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AIMELES Antiféminisme

(Roman) La grande libération #5 : la grand messe hologrammique

Publié le 1 septembre 2021 par Léonidas Durandal à 10 h 13 min

un renforcement des sanctions contre les modèles détraqués, et une intervention renforcée de la ruche auprès des novellantes. Quant à la question de savoir si notre jeunesse pourrait continuer à opter entièrement pour le modèle de son choix, la question n’était pas tranchée. Mais il est vrai que ce genre de situation ne pouvait perdurer et qu’il faudrait intervenir auprès de ces pauvres femmes perdues et incapables de prendre une décision éclairée.

Autre revendication, les épouses lésées devaient obtenir le droit d’incinérer leur bourreau, ou au moins, une soustraction de mémoire, sans avoir à passer devant la commission de la ruche. Elles accusaient cette dernière d’être favorable aux hommes, de les protéger insidieusement en les faisant bénéficier du « privilège masculin ». Selon elles, aucune femme ne devait plus jamais subir les instincts primaires d’un homme. Aucune femme ne devait avoir à supporter les questions outrancières de la commission qui insinuaient de facto, qu’elles auraient pu mentir. Or il était bien connu qu’une femme souffrante ne pouvait avoir tort, car même si elle mentait, c’était parce que la situation le justifiait.

En aparté, nos militantes n’étaient pas si extrémistes que ça. Bien entendu, elles savaient qu’à la marge, certaines femmes poussaient le bouchon un peu loin. Mais ces situations anecdotiques ne pouvaient servir de caution à l’oppression généralisée de toutes les femmes. Pour elles, il était donc moral de les taire.

Caroline n’était pas vraiment d’accord sur ce point. Elle les trouvait un peu « extrême », mais elle n’aurait pas exprimé publiquement son opposition. La ruche lui avait appris que la sororité était au-dessus du mensonge, au-dessus de la vérité même. Et elle se sentait comme d’une affinité avec ces extrémistes dont elle ne cautionnait pas les idées. Elle avait plus ou moins conscience de leur pouvoir protecteur, et ne se serait jamais imaginée les remettre en question. Elle surveillait surtout la réaction de Donald face à cette information. Mais Donald semblait impassible, tout comme elle, le regard obnubilé par la lumière. Contrairement à Caroline, il aurait bien eu du mal à exprimer son bouillonnement intérieur même s’il l’avait voulu. Il se demandait surtout quel était le vrai rôle de ces 20 activistes. Ces militantes montraient qui d’un sein, qui d’une croupe, qui de longs cheveux pour affirmer le droit des femmes à vivre librement et à disposer de leur corps comme elles l’entendaient. Mais Donald avait été habitué à ne voir que la croupe de femmes sans visage, ou celle de Caroline en préparation de son mariage, et en voir d’autres, éveillait en lui des fantasmes interdits par la ruche, excitants. Oui, elles frisaient avec le proscrit en agissant ainsi, montrant ce qu’il aurait voulu posséder, les croupes du monde entier, ce dont son instinct de mâle se repaissait. Alors pourquoi la ruche promouvait-elle un tel spectacle ?

En les voyant revendiquer, son esprit devenait confus. Puis il se rappelait. Les femmes… les pauvres femmes… ces êtres si fragiles dont il avait la charge lui, Donald, qui devait pour ainsi dire, les prendre en charge. Que seraient-elles devenues sans lui ces pauvres femmes ? Que serait devenue sa Caroline en particulier ? Frigorifiée dans sa solitude, oppressée par une troupe de mâles blancs dirigistes, tandis que lui, oui lui, il n’était pas comme ça. Il était bien. Lui, il savait les chérir et s’en occuper de ces femmes. Lui, il n’était pas de ces monstres, créés de toute pièce par ces extrémistes patriarcaux. Il n’était pas de ces hommes-là, lui, différent, unique modèle de Donald qui s’était extrait de la fange de l’indifférenciation par son travail et qui méritait sa place et sa liberté de par son engagement auprès d’elle.

Dans sa tête, il allait jusqu’à reprocher à ces activistes de la ruche d’être dangereuses pour les femmes elles-mêmes, parce qu’elles risquaient de justifier les monstres patriarcaux à cause de leur extrémisme. Ah qu’elles le regretteraient lui, les hommes comme lui, les gentils Donald, quand elles auraient abusé de la situation et que des Georges, des Bill et d’autres Donald mal lunés se révolteraient contre ce système si équilibré. Elles seraient les premières à pleurer quand des militants extrêmes auraient renversé la ruche. Tant pis pour elles. Elles l’auraient bien mérité. Mon Dieu, elles ne savaient pas ce qu’elles faisaient. Beaucoup devait leur être pardonné pour cette raison. Il fallait faire preuve de cette même miséricorde que la ruche leur avait enseignée, ne jamais leur répondre, les laisser faire, pour ne pas répandre le mal par le mal. Leur mouvement s’éteindrait de « >

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