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Nous sommes tellement riches

Publié le 6 novembre 2018 par Léonidas Durandal à 15 h 23 min

Nous sommes tellement riches que nous ne pouvons plus accueillir nos aïeux sous notre toit. Il faut qu’ils crèvent seuls chez eux ou que nous les placions en maison de retraite, là, loin de leurs enfants, de leurs voisins, de leurs rituels, de leurs amis qu’ils ne reverront plus jamais, au milieu d’inconnus soucieux de leur salaire, de leurs enfants, de leur smartphone, de leur petite vie médiocre, étrangers à leur sort. Le pire dans tout cela, c’est que la prochaine génération ne pourra même pas se payer ce luxe là.

Nous sommes tellement riches que nous vivons seuls, et de plus en plus, isolés. Le moindre incident, et c’est la catastrophe. Si un mercenaire ne vous soigne pas, qui le fera ? Ce n’est pourtant pas lui qui vous veillera, ni si vous êtes malade, ni après le trépas.

De toutes les manières nous sommes tellement riches que plus personne ne veille ses morts. Un croque mort les emporte loin de la maison. Il ouvre le funérarium à horaires fixes et vous l’embaume pour un petit prix. Il vous soulage du temps que vous ne pouvez plus perdre loin de votre travail. Parce que vous êtes devenu tellement riche que vous ne pouvez plus vous absenter très longtemps pour une telle raison. D’ailleurs comme cela, vous n’avez plus à vous poser trop de questions.

L’handicapé, trisomique, fou, idiot du village, n’a plus sa place en société. Il fait peur, il détourne de la production à laquelle nous sommes réduits. Du coup, nous sommes tellement riches que, contrairement aux générations d’avant, nous n’avons pas les moyens d’accueillir dans nos familles, dans la société, des personnes avec leurs fragilités. Tacitement, nous préférons les éliminer. Les tenants du nouveau culte à mammon disent que c’est un choix individuel. En vérité, ils savent que toute leur société ne pourrait fonctionner si les handicapés n’en étaient systématiquement soustraits.

D’ailleurs nous sommes tellement riches qu’un enfant qui vient sans nous avoir prévenu, il nous faut l’assassiner parce que vous comprenez, il n’était pas désiré. Nous sommes donc tellement riches que nous n’avons plus le désir d’accueillir un petit enfant si nous ne l’avons pas programmé, alors même que nous en manquons, et qu’à cause de cela, nous avons recours à l’immigration.

Nous sommes tellement riches que nous mangeons des produits de moins bonne qualité que les générations qui nous ont précédées, produits parfois qui génèrent des maladies, nous handicapent, polluent l’environnement, voire nous sont interdits sous prétexte de santé publique. L’alcoolique a tué le bon vivant qui n’est plus un bon gros, mais un être bourré de graisses étranges qui lui collent à la peau, au derrière, aux jambes et en font un monstre disproportionné. Celui là est pauvre, et il vit dans une société tellement riche qu’il n’a pas les moyens de se payer de la nourriture de qualité, et que si comme lui, tous les pauvres se mettaient à en demander, il serait difficile d’en trouver. Il faut produire mon ami, sans réfléchir, créer un monde de toute pièce, qui fonctionne moins bien qu’au naturel, nous asservit, nous rend malades et même pire : tue en nous le sens de la liberté, du bien fait, de l’esthétique, tout ce qui fait notre humanité.

Nous sommes tellement riches que passé l’enfance, nous ne voyons les membres de notre famille qu’épisodiquement, au jour de l’an, peut-être, pour nous donner bonne conscience. Les parents vivent bien, sur le dos de leurs enfants avant qu’eux-mêmes, ne les traitent égoïstement. D’ailleurs nous sommes tellement riches que le peu d’enfants que nous avons, nous ne les aurions pas si l’État ne nous donnait d’allocations. Et nous sommes aussi tellement riches que bientôt il est à se demander si nous nous reverrons tant le prix du voyage est conséquent, matériellement, moralement.

Nous sommes tellement riches que le cas de conscience que j’ai, présentement, est un luxe qu’un riche d’aujourd’hui ne peut pas se permettre, qu’il doit balayer d’un revers de la main en disant : « Réactionnaire ! ». Si tel n’était pas le cas, vous comprenez, il perdrait son métier, ce serait un révolté, il finirait déclassé. Or nous sommes tellement riches, qu’il n’est plus besoin de penser, quand bien même ce serait autorisé. Si vous n’avez plus la possibilité de lire, de batifoler, de perdre du temps à déambuler pour rien, c’est pas grave, vous possédez de nombreux autres biens.

Nous sommes tellement riches que nous ne rencontrons plus de vrais gens, que nous nous croisons sans nous regarder, que nous passons notre temps dans “>

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9 Commentaires

  1. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Climat : faut-il taxer le kérosène des avions ?” L’Obs du 11/11/2018.

    Quel manque d’imagination et de virilité. D’habitude l’administration fiscale est beaucoup plus imaginative pour trouver des solutions contraignantes… Ici, ce serait très simple, il suffirait de détourner du territoire français les avions qui refuseraient de payer cette taxe sur le kérosène. ainsi Air France ne serait pas spécialement handicapée.

    En vérité, je crois que les riches veulent pouvoir continuer à nous chier sur la gueule gratuit.

  2. Commentaire de Léonidas Durandal:

    “Thierry Marx : “Si on continue, en 2050 seuls les très riches mangeront bien””, L’Express du 10/11/2018.

    Parce que ce n’est pas déjà le cas ! Et encore, je connais des très riches qui ne peuvent même plus avoir accès à certains bons produits… parce qu’ils n’existent plus. On leur vend de la belle merde bien emballée.

  3. Commentaire de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) “La France, ce pays pauvre selon le secours catholique” – Journal du Jeudi 08 Novembre 2018

    Les mêmes qui sont favorables à l’immigration de masse en ce moment…

  4. Commentaire de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) “Japon : les poupées pour adulte contre la solitude”, RT du 07/11/2018.

    Le type se donne pour excuse la vénalité des femmes, alors qu’il a une femme, qu’il vit dans un des pays les plus riches du monde, qu’une seule de ces poupées vaut au bas mot 7500 euros et qu’un des types en question en possède plusieurs. Non, ce sont eux qui souffrent d’un complexe et qui veulent s’imaginer que ces poupées les ont choisies pour leur puissance, notamment financière.

  5. Commentaire de Mindstyle:

    Nous sommes tellement riches que sous la façade bien proprette du bonheur selon la vie occidentale, c’est la décrépitude morale (et physique, qui ne tarde pas à la rejoindre, car les deux sont liés).

    Nous sommes tellement riches que nous n’avons plus besoin de nos jambes pour circuler en ville; nous avons désormais des trottinettes électriques et des gyropodes.

    Nous sommes tellement riches que les seuls moments où nous marchons, c’est pour rejoindre l’ascenseur qui nous amène au parking, avant de rejoindre notre voiture, puis de nous installer à notre bureau une fois arrivés au travail.

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