Accueil » Art » (Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral
AIMELES Antiféminisme

(Roman) « La grève de l’Atlas » d’Ayn Rand ou le personnalisme libéral

Publié le 1 juillet 2019 par Léonidas Durandal à 13 h 17 min

(information pure et parfaite etc.).

Alors oui, la personne qui méconnaît les obligations morales du marchand, doit être probablement quelqu’un de malhonnête comme le suggère Ayn Rand, mais non, le monde des marchands n’est pas toujours honnête et celui qui triche, qui pille, peut le faire suite à un calcul égoïste et rationnel.

Quant à voir dans la ville de New-York le temple de la société industrielle/rationnelle, quand je pense ce qu’elle est devenue aujourd’hui, une maison close de l’empire progressiste et socialiste aux USA, cela interroge grandement sur les conceptions d’Ayn Rand notamment sur ces petites villes et petits villages qui adhèrent toujours à l’économie de marché dans le sud et qu’Ayn Rand fait pourtant mine de mépriser dans son livre.

Ayn Rand s’est largement fourvoyée dans ses réflexions générales parce qu’elle a ignoré que la plupart des réflexions passaient d’abord par le coeur et qu’il fallait les passer au tamis d’une introspection personnelle.

Il n’y a pas que des décisions raisonnables. Les décisions raisonnables se prennent lorsque nous considérons nos natures, en nous connaissant intérieurement, d’où la nécessité de la confession pour progresser en termes de raison. Les choix qui feraient abstraction de toute émotion n’existent pas, et comme nous allons le voir dans la deuxième partie, celle qui croyait s’en extraire y est tombée de la manière la plus lamentable qui soit.

Ayn Rand et l’amour

Pour habiller ses raisonnements, l’auteur s’exerce à des contorsions inimaginables. Hommes et femmes se rencontreraient comme dans les affaires, sur la base d’une sorte de contrat d’intérêts, d’ailleurs mal défini.

En vérité, elle nous fait l’exact description d’une femme guidée par ses passions, et qui construit son désir à travers celui des hommes valeureux qu’elle rencontre.

L’hypergamie chez Ayn Rand, comme dans les fantasmes de nombreuses femmes, conjugue une forte réceptivité aux hommes velléitaires dans les relations personnelles et puissants dans les affaires, les deux étant confondus. Celui qui est puissant, est celui qui désire fortement, mais aussi celui qui sait maîtriser son désir pour faire réussir ses projets, pécuniaire, amicaux, amoureux .

En même temps, les hommes doivent savoir céder à l’attraction qu’une femme « spéciale » exerce sur eux d’une manière tout à fait déraisonnable, en même temps être des parangons de contrôle. Plus ils sont jugés aptes à se contrôler, plus ils sont désirés parce que la femme qui les fera céder décrochera la timbale de l’élue forcément particulière aux yeux de sa monture.

Tout transpire ici la peur des femmes face à leur propre indifférenciation, leurs excès sentimentaux. L’homme valeureux, ou désirant, vient les guérir de leurs phobies. Ainsi Ayn Rand se réalise en passant de montures en montures, toujours plus désirantes, toujours plus puissantes à ses yeux.

Celui qui désire mais n’est pas adoubé par les femmes (Eddie Willers)

Le pauvre Eddie Willers n’aura pas la chance d’appartenir à la bonne catégorie d’hommes. Amoureux de mademoiselle Taggart depuis sa jeunesse, il restera dans la friendzone jusqu’à la fin.

Il représente l’homme qui adule une femme sans avoir les moyens de ses ambitions, trop peureux, trop dépassé par la prestance de son égérie, un homme que chaque femme aime garder en réserve auprès d’elle et qui la rassure par la constance doucereuse de son désir, mais trop raisonnable.

La métaphore de son impuissance sera illustrée à la fin quand il se retrouvera seul, abandonné, sur une ligne de chemin de fer en face des initiales de son idole car il l’aura suivie jusqu’au bout au lieu de la précéder.

Fidèle jusqu’à la mort, tel un bon toutou, il aura été ignoré par Dagny. Cette dernière, tellement admirable, ne s’étend pas sur son sort. Dire qu’il n’a eu que ce qu’il méritait, ce serait ajouter de la morale là où une femme n’en fait pas. Eddie ne s’est pas donné les moyens de ses ambitions avec elle, il devait donc rester sur le bord de la voie.

Du chienchien au jeune homme prometteur (Francisco d’Anconia)

La femme aime se vivre comme un être à conquérir et Ayn Rand en fait si peut de mystère qu’elle évoque par deux fois le « >

Lire la suite