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Antiféminisme Aimeles

Otto Weininger, le christianisme cathare gay

Publié le 28 juin 2016 par Léonidas Durandal à 16 h 19 min

l’amour a besoin de l’aliment de la séparation et de la distance » (p7 VF internet)

Précédent en cela les constructivistes qui tentent de voir le monde par parties et non comme un tout fonctionnant de manière systémique, Otto Weininger sépare « Amour » et « Sexe » qu’il oppose, « Sexe » contre « érotisme ».

En lieu et place de « Sexe », il aurait fallu parler de « Pornographie », car « l’Erotisme » pas plus que « l’Amour » ne peuvent se départir de leurs aspects sexuels dans le couple. L’Église catholique montre très bien comment du sexe conçu en dehors de l’amour aboutit à une objectivation du corps de la femme, ce qu’Otto Weininger dénonce à juste titre. Cependant en introduisant la médiation de Dieu, l’être humain échappe à cette objectivation. Il ne prend plus le corps de l’autre afin de s’en servir, mais pour servir sa nature profonde qu’il confond avec la divinité. Ainsi accomplit-il un acte d’altruisme en « faisant l’amour » et en ayant des enfants. Tel est la manière pour un être humain d’échapper à sa vile condition d’animal soumis à ses pulsions. Dans ces conditions quand la femme vieillit, l’homme n’est plus obligé de la rejeter comme nous le suggère notre auteur, car il aime vraiment, et ne confond pas son sentiment d’amour avec une forme d’animalité masquée.

« On ne peut aimer un être humain qu’on connaîtrait parfaitement bien, car on serait alors conscient de toutes les imperfections liées en lui à sa condition d’homme, alors que l’amour ne s’adresse qu’à la perfection. » (p16 VF internet)

De même, chacun des membres du couple va pouvoir se départir d’une vision puérile de l’amour qui ne prend pas en compte les défauts de l’autre membre. Car lors d’une rencontre, si le couple amoureux a soif de perfection, il va passer par plusieurs stades qui vont l’amener à grandir. Otto Weininger pèche dans sa conception de l’amour qu’il confond avec « attirance ». L’attirance ou désir, est le premier stade de la rencontre, mais ce n’est pas le principal. Une personne en aime une autre lorsqu’elle est capable de faire des efforts pour elle, et à l’extrême se sacrifier à l’image du Christ.

« La madone est une pure création imaginaire. Le culte dont elle est l’objet ne peut être moral, car il exige de son servant qu’il ferme les yeux sur la réalité, de l’amant qu’il se trompe lui-même. » (p18 VF de l’internet)

Sur le culte marial, je vais plus loin qu’Otto Weininger dans cet article. Effectivement, ce culte pose un problème central dans notre manière d’imaginer l’amour. Il est anti-christique. L’amour marial tel qu’il est conçu par une partie de notre Eglise à l’époque d’Otto Weininger, et encore parfois aujourd’hui, est un amour qui se cache la vue sur l’autre, qui veut la perfection plutôt que la vérité, qui ne veut pas aimer mais se confiner à l’idée qu’il se fait de l’amour. Il est un refuge à la blessure, non une entrée dans le monde. Cependant il existe l’amour christique comme je l’ai fait remarqué un peu plus haut, de conception beaucoup plus élevée. Il y a aussi des gens qui rendent un culte à Marie de manière saine, comme mère du Christ, et non comme divinité co-rédemptrice. Mais les fanatiques se font toujours plus remarquer que les autres, et sont prêts à aller toujours plus loin dans des impasses.

Or sur cette question, Otto Weininger n’en est pas à une contradiction près. La pureté mariale serait négative tandis que le désir de femmes vierges des hommes serait positif :

« …toute la haute considération qu’on peut avoir pour la virginité est venue de l’homme et continue d’en venir partout où il y a encore des hommes : elle est la projection de l’idéal de la pureté sans tache, idéal immanent à l’homme, sur l’objet de son amour. » p92 (VF de l’internet)

Ici, il pense contre lui-même tout autant que contre les femmes, en survalorisant toute pensée masculine. Sa conception même de l’amour est faussée :

« Tout amour n’est lui-même que besoin de rédemption et tout besoin de rédemption est encore immoral. » (p14 VF de l’internet)

Il est d’abord faux de dire que le désir de rédemption soit immoral. Il est surtout le juste constat de notre condition humaine : nous sommes petits, pécheurs, nés du péché, et le désir d’être sauvé nous pousse d’abord à nous accepter tels que nous sommes, tandis que le pardon de la confession va nous élever au-dessus de notre condition humaine médiocre. Seuls les orgueilleux s’imaginent agir au mieux et vivent surtout dans une forêt de bambous pré-christique. Maintenant est-ce “>

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6 Commentaires

  1. Ping de julien le jacobite:

    Le passage, en page 4, sur les « Aspects politiques chez la femme », mérite d’être lu par tous.

    Ces deux mondes sont tout autant complémentaires l’un que l’autre, mais ils régissent le monde en usant de règles bien différentes. Dans le monde des idées dévoué au logos, masculin, la logique, l’excellence, la cohérence et la raison y sont maîtres. La science et la volonté de clarification y sont reines. Dans le monde des sentiments, plutôt féminin, le rapport de force, l’apparence, le respect, les rapports sociaux dominent. L’affect y est une arme, l’attitude une vérité. Bien entendu, ces deux mondes ne cessent de s’entrechoquer, et de se nourrir l’une de l’autre.

    Dès lors la vérité peut avoir tendance à être sacrifiée sur l’autel de la conservation. Cependant, il est à penser que bien des hérésies ont été empêchées par ce mécanisme. Seule la vérité qui s’accommode des êtres humains est permise par le monde des femmes, et en ceci, cette attitude protège l’humanité d’une pensée masculine toute puissante qui ne manquerait pas d’oublier les personnes pour imposer « sa vérité ». Si les femmes empêchent les progrès de l’esprit, elles empêchent surtout que ces progrès prennent des directions folles.

    Et c’est tellement vrai, logique, cohérent, que cela en devient presque politiquement indicible.

  2. Ping de Bonsignore:

    Merci pour cette analyse Leonidas, mon manque d’expérience sur le sujet m’avait fait vivre la lecture de cette oeuvre comme un soulagement dû à la différence de ton entre l’auteur et notre société contemporaine féminisée.

    Cependant, ce soulagement s’accompagnait d’un certain trouble quant à certaines de ses assertions que je trouvais découler de raccourcis dialectiques pressés voire hasardeux.

    Toujours est-il que l’oeuvre mérite d’être lue et que l’auteur, s’il avait pris le temps de vieillir, aurait pu léguer à l’humanité plus riche héritage. Il aurait fallu qu’il se penche sur le catholicisme.

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