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Antiféminisme Aimeles

(Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral

Publié le 1 juillet 2019 par Léonidas Durandal à 13 h 17 min

Synopsis : les plus grands cerveaux aux USA décident de faire la grève car ils ne s’estiment plus assez reconnus/rémunérés par une société socialiste/communiste.

Si j’étais méchant, je dirais que « la grève » est une histoire d’amour entre une anorexique et un asperger. Seulement, si ce n’était que cela, il n’aurait pas fallu 54 ans pour qu’un éditeur français spécialiste d’auteurs antiques (sic) daigne le publier en 2011, forcé par une traduction pirate de 2009 sur le net (que vous pouvez télécharger facilement grâce à un VPN). Au contraire, les ébats de deux malades mentaux auraient trouvé grâce très rapidement chez nous, en cette époque de perte de repères. Il aurait été promu, encensé, édifié.

Alors, pourquoi ce roman qui est jugé comme la plus importante œuvre romanesque américaine, a-t-il été snobé chez nous ?

Eh bien, c’est évident, parce qu’il parle trop crûment de notre société, si crûment que la censure par omission a été le seul moyen pour nos élites littéraires de contenir un débat qui les auraient fait apparaître sous leur vrai jour, celui de pillards.

Vous l’aurez compris, « la grève » décrit avec minutie la mauvaise foi, l’hypocrisie, la dictature ou la lâcheté socialiste, au choix, si bien que vous reconnaîtrez avec précision le ballet actuel d’Emmanuel Macron et de nos médias.

Mais ces derniers ne jouent qu’un jeu éculé depuis plusieurs décennies en France et ce serait s’avancer fort en propos que de leur prêter une quelconque originalité. Non, ils sont les parasites de toujours qui achètent leur place à coup de grands sentiments et de mensonges, si ce n’est qu’ils ont trouvé le moyen de vivre bien plus longtemps sur la bête que dans « la grève », en la ménageant.

Pour le reste, la description de ces idéologues aux personnalités incohérentes est extrêmement bien menée par Ayn Rand. Et du coup, comme nous n’y avons pas eu accès en France, nous avons 60 ans de réflexion dans la vue. Nous en sommes encore au stade d’hésiter entre tribalisme et civilisation, entre socialisme et économie de marché je veux dire, et nous ne savons même pas pourquoi et comment une société s’enrichit.

Afin de commencer à rattraper notre retard, je me propose de compléter ma petite analyse des points positifs de ce roman, indéniables, mais surtout de me pencher sur ses nombreux points négatifs pour avancer sur le débat proposé par Ayn Rand. Enfin, je passerai à ce qui intéresse vraiment mon sujet antiféministe : la description quasi pure des fantasmes d’une femme envers la gente masculine. Car Ayn Rand, sans le vouloir, nous a livré une vision édifiante de la psyché féminine.

Les limites du roman

Si Ayn Rand avait pu se contenter de faire le lien entre pauvreté et attitude psychologique ou pensée philosophique, entre richesse et individualisme, si elle avait voulu seulement défendre les créateurs de richesse, elle aurait largement rempli son contrat, s’en serait tirée haut la main et nous aurait proposé un monument littéraire, nous ouvrant déjà de larges champs de pensée à l’état brut.

Mais voilà, elle a voulu faire de son livre un exemple d’art total expliquant tout, des débuts à la fin de l’humanité. Dans ce cadre, elle aurait pu écrire 1000 pages de plus, et elle n’y serait pas arrivée. Alors, pour se donner une contenance, il lui a fallu faire des raccourcis effrayants en basant ses raisonnements sur des erreurs grossières, notamment historiques ou même ce qui est plus grave en ce qui la concerne, philosophiques, ce qui a été utilisé contre elle pour dénigrer l’ensemble de son propos.

En matière historique, l’horreur absolue en ce qui la concerne, c’est le Moyen-Age. Elle juge qu’à cette époque, les pillards font la loi encouragés par les clercs, qu’elle appelle les mystiques de l’esprit. Les grandes réalisations du Moyen-Age sont le fruit pour elle, de l’asservissement, de la peur, jamais d’une croyance positive. La science y aurait été contenue. Les créateurs de richesses opprimés.

Ayn Rand n’a donc pas accès aux réflexions d’un Gaston Bachelard qui juge dans « la formation de l’esprit scientifique » qu’une nécessaire période pré scientifique précède l’avènement de toute forme de rationalité. Elle ignore les avancées scientifiques du moyen-âge, en matière d’architecture par exemple (cathédrales). Elle passe “>

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