Accueil » Art » (Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral
AIMELES Antiféminisme

(Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral

Publié le 1 juillet 2019 par Léonidas Durandal à 13 h 17 min

conceptions américaines de ses lecteurs concernant l’individu ou la nature et les faire coller à son idéologie de bourgeoise juive dont la famille s’est reniée.

Il n’est pas anecdotique de dire qu’Ayn Rand est une juive athée. Comme je l’ai déjà précisé dans d’autres articles, les pires avec lesquelles nous ayons à traiter en tant qu’antiféministes, sont ces bâtardes spirituelles qui possèdent la maîtrise de leur culture d’origine sans avoir adhéré entièrement à leur nouvelle culture. Elles composent autant qu’elles se fourvoient, et autant qu’elles croient assumer des choix. Tout comme chez nous ces catholiques devenus socialistes.

En vérité et contrairement à ce qu’elle imaginait, tout est sacrifice dans la vie, dans le monde, ce que le christianisme aurait pu lui apprendre. Quand Ayn Rand mangeait une pomme, elle sacrifiait la vie d’une pomme. Quand Ayn Rand marchait, elle détruisait des micro-organismes. Quand elle parlait, elle s’opposait à la parole d’un autre. Quand elle respirait, elle s’appropriait de l’oxygène commun.

Avec tout son culte de la raison, elle n’a pas senti cela, rien de cela. La vie est un immense sacrifice fait sur le dos des autres. Nos propres choix ne valident que des sacrifices. Seulement nous y adhérons un peu plus que ce à quoi nous avons à renoncer. D’où la foi, la nécessaire foi, qui oriente chaque être humain dans des décisions toujours obscures et que la raison est inapte à éclairer entièrement.

Ayn Rand affirme que c’est une torture d’avoir à renoncer pour nous Chrétiens à ce que la vie a de meilleur. Mais contrairement à elle, nous assumons pleinement nos choix, ce qui veut dire ne pas échapper non plus à la part de deuil qu’ils impliquent. Elle, s’est appliquée une morale de l’oubli et a jugé que c’était vivre. Sa triste fin a pu lui faire entrevoir son erreur. Mais passons. Ayn Rand a bien vu la société dans ce qu’elle avait de pire, elle ne s’est pas vue elle-même, et cela ne pouvait finir qu’ainsi.

Il n’est pas possible de compter sur le sens de l’honneur et la conscience des ingénieurs et plus généralement des scientifiques pour faire avancer la société. Là encore, l’histoire fourmille d’exemple de scientifiques très honnêtes, mais complètement dépassés par leurs recherches, offrant à un monde corrompu, le fruit de leurs découvertes, ou eux-mêmes se fourvoyant. Car il ne peut en être autrement.

Pour donner un seul exemple, le professeur Lejeune n’est pas le moindre de ceux-là. Il a découvert le gène de la trisomie, découverte qui a contribué à exterminer ces trisomiques qui lui étaient si chers. Aujourd’hui sa fondation cherche à guérir des personnes qui font pourtant la diversité de notre monde. Aussi bon fût-il, il n’a pas réussi à faire accepter ceux qu’il chérissait, je ne vois pas quel plus grand scientifique pourrait faire mieux s’il en avait le pouvoir.

Le monde d’Ayn Rand dominé par le culte de la valeur ajoutée est un pur fantasme qui ne recouvre qu’une réalité très partielle, celle de l’échange dans ce qu’il a de meilleur.

Effectivement, l’échange marchand pousse à la morale, mais seulement dans certaines conditions. Des économistes ont montré par exemple que cet échange devait être régulier pour être le plus moral possible. Sinon, il aboutissait à une prise de bénéfice par opportunité : vous avez intérêt à flouer la personne avec qui vous ne ferez jamais plus affaire, surtout si la marge que vous prenez sur le produit est très importante. Et ce n’est qu’un exemple de loi économique qui montre que nous ne sommes pas toujours poussés à des échanges dits moraux.

Au contraire, si nous ne sommes pas dans une société unie, si la possibilité de triche existe, quand le consommateur n’est pas entièrement informé des qualités du produit, qu’il ne peut pas les vérifier, que le vendeur n’est même pas au courant comme cela arrive, alors le vendeur a intérêt à tricher. Et ce ne sont pas les imprécations morales d’Ayn Rand qui y changeront quoi que ce soit. Le marché n’est moral que s’il est régulier avec des personnes que nous connaissons et que nous pouvons sanctionner financièrement si la qualité de produit n’est pas au rendez-vous.

Enfin, pour obtenir un échange moral, il faut aussi respecter tous les principes de micro économie, ce qui n’est pas gagné « >

Lire la suite