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Nous sommes tellement riches

Publié le 6 novembre 2018 par Léonidas Durandal à 15 h 23 min

de grands canapés, à visionner des séries télévisées tellement réalistes qu’elles nous vendent un monde prospère qui devrait arriver, on l’espère. C’est certain, nous sommes riches à crever, notamment de vent. D’ailleurs l’État et les grandes sociétés privées, en la matière, préservent notre capital. Elles font ce qu’il faut pour que sur les réseaux dits sociaux, à la télé, à la radio, nous continuions à croire, quand nous-mêmes, tout seul, comme des grands, nous ne nous censurons pas.

Nous sommes tellement riches que nous divorçons chacun dans notre coin pour aller vivre dans des cages à lapin, au milieu de nulle part, défiants du voisin. Et puis il faut le dire, nous sommes tellement riches à crever que ces cages à lapin prospèrent à ce point qu’il faudrait qu’elles représentent la moitié de tous les appartements des grandes villes, pour que les gens soient bien logés.

Par contre, sur le reste du territoire, 90 %, nous sommes tellement riches que les maisons sont abandonnées, qu’il n’y a plus de vie, que les paysages sont constitués de grands champs pollués et désolés au-dessus desquels passent des avions dont le kérosène est détaxé. Au propre comme au figuré, comme dans les rues d’une grande ville du moyen-âge, ces aéronefs nous chient dessus pour que quelques riches puissent économiser sur le prix du billet. Nous sommes tellement riches d’ailleurs que pour ces gens-là, la nature n’existe pas. Elle pue. Il faut la traverser le plus rapidement possible, aller tout droit, à travers la campagne, même au moyen de grandes lignes de rail dispendieuses et inutiles. Leur temps, c’est notre argent. Et nous sommes tellement riches que nous appelons cela la bonne gestion du territoire, que des élus locaux très intelligents se font une gloire de participer à un tel cauchemar. Dans les villes où les gens peuvent se passer de voitures, s’ils n’ont pas d’enfants en bas âge, l’air est irrespirable. Dans les campagnes vidées, le gazole est taxé outre mesure parce que nous sommes si riche qu’on ne peut plus rouler en voiture alors que c’est obligatoire, pour aller travailler, pour aller chercher à manger, pour entretenir son toit.

Et ne parlons pas des routes. Elles sont impraticables parce que mal entretenues ou parce que des élus ont décidé d’installer des dos d’âne pour que nous roulions à l’allure d’un trot de cheval. Le progrès… Pour avancer, il faut donc contourner les centre villes ralentis que nous sommes par moult rond-points inutiles, sauf au financement de partis politiques, et de plus en plus souvent, payer l’octroie sur des autoroutes privées parce que nous sommes si riches que la montagne d’impôts levés ne permet plus à l’État de remplir ses missions de base. L’État, il préfère bénir les unions stériles, troubler l’identité des enfants, excuser les puissants dont il est dépendant, ou bien, ce qui revient au même, excuser tous les débordements des populations insolvables qui ne lui rapporteront rien.

Bon sang, nous sommes si riches que dans notre pays les enfants sont éduqués par n’importe quel citoyen. Heureusement car nous sommes si riches que les mères n’ont plus le temps de s’occuper de leurs enfants en bas âge, les parents en général n’ont plus le temps de les voir, et ils n’ont même plus l’occasion d’en avoir, ça coûte trop cher, ça prend du temps. Nous sommes si riches que l’enfant est devenu un luxe, qu’il faut en profiter quand la vie est passée, quand nous sommes devenus fatigués, quand le temps d’être parent n’est plus d’actualité. Et puis, il faut dire que nous crevons tellement de richesses que nous devons attendre l’âge de la stérilité pour nous installer en couple, que sans cela, il paraît que nous n’y arriverions pas, que c’est nécessaire de d’abord penser à soi.

Car nous sommes si riche que la vie, c’est pas d’avoir des enfants, c’est de profiter de bons moments de loisir, de baiser quand il nous reste un peu de temps, d’oublier de vieillir, d’éviter de penser qu’un jour nous allons tous mourir. La science ne nous a guéri de rien, mais elle nous a donné ce grand trésor, de ne plus avoir à penser à la mort. Grâce à la science, nous pouvons oublier quel sera notre sort. En cas de future amputation nous nous imaginons porter des jambes bioniques alors que dans nos vies, un simple mal au dos ou une bonne vieille maladie de Lyme nous crucifient.  Le progrès grâce au règne de l’inconscience. Cette riche science, elle a grande part dans la fabrique à « >

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9 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Climat : faut-il taxer le kérosène des avions ? » L’Obs du 11/11/2018.

    Quel manque d’imagination et de virilité. D’habitude l’administration fiscale est beaucoup plus imaginative pour trouver des solutions contraignantes… Ici, ce serait très simple, il suffirait de détourner du territoire français les avions qui refuseraient de payer cette taxe sur le kérosène. ainsi Air France ne serait pas spécialement handicapée.

    En vérité, je crois que les riches veulent pouvoir continuer à nous chier sur la gueule gratuit.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    « Thierry Marx : « Si on continue, en 2050 seuls les très riches mangeront bien » », L’Express du 10/11/2018.

    Parce que ce n’est pas déjà le cas ! Et encore, je connais des très riches qui ne peuvent même plus avoir accès à certains bons produits… parce qu’ils n’existent plus. On leur vend de la belle merde bien emballée.

  3. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) « La France, ce pays pauvre selon le secours catholique » – Journal du Jeudi 08 Novembre 2018

    Les mêmes qui sont favorables à l’immigration de masse en ce moment…

  4. Ping de Léonidas Durandal:

    (Vidéo) « Japon : les poupées pour adulte contre la solitude », RT du 07/11/2018.

    Le type se donne pour excuse la vénalité des femmes, alors qu’il a une femme, qu’il vit dans un des pays les plus riches du monde, qu’une seule de ces poupées vaut au bas mot 7500 euros et qu’un des types en question en possède plusieurs. Non, ce sont eux qui souffrent d’un complexe et qui veulent s’imaginer que ces poupées les ont choisies pour leur puissance, notamment financière.

  5. Ping de Mindstyle:

    Nous sommes tellement riches que sous la façade bien proprette du bonheur selon la vie occidentale, c’est la décrépitude morale (et physique, qui ne tarde pas à la rejoindre, car les deux sont liés).

    Nous sommes tellement riches que nous n’avons plus besoin de nos jambes pour circuler en ville; nous avons désormais des trottinettes électriques et des gyropodes.

    Nous sommes tellement riches que les seuls moments où nous marchons, c’est pour rejoindre l’ascenseur qui nous amène au parking, avant de rejoindre notre voiture, puis de nous installer à notre bureau une fois arrivés au travail.

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