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(Roman) La grande libération #1, le mariage de Caroline

Publié le 25 mars 2020 par Léonidas Durandal à 12 h 06 min

une heure avant l’horaire fixé pour Donald, juste pour acclimater son esprit à la dure réalité. De toutes les manières, la maison était parfaitement rangée. Les robots ménagers avaient fait le travail à sa place et elle n’avait eu qu’à revoir quelques compositions et agencements.

Pour mettre Donald en confiance, elle avait choisi de dépersonnaliser son appartement. Ce conseil de ses amies lui avait parlé. Il était préférable que le mari ne se sente pas étouffé dès son arrivée. Il devait être ménagé. Voilà en tout cas, ce que la grande intelligence évoquait en substance dans le manuel de la novellante au chapitre 7. L’homme va changer d’environnement de manière brutale. Il faut donc l’aider à se préparer à ses nouvelles fonctions. « Si le choc est trop brutal vous risquez un rejet. Plus vous prendrez de temps au début avec un homme, plus il vous sera fidèle et précieux. Vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour le considérer comme un être humain. » Caroline avait tous ces conseils en tête. Elle avait même préparé un petit verre pour Donald, ainsi qu’un repas sur mesure. La grande intelligence lui avait fourni tous les détails disponibles sur ses goûts et elle saurait bien le mettre à l’aise.

La matérialisation eut lieu à l’heure prévue. Donald avait dû s’habiller selon les consignes de Caroline et il arriva en costume du début du 20ème siècle, avec un panama for seyant, une ensemble noir rayé verticalement et bien entendu, cravate et chemise. Du côté des sous-vêtements, Caroline avait toujours rêvé d’un slip moulant pour son mari à leur première rencontre. Elle lui avait donc trouvé un modèle avec une couleur qui lui plaisait, bleu-noir satiné, qu’il devait porter en ce moment même.

Depuis la journée du choix, l’attitude de Donald avait changé. Il ne semblait pas du tout décontenancé par la situation et aucune trace d’un quelconque sentiment n’affleurait chez lui, ni excitation, ni surprise, et surtout pas de sauvagerie. L’incubateur avait bien fait son travail et Caroline en fut quitte pour ses angoisses au premier regard. Donald fit pivoter sa tête de gauche à droite afin d’observer son nouvel environnement et découvrit une pièce régulière  presque ascétique, non… une sorte de jardin zen plus exactement. Pour des questions sanitaires, la grande intelligence faisait varier la luminosité de tous les environnements de manière identique. Ici, le soleil artificiel déclinait en une fin de journée paisible du printemps. Le gravier gris, régulièrement tamisé entourait un ruisseau coulant par-dessus de petits rochers noirs. Son bruit ne dérangeait pas, tout juste était-il perceptible. Autour du ruisseau, des arbres, des conifères plus précisément, formaient une sorte d’arrière plan sombre qui relevait ce tableau. Une grande baie dans le fond de la pièce laissait entrapercevoir les gratte-ciel de cette ville moyenne.

_ « Notre chambre se trouve dans cette pièce. Vous pouvez aller y déposer vos affaires. Je vous retrouve dans 30 minutes. »

Caroline pointa du doigt une porte à la droite de Donald. Sans dire mot, celui-ci s’exécuta. Quand il ressortit de la chambre, son épouse était assise sur un sofa hologrammique. Un verre à la main, elle l’invita à prendre place face à elle.

 

(la suite plus tard si des lecteurs me supplient)