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AIMELES Antiféminisme

Pirater un cerveau politiquement correct

Publié le 4 avril 2018 par Léonidas Durandal à 10 h 59 min

que les personnes sont de bonne foi et qu’elles n’ont pas toujours eu les moyens de penser ces questions. Il faut les obliger à réfléchir, et à penser par elles-mêmes et non se substituer à leur réflexion. Ainsi n’exprimez jamais un point de vue général, mais introduisez souvent vos propos par des outils de communication non violente du genre « je pense que… » « je crois que… » « Je me suis senti… ».  L’obligation d’utiliser ces marqueurs de langage dans le débat public est souvent le signe d’une société féminisée émotive, peu encline à dépasser le cadre de son égocentrisme, et qui ignore comment procéder en cas d’affrontement, mais il est possible de s’y adapter afin de faire avancer ses idées.

Plus généralement, la qualité d’un échange dépend de la valeur morale de ceux qui l’ont bien plus que de leurs qualités intellectuelles. Plus une personne est dénuée de susceptibilité/d’orgueil, plus le débat peut aller loin. Voilà aussi pourquoi notre société est devenue autiste à ce point. La relation sentimentale, transposée au débat public, à force de ressentis, rejetant tout accroc, n’est plus possible, de surcroît avec des individus peu religieux, ayant des émotions à fleur de peau et/ou enfermés dans leur peur de l’autre.  Ces marqueurs de langage qui ont pour rôle de pacifier un débat public qui se déroule en mode privé, contribuent alors, malheureusement à relativiser toute argumentation comme autant de positions personnelles. Là où plans individuel et général, expression des sentiments et logique, se confondent encore une fois pour favoriser la confusion maternelle et nous tirer vers le bas.

La réflexion et l’échange sont réservés à ceux qui peuvent l’assumer, autant qu’ils peuvent l’assumer. Or le commun d’aujourd’hui ne réfléchit que par la propagande. C’est son langage. Sous influence de messages publicitaires, d’injonctions sociales, d’intérêts matériels et animaliers, le consommateur lascif ignore tout autre langage. Pour lui, l’argument, c’est long et difficile, tant et si bien qu’il l’assimile à une forme de manipulation. Quant aux idées opposées au politiquement correct, il y voit  des mensonges diffusés par des fachonazis, des asociaux, des marginaux, des extrémistes etc… La miséricorde veut que vous preniez ces gens là tel quel. Les petites réflexions, les photomontages, les vidéos courtes leur sont accessibles. C’est un premier pas qui leur permettra d’aller, peut-être, un peu plus loin. D’ailleurs, dans cette démarche, jamais vous ne devez vous mettre en colère contre eux. Ce serait une réaction puérile de votre part car vous tenteriez alors de reproduire inconsciemment les objectifs de la propagande à laquelle ils sont exposés et qui les empêche de gagner en autonomie.  

Si vous utilisez un compte personnel sur un réseau social corrompu, veillez bien à ne jamais dévoiler votre pensée, à aucun moment. Si vous débutez, il est préférable d’utiliser un deuxième compte, pour vous faire la main. Car l’important, c’est de réussir à toucher vos proches, sans toutefois les rebuter, et surtout passer en-dessous des radars des algorithmes. Si vos proches veulent éclaircir votre pensée afin de juger de vos intentions, et donc, éviter de réfléchir, restez sibyllins, en affirmant que « vous avez trouvé cette vidéo sympa… cette photo est super jolie… cependant, vous ne savez pas trop pourquoi« .  Il faut faire l’âne pour avoir du son. Ou bien répondez à côté de la plaque quitte à aller plus loin que le progressiste pour lui montrer l’absurdité de son raisonnement (technique de troll). « Des fois, je me demande s’il ne va pas falloir exterminer tous les Syriens qui veulent garder Bachar El Hassad au gouvernement. Mai 1968, quelle libération ! Un terroriste, forcément, sa religion c’est pas l’Islam. » Votre locuteur veut, à tout prix, éviter d’avoir à réfléchir. Ne réfléchissez donc pas à sa place. Rassurez-le sur vos intentions, mais perdez-le le plus loin possible dans la forêt de son inconscient. 

Un dernier conseil. Lors d’un débat public, il est préférable de retenir sa prise de parole le plus tard possible, et si possible, de la placer à la fin.

 

3 Commentaires

  1. Ping de Léonidas Durandal:

    « Les images symboliques d’étudiants algériens brandissant un faux cercueil de Bouteflika », L’Obs du 26/02/2019.

    En Algérie, les manifestants ont le droit de mettre en bière leur président. En France, ceux qui organisent sa décapitation fictive, vont mis en prison. La grande démocratie française.

  2. Ping de Léonidas Durandal:

    « L’ensauvagement du web : comment le numérique fragilise notre pacte social », L’Obs du 22/04/2018.

    C’est vrai qu’internet est devenu une quasi faillite, exceptée financière. Cependant, les comportements dénoncés dans l’article agissent comme une soupape de sécurité envers des institutions comme l’Obs qui n’ont plus aucune légitimité. Quelque part, nos gauchistes devraient s’en réjouir au lieu de regretter de ne pas avoir les commentaires qu’ils méritent.