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AIMELES Antiféminisme

(Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral

Publié le 1 juillet 2019 par Léonidas Durandal à 13 h 17 min

toi, Hank. Je suis bien plus un “animal” que tu le crois. J’ai eu envie de toi depuis le premier instant où je t’ai vu, et la seule chose dont j’ai honte, c’est que je ne le savais pas (prise de conscience de son désir quand l’homme l’a désirée)

Où la réussite sociale et l’indépendance de la femme s’efface devant la conquête d’un homme :

J’en suis plus fière que de tout ce que j’ai accompli d’autre, plus fière de cela que d’avoir construit la Ligne. Si on me demandait de nommer ma plus grande réussite, je dirais : “J’ai couché avec Hank Rearden. Je l’ai mérité.

Du gagnant à l’idéaliste (John Galt)

Alors que peut-il bien exister dans la psyché féminine au-dessus de l’adolescent impétueux/prometteur, et de l’homme marié puissant industriel ? Ca commence à devenir difficile à imaginer, même pour un antiféministe.

La réponse est pourtant évidente pour celui qui connaît les femmes. Il y a un être supérieur à tous les autres pour elles : l’idéaliste. Mais pas n’importe lequel. Celui qui, non seulement a été un jeune prometteur, qui a réalisé ses aspirations, mais avant les deux autres, les a toutes sacrifiées à sa foi.

Comme ceux qui m’auront lu, l’auront déjà compris, la notion d’hypergamie se comprend très différemment pour un homme et une femme.

Il est rassurant pour un homme de se dire que l’argent lui ouvrira la porte du coeur des femmes (quand cette idée ne finit pas par le dégoûter). Mais il y a déjà une première distinction que font les femmes et pas toujours les hommes. Au-delà de l’argent, la position sociale d’un homme est plus importante pour elle, son travail. Elle marque un individu capable d’efforts, et donc qui sera probablement généreux pour elle et sa famille. Que cet homme domine dans la société, est secondaire, puisqu’un pauvre rempli d’abnégation lui sera plus utile qu’un riche radin.

Or qui est plus capable d’efforts que l’homme prêt à tout au nom de sa foi ? Cet homme là a toutes les qualités possibles et imaginables pour une femme : il sait où il va, il a trouvé une cohérence en ce monde, il est prêt à se sacrifier pour ses idées, à faire des efforts incommensurables par rapport au commun des mortels. Qu’elle le soumette ou qu’elle y soit soumise, la femme en ressortira toujours grandie. Ses enfants aussi. Ne se dit-il pas dans la tradition juive que le meilleur mari possible pour une femme est un bon connaisseur de la Torah ? Et voilà la réponse de tout un roman qui pointe le bout de son nez : qui est John Galt ?

John Galt est LE fantasme définitif d’Ayn Rand. Et je peux d’autant mieux en parler que je suis John Galt. Son héros vit dans une maison qu’il s’est construite, dans un milieu protégé du reste du monde, il ne partage ses idées qu’avec ceux qui le méritent, il se bat pour un monde meilleur avec sa foi en bandoulière, il tente de rallier les personnes encore conscientes pour qu’elles soient fières d’elles et travaillent à l’édification d’un monde motivé par la justice (et l’amour en ce qui me concerne), il découvre chaque jour qui passe le moteur de l’humanité dont il construit les plans, il est chef par reconnaissance et non par spoliation, il déteste le socialisme et le communisme, il n’a pas peur d’être isolé etc etc.

Dommage que John Galt ne soit pas catholique et qu’Ayn Rand n’ait pas découvert la profondeur de notre foi en ne s’attachant qu’à des aspects superficiels de celle-ci. Mais ne prenons surtout pas les idées de John Galt mot pour mot, et voyons plutôt le rapport personnel qu’Ayn Rand construit autour de lui.

John Galt, issu de la plèbe, qui s’est construit seul (autant que cela est possible, avec un seul mentor), à force d’intelligence et de volonté. John Galt qui refuse de laisser ses découvertes aux pillards, qui part en grève de l’intelligence et de la compétence contre ce monde, qui surveille Dagny durant des années pour la ramener dans son camps, qui l’aime secrètement. L’homme à qui tout réussi. Voilà de qui Dagny Taggart désire être aimée. Un self made man animé par la foi de l’égoïsme.

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