliner au gré du mouvement qu’elle leur imprime. Puis elle se dirige vers la sortie de son petit appartement parisien placoplâtre, bourré de bibelots orientaux avec un ordinateur qui lui sert à tout, enfile négligemment son sac au passage et sort bien droite en n’oubliant pas de cadenasser la serrure trois points derrière elle.

Il faut prendre son temps. Pas question cette fois-ci de descendre les vieux escaliers décatis pour s’entretenir. L’ascenseur grillagé lui donnera un avant goût des chaînes dont elle veut se repaître. Le mouvement de balancier du moteur électrique brasse son sang et le fait remonter toujours plus haut, à des endroits qui lui remue les sens, alors même que le trajet est très court. Le crissement du fer à l’ouverture lui hérisse le poil sans que son oreille n’en soit effarouchée, au contraire. Mais elle ne peut s’arrêter là. Elle doit mener son plan à terme et poursuivre le trajet exact qui va la mener à réaliser son office.

Caroline sait ce qu’elle veut et où elle va pouvoir se faire méchamment amocher. Elle n’a pas voté socialiste pour des prunes. Ses relais lui ont préparé plusieurs jolis camps de migrants bien pourris, où les nègres végètent dans un climat de dénuement complet, avides de participer à la richesse d’un monde fantasmé qu’ils ont sous les yeux, devant leurs smartphones à 700 euros, mais auquel ils ne pourront jamais accéder. La nuit, ils font parfois de petits feux de camp d’où la drogue n’est pas toujours absente. Mais Caroline sait bien qu’elle ne trouvera pas le client idéal ici là. Les camps de migrants désabusés, c’est pour les vieilles salopes gauchistes qui ont la cinquantaine et qui font de l’humanitaire en se payant de temps en temps sur la bête. Pour elle, ce sera un camp de jeunes nègres fraîchement arrivés, de ceux qui sont encore bercés de leurs illusions sur les putes occidentales, toutes faciles d’accès, l’eldorado de la baise, de filles dont ils s’imaginent qu’elles se font toutes filmer sur youporn par lubricité et qu’ils regardent en se demandant s’ils doivent se branler maintenant ou attendre d’engager la conversation avec n’importe laquelle de celles-là un peu plus tard. 

Caroline, en bonne raciste encore fraîche de sa peau, ce n’est pas qu’elle ne pourrait pas se faire ramoner aujourd’hui par du babtou riche et bien inséré professionnellement, mais le fantasme qu’elle veut assouvir porte sur de la grosse bite sombre venue d’ailleurs, qui ne l’engagera à rien, qui la désirera follement, aveuglément, sans se préoccuper d’avoir ou non à payer une pension alimentaire après avoir lâché la purée. Et puis peut-être qui sait, trouvera-t-elle l’amour au milieu des décombres ? quelqu’un qui lui devra tout, avec qui elle pourra canaliser les soubresauts de sa bonne conscience en jouant les assistantes sociales ? Elle le sent d’ailleurs, en se rapprochant de sa cible, elle est là pour assouvir un vrai désir d’amour, pas seulement pour se faire violemment baiser.

Traverser directement le camp, ce serait absurde. Il faut susciter l’envie dans le regard de l’homme en jouant d’ambiguïté, tourner en rond, se rapprocher sans en avoir l’air, n’être là que par accident, faussement pressée, et surtout fuir le regard qui vous désire. Pour bien faire, il faut prendre intérieurement son temps. Du coup, Caroline, marche un peu au hasard, l’air sûr et hautain tout en mastiquant honnêtement du popotin.

J’oubliais de dire qu’il fait nuit, car un bon viol, il faut que cela “>

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4 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    “Sexisme et harcèlement sexuel au Bundestag : le grand tabou”, Libération du 07/03/2019.

    Mieux vaut continuité dans l’ambiguïté. Et puis assimiler pouvoir à faiblesse, voilà qui ne doit pas trop convenir à la mentalité des femmes allemandes. 

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