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Antiféminisme Aimeles

Otto Weininger, le christianisme cathare gay

Publié le 28 juin 2016 par Léonidas Durandal à 16 h 19 min

que le besoin de rédemption lié au sentiment amoureux est immoral ?

Le besoin de femme pour un homme est autant ontologique que philologique. Lorsqu’il est ontologique, il comble des attentes, non de manière magique, mais aussi de manière réelle. L’amour peut décevoir, il n’en reste pas moins qu’il peut aussi réaliser l’être. Cette magie des premiers instants n’est pas un mensonge, elle est l’espérance que cette réalisation soit effective. Or Otto Weininger mise lui, sur la déception. L’amour serait forcément décevant. Pourtant nombre de témoignages de vie contredisent cette idée. Ce n’est donc pas l’amour qui est décevant, mais l’idée que nous nous en faisons. Viens alors la dimension philologique de l’amour. Même quand il est décevant, il pousse l’être à grandir en maturité. Il devient réalisation. Dans tous les cas, le désir est donc moral en ce qu’il va nous pousser à nous affronter à la réalité pour nous corriger. La rédemption suit immédiatement ce mouvement. Comme en matière d’union, l’amour est immoral, s’il ne se tourne pas vers Dieu et ne se termine pas à l’Eglise.

Si l’amour nous oblige à nous cacher dans les premiers temps, il suit en cela une morale personnelle. Il n’est pas inutile de faire preuve de pudeur dans une relation naissante. Otto Weininger qui trouve normal de soustraire à la vue des autres les parties intimes de nos corps, désirerait par contre que deux êtres qui se rencontrent se montrent tel quel l’un à l’autre. De surcroît, l’être amoureux compte sur son sentiment pour faire des efforts et dépasser ses défauts réels. Il compte aussi que beaucoup lui soit pardonné, plus tard, quand la confiance sera installée. S’il est des couples qui se bercent d’illusions, il en est d’autres qui réussissent. Ces derniers voient plutôt leur relation naissante avec tact, et se laissent du temps pour s’habituer l’un à l’autre. Croire que nous pourrions accepter l’altérité de manière brutale est tout simplement stupide et voué à l’échec. Dans son « journal d’un séducteur », Soëren Kierkegaard avoue ne s’approcher de la moindre jeune fille qu’en la considérant comme une « venerabile », une quasi-divinité douée de grands pouvoirs. Voilà comment les êtres humains devraient toujours se rencontrer : avec le plus grand respect. Ce qu’Otto Weininger appelle masque, se nomme surtout politesse et respect qui sont les conditions de base de toute vie en société. Sans cela, la sexualité bestiale serait partout et toujours présente, ce qu’il dénonce par ailleurs.

Il est vrai, l’acte sexuel en lui-même nous ramène à une forme d’animalité, et il serait facile d’accuser la femme d’être responsable de ce qu’elle provoque en nous, sans chercher à aller plus loin.

« …la femme, à une exception près qui n’est d’ailleurs, comme on va le voir, qu’apparente, n’est jamais que purement sexuelle. Elle désire simplement davantage le coït ou davantage l’enfant. » (P18 VF de l’internet)

Cependant, il faut avoir encore ici recours à la théologie de l’Église catholique : la loi naturelle ne s’oppose pas à la loi divine, elle s’y surajoute. Ainsi possédons-nous aussi une part animale, que nous devons apprendre à gérer. L’accepter c’est échapper au puritanisme qu’Otto Weininger développe tout en s’en défendant (dénonciation de l’ascétisme). La femme, tout comme l’acte sexuel, nous obligent à penser terre à terre, à revenir à des considérations plus humaines, à nous incarner. Tel est le sens des éternelles provocations féminines que nous voyons parfois sous l’unique aspect de leur incohérence en tant qu’hommes : celles-ci nous obligent à performer le monde, à entrer dans ce processus de clarification si cher à Otto Weininger. Sans cette altérité de la femme, nous ne pourrions penser vrai. La femme qui s’intéresse bien moins au fond qu’à la forme, nous oblige à revoir nos idées, mais aussi à prendre en compte nos actes comme signifiants. Pour prendre un exemple trivial, lors d’une discussion entre un homme et une femme, celui-ci lui parle de respect de la vie et autres grandes idées ; pendant ce temps, la femme l’observe, elle ne l’écoute pas du tout. Effectivement comme le dit Otto Weininger, elle va certainement lui opposer son arsenal de pensées toutes faites. Mais elle constate surtout que cet homme lui coupe tout le temps la parole. Elle va ainsi l’assimiler à un hypocrite, voire un rustre. Pendant ce temps, l’homme persuadé de sa grandeur va attendre d’être jugé pour ce qu’il dit, lui qui a une pensée si merveilleuse. Et il ne va recevoir de la femme qu’un profond dédain. Imaginons que cet homme dise des vérités très importantes pour le sort de l’humanité. Il “>

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6 Commentaires

  1. Ping de julien le jacobite:

    Le passage, en page 4, sur les « Aspects politiques chez la femme », mérite d’être lu par tous.

    Ces deux mondes sont tout autant complémentaires l’un que l’autre, mais ils régissent le monde en usant de règles bien différentes. Dans le monde des idées dévoué au logos, masculin, la logique, l’excellence, la cohérence et la raison y sont maîtres. La science et la volonté de clarification y sont reines. Dans le monde des sentiments, plutôt féminin, le rapport de force, l’apparence, le respect, les rapports sociaux dominent. L’affect y est une arme, l’attitude une vérité. Bien entendu, ces deux mondes ne cessent de s’entrechoquer, et de se nourrir l’une de l’autre.

    Dès lors la vérité peut avoir tendance à être sacrifiée sur l’autel de la conservation. Cependant, il est à penser que bien des hérésies ont été empêchées par ce mécanisme. Seule la vérité qui s’accommode des êtres humains est permise par le monde des femmes, et en ceci, cette attitude protège l’humanité d’une pensée masculine toute puissante qui ne manquerait pas d’oublier les personnes pour imposer « sa vérité ». Si les femmes empêchent les progrès de l’esprit, elles empêchent surtout que ces progrès prennent des directions folles.

    Et c’est tellement vrai, logique, cohérent, que cela en devient presque politiquement indicible.

  2. Ping de Bonsignore:

    Merci pour cette analyse Leonidas, mon manque d’expérience sur le sujet m’avait fait vivre la lecture de cette oeuvre comme un soulagement dû à la différence de ton entre l’auteur et notre société contemporaine féminisée.

    Cependant, ce soulagement s’accompagnait d’un certain trouble quant à certaines de ses assertions que je trouvais découler de raccourcis dialectiques pressés voire hasardeux.

    Toujours est-il que l’oeuvre mérite d’être lue et que l’auteur, s’il avait pris le temps de vieillir, aurait pu léguer à l’humanité plus riche héritage. Il aurait fallu qu’il se penche sur le catholicisme.

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